Du bon usage des mots

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Les mots que nous prononçons, ou que nous écrivons, sont un des vecteurs par lequel nous exprimons nos pensées et nos interrogations.


Chaque jour, nous communiquons avec les gens autour de nous par la parole et l’écriture. Mais faisons-nous un bon usage de la langue française en tant que disciples du Christ ?

Dieu inspira l’apôtre Paul à nous enseigner que nos paroles peuvent facilement blesser les autres. C’est pourquoi nous devons choisir notre vocabulaire avec prudence : « Que votre parole soit toujours accompagnée de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment il faut répondre à chacun » (Colossiens 4 :6).

Paul nous rappelle également que nous devons faire attention à ne pas employer un langage ordurier ou vulgaire : « Qu’on n’entende ni paroles grossières, ni propos insensés, ou équivoques, choses qui sont contraires à la bienséance » (Éphésiens 5 :4).

Dans l’Ancien Testament, le « troisième commandement » nous enseigne un autre principe essentiel lorsque nous parlons : « Tu ne prendras point le nom de l’Éternel, ton Dieu, en vain ; car l’Éternel ne laissera point impuni celui qui prendra son nom en vain » (Exode 20 :7).

Mais au-delà de ces grands principes énoncés dans la Bible, faisons-nous également attention à la façon dont nous utilisons certains mots apparemment anodins ?

Parfois, nous ne réalisons pas combien les paroles que nous prononçons sont importantes aux yeux de Dieu. Notez que ce Jésus déclara : « Au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu’ils auront proférée. Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné » (Matthieu 12 :36-37).

Mots absolus et relatifs

Dans la plupart des langues, certains mots expriment une idée absolue et d’autres une idée relative. Par exemple, dans la phrase banale « M. Martin est toujours heureux », le mot toujours ne tolère aucune exception, cela signifie 100% du temps, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Bien que cette déclaration ne soit pas préjudiciable pour M. Martin, elle n’est pas exacte ! M. Martin est-il toujours heureux ou est-il souvent heureux ? Même les personnes les plus joyeuses connaissent des moments de tristesse. Sans nous en rendre compte, cette phrase peut même être considérée comme un mensonge ! Par contre, dire que « M. Martin est souvent heureux » est une description exacte de la réalité. Le mot toujours exprime une idée absolue, tandis que le mot souvent exprime une idée relative.

Dans d’autres situations, la mauvaise utilisation des mots absolus et relatifs peut être blessante pour la personne incriminée. En disant par exemple que « M. Martin est toujours en retard », cela peut devenir offensant. Or, la Bible nous enseigne clairement d’éviter ce genre de propos : « Tel, qui parle légèrement, blesse comme un glaive ; mais la langue des sages apporte la guérison » (Proverbes 12 :18). Dans ce verset, l’expression « parle légèrement » est traduite du mot hébreu bata’ qui signifie « parler à la légère, proférer des paroles irréfléchies » (Concordance Strong française, éditions Clé).

La langue française contient de nombreux mots absolus, tels que toujours, jamais, tout, rien, aucun, impossible

L’exemple du prophète Élie

Au 9ème siècle av. J.-C., Dieu utilisa le prophète Élie pour ordonner au roi Achab et à la reine Jézabel de se repentir de leurs voies pécheresses. Mais ils ne se repentirent pas et Jézabel chercha même à faire tuer Élie qui dut s’enfuir dans le désert. Ce dernier sombra alors dans le découragement et la dépression, au point qu’il « souhaitait mourir et dit : "Maintenant, Seigneur, j’en ai assez ! Reprends ma vie" » (1 Rois 19 :4, Bible en français courant).

En fait, Élie pensait qu’il était le seul être humain sur la Terre entière à obéir à Dieu ! Voyez ce qu’il répondit à Dieu : « J’ai déployé mon zèle pour l’Éternel, le Dieu des armées ; car les enfants d’Israël ont abandonné ton alliance, ils ont renversé tes autels, et ils ont tué par l’épée tes prophètes ; je suis resté, moi seul, et ils cherchent à m’ôter la vie » (1 Rois 19 :14).

Avez-vous noté l’utilisation du mot absolu « seul » dans la réponse d’Élie ?

Était-il vraiment le « seul » sur Terre à rester fidèle à Dieu ? Au verset 18, l’Éternel montra à Élie qu’en réalité 7000 hommes n’avaient « point fléchi les genoux devant Baal » et étaient restés fidèles à Dieu.

En utilisant le mot « seul » à mauvais escient, Élie n’avait pas été prudent dans sa façon de parler. De façon implicite et sans s’en rendre compte, il avait condamné dans son esprit toutes (un autre mot absolu) les autres personnes vivant en Israël.

Ne faisons-nous pas souvent la même erreur de jugement lorsque nous pensons en notre for intérieur : « J’ai raison et les autres ont tort » ? Si vous seul avez raison, cela implique que tous les autres ont tort.

Comme vous le voyez, la mauvaise utilisation des mots absolus peut non seulement avoir une influence sur notre langage, mais aussi sur nos pensées et sur notre état d’esprit !

Que votre oui soit oui !

Jusqu’à présent, nous avons seulement vu des utilisations négatives des mots absolus. Mais peuvent-ils également être utilisés de manière positive ?

Dans la plupart des langues, les mots les plus absolus sont probablement « oui » et « non ». Ces mots ne laissent aucune place au doute. Jésus-Christ utilisa d’ailleurs ces deux mots pour nous donner un puissant avertissement : « Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu’on y ajoute vient du malin » (Matthieu 5 :37).

Dieu aime lorsque nous utilisons les mots absolus de façon appropriée. Dieu Lui-même se définit en utilisant une pléthore de mots absolus, car Sa puissance et Sa gloire sont absolues ! Un de Ses noms est le Dieu tout-puissant (cf. Genèse 17 :1), car Dieu possède effectivement toute puissance. Les articles de la série « Les Œuvres de Ses mains », écrits par M. Wallace Smith et publiés dans cette revue, illustrent régulièrement la puissance absolue de notre Créateur.

Dans le même temps, Dieu ne peut rien faire qui soit contraire à Sa nature. Par exemple, Dieu ne peut jamais mentir !

Il est également encourageant de savoir que Dieu donnera une opportunité de salut à chaque être humain, sans exception. Il souhaite que toute l’humanité puisse un jour être sauvée. Dieu ne ment jamais, Il est toujours fidèle, Il respecte toutes Ses promesses.

Si nous voulons vraiment obéir à Dieu, en toutes choses, alors nous devons nous efforcer de surveiller notre langage au quotidien. Nous ne devons pas nous laisser influencer par les médias qui diffusent sans cesse des jeux de mots graveleux, des sous-entendus et des doubles sens. Dans les pays francophones, nous avons même une difficulté supplémentaire, car la langue française est très facile à détourner.

Soyons donc saints dans toute notre conduite (cf. 1 Pierre 1 :15) et dans chacune de nos paroles.

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