La deuxième bombe de la dette

Dexter Wakefield
Commenter cet article

L’année dernière, un article du Tomorrow’s World prévenait que les milliards de dollars de dette accumulés par le gouvernement des États-Unis sont en train d’amorcer une « bombe à retardement de la dette » qui finira par exploser au détriment de la nation. Récemment, un article du Wall Street Journal mettait également en garde contre la « bombe de la dette » – tandis que la crise décrite dans le Tomorrow’s World de l’année dernière continue d’empirer !

En 2012, la dette des États-Unis devrait atteindre 11,58 milliards de dollars – alors qu’elle était « seulement » de 3,8 milliards en 1997. Environ la moitié de cette dette est détenue en dehors des États-Unis. Le déficit pour 2012 est estimé à 1,2 milliard de dollars, ce qui continuera de dégrader la situation.

Mais certaines personnes ne comprennent pas que ces énormes déficits recèlent une autre composante « explosive ». L’impact général de la dette sur l’économie américaine et la notation de crédit est également affecté par les taux d’intérêt. Nous appellerons cela « la 2ème bombe de la dette ».

Souvenez-vous que le coût des intérêts de la dette à 4% représente le double du taux d’emprunt à 2%. Les régulations de la Réserve fédérale ont maintenu des taux d’emprunt à court-terme proches de 0% au cours des dernières années, et le taux d’emprunt annuel sur les bons du trésor à 10 ans est inférieur à 2%, ce qui représente un taux d’emprunt global anormalement bas. Mais la situation est en train de changer rapidement. L’administration Obama espérait « relancer » l’économie américaine en augmentant les dépenses fédérales, mais dans le passé cette solution a montré que cela créait une inflation. Ainsi, puisque l’économie s’est améliorée, l’inflation a augmenté, obligeant les investisseurs à demander des taux d’intérêt plus élevés sur les obligations à long-terme.

Pendant le dernier semestre 2011, le taux d’inflation moyen annualisé aux États-Unis était d’environ 3,5%. Cela signifie qu’un investisseur qui achète des bons du trésor à 10 ans à 2% pourrait se retrouver avec un taux de rendement réel négatif de -1,5% – la différence entre le rendement des bons du trésor et le taux d’inflation.

Mais cette situation ne pouvait pas s’éterniser. Le 12 mars, les bons du trésor à 10 ans sont passés à 2,03%. Le 16 mars, ils sont montés à 2,31%, une très forte hausse. La tendance va-t-elle se confirmer ? Le Bureau du budget du Congrès (Congressional Budget Office – CBO) le pense. Le Wall Street Journal rapporte que pour la période 2013-2017, « le CBO s’attend à voir les bons du trésor à 10 ans monter à 3,8% » (“Uncle Sam’s Teaser Rate”, p. A14, 12 mars 2012). Cela représente presque le double du taux actuel, et cela doublera également le coût des intérêts de la nouvelle dette. Le CBO dresse un bilan peu flatteur de la situation.

Les faibles taux d’intérêts sont-ils « bloqués » pour une longue période ? Non ! Le Wall Street Journal rapporte également : « Aujourd’hui, 52% de la dette doit être remboursée dans les trois ans » (ibid.). Cela signifie que des milliards de dollars de dette devront être refinancés à des taux d’intérêt plus élevés, augmentant d’autant le déficit existant. L’article continue : « Les faibles taux d’intérêt masquent la bombe de la dette fédérale […] Pendant les années 1990, la moyenne [des taux d’intérêts fédéraux] était bien au-dessus de 6% […] Si l’Oncle Sam devait rembourser sa dette [actuelle] à 6%, le remboursement des intérêts d’emprunt [serait] de 642 milliards de dollars et dépasserait l’ensemble des dépenses fédérales de Medicare [ndt : le système d’assurance-santé géré par le gouvernement américain]. Des changements aussi radicaux dans la politique budgétaire pourraient créer une panique politique… » La campagne électorale pourrait aussi s’emparer du problème de la « nitroglycérine fiscale que M. Obama et Ben Bernanke, président de la Fed [la Réserve fédérale] ont créé […] Une des priorités du prochain mandat présidentiel pourrait être d’essayer de désamorcer la bombe de la dette d’Obama » (ibid.).

En supposant, bien entendu, que la bombe de la dette n’explose pas avant. Dans un article du Tomorrow’s World de juillet-août 2011, nous rapportions un avertissement donné par les économistes de la Banque des règlements internationaux (BRI) : « Les États-Unis s’approcheraient d’un “point de bascule” où le coût des intérêts de la dette serait supérieur à la croissance économique, plongeant le pays encore davantage dans la spirale de l’emprunt et du déficit. Ce mécanisme se produit lorsque la dette nationale dépasse le produit intérieur brut – exactement la situation actuelle des États-Unis. La BRI avertit également que pendant la descente, de l’autre côté du point de bascule, les taux d’intérêt pourraient bondir “brusquement et soudainement”, exacerbant le problème et accélérant la descente. Cela pourrait provoquer une dégradation de la dette souveraine des États-Unis. »

Un tel événement provoquerait assurément « la 3ème bombe de la dette ».

Les Écritures nous rappellent que « celui qui emprunte est l’esclave de celui qui prête » (Proverbe 22 :7). Les siècles de prospérité des États-Unis touchent à leur fin, selon les prophéties bibliques. Pour en apprendre davantage à ce sujet, lisez notre brochure Les États-Unis et la Grande-Bretagne selon la prophétie et l’article Endettement, désobéissance et chute des nations.