Le choc des civilisations à venir

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Les nations occidentales ont dominé le monde depuis presque cinq siècles. Pendant cette ère, les nations européennes – puis les États-Unis – ont répandu l’influence de la civilisation occidentale dans la majeure partie du globe.


La Chine et le Japon ont été obligés de s’ouvrir aux marchés européen et américain. L’Afrique, l’Inde et une grande partie de l’Asie ont été subjuguées et dépecées par les puissances occidentales. L’Empire russe a succombé au communisme, avant de perdre la guerre froide.

Pourtant, au cours des dernières décennies, les pages de l’Histoire ont commencé à se tourner et nous sommes entrés dans une nouvelle ère. Les historiens notent qu’au 20ème siècle « “l’expansion de l’Occident” s’est arrêtée, et “la révolte contre l’Occident” a commencé », alors que d’autres civilisations ont réémergé sur la scène mondiale (Le choc des civilisations, Samuel Huntington, éditions Odile Jacob, pages 63-64, traduction Jean-Luc Fidel). Nous abordons désormais un nouveau tournant décisif – « un des rares moments de l’Histoire où les axes politiques et économiques du monde se déplacent » (The Dawn of Eurasia, Bruno Maçães, page 1).

Mais comment ce changement majeur va-t-il affecter le monde, alors que les civilisations orientales commencent à défier les puissances occidentales jadis dominantes ? Les analystes séculiers essaient de discerner l’avenir géopolitique, mais peu de gens comprennent que les événements clés à venir ont été révélés depuis longtemps dans les prophéties bibliques. Encore moins de gens reconnaissent la portée prophétique des événements actuels qui commencent à s’aligner sur les événements prédits avant le retour du Christ. Beaucoup de gens ont aussi oublié que Dieu dirige le cours de l’Histoire et qu’Il élève ou abaisse les nations selon Son dessein (Job 12 :23 ; Daniel 2 :21 ; 4 :17).

 

Les prophéties bibliques pour la fin de temps

En 539 av. J.-C., un Juif retenu captif à Babylone, le prophète Daniel, reçu une vision de l’avenir lointain. Dans Daniel 11 :40-45, il rapporta qu’au « temps de la fin » un roi du Sud (une puissance arabo-musulmane) attaquera un roi du Nord (une puissance européenne) qui envahira alors le Moyen-Orient et qui occupera Jérusalem (voir les articles précédents de cette série, “La dernière résurgence de l’Europe” et “Le dernier jihad”). Daniel rapporta aussi au verset 44 que « des nouvelles de l’orient et du septentrion [de l’est et du nord] viendront l’effrayer, et il partira avec une grande fureur pour détruire et exterminer des multitudes ». La Russie se situe au nord de Jérusalem ; l’Irak, l’Iran et la Chine sont à l’est. D’autres prophéties montrent que cette puissance européenne lancera une offensive de cinq mois contre le nord et l’est, provoquant une réplique militaire qui tuera un tiers de l’humanité (Apocalypse 9). Selon les prophéties bibliques, ce n’est pas une coïncidence si une Russie agressive et une Chine provocante émergent à nouveau, tandis que la puissance et l’influence de l’Occident déclinent.

 

Le retour de la Russie

Le dirigeant actuel de la Russie, Vladimir Poutine, est un ardent nationaliste et un ancien responsable du KGB, avec de fortes croyances orthodoxes. Désenchanté par l’effondrement de l’URSS et l’échec du marxisme, son but est d’unir un pays fracturé et, comme un Pierre le Grand des temps modernes, de restaurer la fierté nationale. Il rappelle aux Russes qu’ils réussirent à repousser les invasions occidentales de Napoléon et des nazis. Sous sa gouverne, l’Église orthodoxe a remplacé le parti communiste en tant que fondation de la société russe. « Tous ceux qui sont en quête d’identité et d’unité ethnique ont besoin d’ennemis » (Huntington, page 17). Pour beaucoup, dont Poutine, l’Amérique et d’autres nations occidentales sont les candidates parfaites pour ce rôle.

En tant que dirigeant d’une des nations centrales de la civilisation orthodoxe, Poutine s’inquiète de l’expansion de l’OTAN en Europe de l’Est, ainsi que des avancées économiques et culturelles de la Chine en Eurasie occidentale. Son plan d’action est de créer une zone d’influence russe, l’Union économique eurasienne, afin de contrecarrer l’attrait de l’Union européenne et l’influence de la nouvelle route de la soie – bien que la Chine et la Russie partagent un passé communiste commun et une aliénation historique des valeurs occidentales. Vu le passé de Poutine au KGB, il n’est pas surprenant que nous ayons assisté à l’avènement de l’autoritarisme et de la répression brutale des dissidents au cours de ses mandats. Les annexions récentes de la Crimée et de l’est de l’Ukraine (deux régions essentiellement russophiles et orthodoxes) donnent un aperçu des agissements à venir d’une Russie plus agressive.

 

La Chine se réveille

L’Eurasie – la plus vaste superficie terrestre, qui accueille aussi une grande partie de la population et des ressources mondiales – se trouve à l’est de Jérusalem. Cette région comprend quelques-unes des premières économies mondiales. La Chine y est le pays le plus remarquable et le plus dynamique. Son dirigeant actuel, le président Xi Jinping, cherche à en restaurer sa grandeur après plus d’un siècle d’humiliation aux mains des puissances occidentales. Comme en Russie, le gouvernement a besoin d’un « ennemi pour justifier ses appels au nationalisme chinois et légitimer son pouvoir » (Huntington, page 330). Sous l’impulsion du président Xi, le but de la Chine est d’assurer son rôle historique de dirigeant en Asie et de devenir un acteur majeur sur la scène mondiale. À cette fin, il développe une nouvelle route de la soie qui engloutit d’immenses ressources afin de bâtir des routes, des voies ferrées, des ports, des centrales électriques et des pipelines à travers l’Asie et le monde. Il cherche à renforcer le commerce et ouvrir des marchés pour la main-d’œuvre et les produits chinois, tout en permettant à son pays d’importer des ressources – pétrole, gaz, charbon et minerais – dont son économie en pleine expansion a désespérément besoin.

Le leadership agressif de Xi Jinping a soulevé des craintes parmi les pays voisins et d’autres puissances mondiales. Des prêts massifs ont été accordés à des nations moins développées, obligeant ainsi ces pays à soutenir les intérêts chinois. Certains craignent que les infrastructures et les voies de transport en cours de développement puissent servir au déplacement des troupes chinoises. Comme Poutine, Xi a montré sa volonté d’écraser les dissidences internes. Il a aussi promis de protéger les intérêts de sa nation et de ses citoyens vivant à l’étranger. La Chine a récemment inauguré une base militaire à Djibouti, au bord de la mer Rouge, afin de protéger ses intérêts. Certains considèrent le développement et les activités militaires du pays en mer de Chine méridionale comme une provocation, mais du point de vue chinois il s’agit d’actions défensives – afin de s’assurer de ne plus jamais être menacée par des puissances étrangères. La Chine et la Russie ont organisé des exercices militaires communs et ni l’une ni l’autre n’a l’intention de tomber sous la coupe de l’Occident. Leur but est de dépasser et de remplacer l’Occident, alors qu’elles cherchent à établir un nouvel ordre mondial plus favorable à leurs propres intérêts (Maçães, pages 121-122).

Alors que nous voyons venir la fin de l’ère de la domination occidentale et le déplacement du centre de gravité du monde vers l’Est, les observateurs avertis préviennent que « la montée de la Chine pourrait […] donner lieu à une grande guerre intercivilisationnelle entre États phares » (Huntington, page 306). Certaines nations essaieront de prévenir ou de limiter ce changement, mais d’autres pays désireront se joindre aux civilisations sur la pente ascendante. Xi Jinping lui-même cita Napoléon : « La Chine est un lion endormi. Le jour où il s’éveillera, le monde tremblera » (Dans les coulisses de la diplomatie française, Xavier Panon, éditions de l’Archipel). Pendant le choc des civilisations à venir – annoncé depuis longtemps dans les prophéties bibliques – le rugissement de ce lion et de ses alliés retentira assurément à travers le monde entier.

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