À qui appartient le pôle Nord ?

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« Le vrai Nord fort et libre ! » Cette phrase extraite de la version anglaise de l’hymne national canadien illustre le sentiment de cette vaste nation pour son attachement à ses territoires nordiques. Pourtant, cette déclaration patriotique est remise en question depuis quelques années, avec des nations voisines qui proclament aussi leur droit de propriété sur le pôle Nord.


 

Certaines revendications se retrouvent maintenant devant les Nations Unies qui doivent répondre à la question importante : à qui appartient le pôle Nord ? Plus important encore, à qui appartiennent les ressources de son sous-sol ?

La majorité des Canadiens habitent le long de la frontière sud et moins d’1% de la population vit le long du cercle polaire. La plupart des Canadiens ne visiteront jamais ces terres nordiques, distantes et majestueuses, mais elles font partie de l’identité nationale. L’archipel arctique canadien s’enfonce profondément dans l’océan sur plus de 1,4 million de km² et il comprend trois des plus grandes îles au monde. Il renferme aussi le passage du Nord-Ouest, une voie commerciale située dans les eaux internationales selon les États-Unis et l’Europe, mais dont les Canadiens revendiquent la souveraineté – une dispute de plus en plus décisive si la fonte des glaces se poursuit dans l’Arctique.

Dès 1925, le Canada déclara sa souveraineté sur les eaux entre les 60ème et 141ème méridiens occidentaux – une immense partie de l’océan Arctique allant jusqu’au pôle Nord. Peu après, d’autres nations – d’abord l’URSS, puis la Norvège, les États-Unis et le Danemark – firent des revendications similaires sur des parties de l’Arctique. L’assertion canadienne vise non seulement à s’assurer le contrôle du précieux passage du Nord-Ouest, mais c’est aussi une fierté nationale.

Les revendications actuelles sur le pôle Nord

De nos jours, la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer permet aux pays de revendiquer 200 miles nautiques (370 km) d’eaux territoriales le long de leurs côtes. Une nation peut soumettre une requête pour étendre ses frontières si elle est en mesure de prouver que le plateau continental s’étend au-delà de ses frontières actuelles. Des scientifiques canadiens, russes et danois essaient de prouver que la dorsale de Lomonossov – qui s’étend sur 1800 km, depuis l’île d’Ellesmere jusqu’aux eaux russes, en passant par le pôle Nord – est une extension de leur plateau continental.

En 2002, les Russes ont soumis une requête officielle appelant à reconnaître la souveraineté russe sur une frontière nord étendue, mais celle-ci fut rejetée en l’absence de preuves scientifiques. Une autre demande fut soumise en 2007, après qu’un sous-marin a planté un drapeau russe sur les fonds marins au pôle Nord. Boris Gryzlov, alors président de la Douma, déclara : « Notre pays reste un leader dans l'exploration de l’Arctique » (“La Russie plante son drapeau sous le pôle Nord”, Sputnik News, 3 août 2007).

Pour ne pas être en reste, le Canada déposa une soumission « incomplète » auprès des Nations Unies en décembre 2013, en indiquant les limites qui devraient être sous la juridiction canadienne, avant de décider en dernière minute « d’étendre sa revendication du plancher océanique de l’Arctique jusqu’au pôle Nord » (“La revendication du pôle Nord a même surpris les fonctionnaires”, La Presse, 9 novembre 2014).

La commission de l’ONU a tellement de retard dans les soumissions qu’il faudra attendre au moins dix ans, dans le meilleur des cas, pour avoir une réponse.

Du pétrole, du gaz et les ambitions de Poutine

Pourquoi la souveraineté sur cette région est-elle devenue autant disputée ? Comme c’est souvent le cas de nos jours, des ressources naturelles sont en jeu. Les immenses réserves de pétrole et de gaz naturel ont fait exploser la valeur de la région. Une étude de l’U.S. Geological Survey rapporte que « ces ressources représentent environ 22% des ressources techniquement exploitables et non découvertes dans le monde. L’Arctique contient environ 13% du pétrole non découvert et 30% du gaz naturel liquide non découvert dans le monde » (USGS Newsroom, 23 juillet 2008). L’USGS estime que 90 milliards de barils de pétrole pourraient être exploités, représentant 3150 milliards de dollars, pour un prix de vente modeste de 35$ le baril ! Il n’est pas étonnant que le Canada, la Russie et d’autres pays revendiquent leur part de ces richesses. Beaucoup considèrent ces ressources comme trop chères à extraire, au cours actuel du pétrole et du gaz naturel, mais en cas de hausse des prix, suite à l’instabilité au Moyen-Orient, en Russie ou en Ukraine, ces ressources pourraient être encore plus convoitées.

Avec de telles ressources disponibles et en l’absence de résolution de l’ONU pendant au moins dix ans, il est presque certain que ces pays chercheront d’autres moyens d’établir leur domination sur le Nord. Tandis que beaucoup de gens se focalisent sur les actions offensives de la Russie en Ukraine, en Géorgie et maintenant en Syrie, peu de gens ont remarqué la mise en place progressive des capacités militaires dans le Nord. La domination de l’Arctique est devenue une des priorités du président russe Vladimir Poutine. En mars de l’année dernière, il « a supervisé le plus grand exercice militaire jamais effectué dans l’Arctique : 35.000 soldats russes, 50 navires de surface et sous-marins, ainsi que 110 avions » (CNC News, 2 novembre 2015). Il a récemment mis en place un « Commandement stratégique unifié en Arctique, formé de deux brigades motorisées et de missiles anti-aériens Pantsir-S1. Moscou construit également quatre bases arctiques avancées, ainsi que des terrains d’aviation et de nouvelles stations radar » (ibid.). La déclaration de Gryzlov affirmant que la Russie « reste un leader dans l’exploration de l'Arctique » prend tout son sens.

À qui appartient réellement le pôle Nord ?

Les nations revendiquent des territoires de différentes manières : en plantant des drapeaux, en faisant des déclarations de souveraineté, en soumettant des requêtes à l’ONU ou en montrant leur force militaire, pour n’en citer que quelques-unes. Mais que pense Dieu de telles déclarations ? Il est sage pour les chrétiens de considérer les événements mondiaux selon le point de vue du Tout-Puissant. En parlant de Jésus-Christ, les Écritures nous disent qu’en « lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre […] Tout a été créé par lui et pour lui » (Colossiens 1 :16). Nous comprenons aussi que « le Dieu suprême domine sur le règne des hommes et qu’il le donne à qui il lui plaît » (Daniel 5 :21). Dieu n’est pas impressionné par des drapeaux ou des déploiements militaires.

Le Monde de Demain représente l’époque où Jésus-Christ reviendra pour hériter de toute Sa création (Zacharie 14 :9) – y compris le pôle Nord ! Il donnera la domination à Ses saints (Apocalypse 5 :10), qui dirigeront aussi des tribus (Matthieu 19 :28) et des nations (Ézéchiel 37 :24). Ézéchiel 47-48 explique même que le Christ établira des frontières nationales. Ce n’est que sous Son autorité et Sa direction que les disputes pour les territoires, les océans et les ressources prendront fin. Pour en revenir à la question de départ : « À qui appartient le pôle Nord ? » Il appartient à Jésus-Christ, et Il cherche des hommes et des femmes humbles avec qui Il peut travailler, qui se soumettent à Lui, en développant Son caractère saint et juste, afin qu’ils puissent aussi en hériter (Psaume 37 :11, 22 ; Matthieu 5 :5) dans le Monde de Demain !

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