Un instant où tout bascule

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Certains jours historiques sont inoubliables, mais un événement futur éclipsera tous les moments forts de l’histoire humaine.

En un clin d’œil, un événement marquant peut changer à jamais votre vie. Dans un article de la revue Cognition, les psychologues Roger Brown et James Kulik ont inventé le terme « souvenir flash » pour décrire ces moments chargés d’émotion, positive ou négative, qui restent gravés dans notre conscience en raison de leur intensité.1 En prenant comme exemple phare l’assassinat du président américain John F. Kennedy, le 22 novembre 1963, ils ont montré que lorsque nous formons de tels souvenirs, nous ne nous souvenons pas uniquement avec intensité des moments qui les ont déclenchés. Nous nous souvenons aussi, avec une clarté exceptionnellement vive, de ce que nous faisions, voire de l’endroit où nous nous trouvions, à l’instant précis où ce souvenir s’est formé.

Certains moments marquants nous touchent en tant qu’individus, d’autres laissent une empreinte indélébile sur une communauté, une nation, voire le monde entier. La société moderne étant de plus en plus fragmentée, il n’est pas surprenant que ces souvenirs collectifs semblent se raréfier. Revenons un instant sur le « souvenir flash » peut-être le plus marquant et le plus largement partagé dans le monde occidental au cours des dernières décennies. Le 11 septembre 2026 marque le 25e anniversaire de cette journée choquante au cours de laquelle 19 membres du groupe terroriste islamiste Al-Qaïda détournèrent quatre avions de ligne, tuant 265 passagers à bord de ces appareils et plus de 2700 personnes dans les bâtiments percutés par les avions.

Un choc et un mystère

Les employés se pressaient vers leurs bureaux durant ce mardi matin qui s’annonçait comme les autres dans le sud de Manhattan, le centre d’affaires de New York. Des livreurs à vélo faisaient la navette avec leurs marchandises dans des rues encombrées de voitures. Les trottoirs étaient bondés de clients et de touristes.

Soudain, à 8h46, un bruit assourdissant de collision retentit dans le ciel. Un avion venait de s’écraser contre la tour nord du World Trade Center. Le bâtiment prit feu et les personnes se trouvant au-dessus du 91e étage de cet immeuble de 110 étages se retrouvèrent piégées à l’intérieur.

Que s’était-il passé ? Au début, ce fut un mystère. Les médias dépêchèrent des équipes de tournage et, très vite, toutes les grandes chaînes de télévision diffusèrent en direct les images choquantes de la tour en feu. De prime abord, les analystes qui tentaient de commenter l’événement étaient perplexes car un avion de ligne aurait dû voler des centaines de mètres au-dessus des tours jumelles et aucun avion de tourisme volant à basse altitude dans le couloir aérien voisin, au-dessus de l’Hudson, n’aurait certainement pu endommager la tour à ce point – ou était-ce quand même une possibilité ?

À 9h03, la réponse vint soudainement pendant la retransmission en direct de la tour nord en feu. Alors que les commentateurs télévisés spéculaient à l’antenne, un autre avion de ligne apparut à toute vitesse et s’écrasa contre la tour sud, provoquant une énorme boule de feu lorsque l’appareil transperça le bâtiment. Peu importe la nature de l’événement, il apparut clairement que ce n’était pas un accident.

Après le crash du deuxième avion

Une semaine après l’attaque, l’essayiste Martin Amis décrivit la puissance de l’instant où l’avion s’écrasa contre la tour sud. « C’est l’arrivée du deuxième avion, fonçant en rase-mottes au-dessus de la statue de la Liberté, qui a marqué le tournant décisif. Jusque-là, l’Amérique pensait seulement être témoin de la pire catastrophe aérienne de l’histoire ; elle prenait désormais conscience de la violence incroyable qui s’abattait sur elle. »2

Un crash aurait pu être un accident tragique, mais deux impacts consécutifs devaient assurément être prémédités. Comme l’a décrit Martin Amis, ce moment changea profondément la manière dont les Américains percevaient le monde et leur place dans celui-ci. Il faudra toutefois un certain temps avant que tous les détails ne soient connus.

Ce matin-là, les terroristes d’Al-Qaïda avaient détourné deux avions de ligne assurant la liaison entre Boston et Los Angeles : le vol 11 d’American Airlines qui s’écrasa contre la tour nord du World Trade Center et le vol 175 d’United Airlines qui s’écrasa contre la tour sud. Deux autres avions furent impliqués dans l’attaque : le vol 77 d’American Airlines, à destination de Los Angeles, qui fut détourné et s’écrasa sur le Pentagone à Washington, ainsi que le vol 93 d’United Airlines, également détourné vers Washington, avant que ses passagers ne tentent de reprendre le contrôle aux pirates de l’air qui précipitèrent l’appareil dans un champ désert près de Shanksville, en Pennsylvanie.

En un peu plus de deux heures (de 7h59 avec le décollage du vol 11 jusqu’à 10h03 avec le crash du vol 93), un petit groupe de terroristes porta profondément atteinte à la fierté et à la puissance des États-Unis.

Une catastrophe retransmise en direct

Selon les estimations, plus de 20 millions d’Américains regardaient la télévision en direct le matin du 11 septembre 2001 lorsqu’ils virent le vol 175 s’écraser contre la tour sud du World Trade Center. Selon les données des instituts de sondage Pew Research et Nielsen, plus des trois quarts des foyers américains avaient vu le soir même des vidéos de l’impact des avions, mais aussi de l’effondrement des tours jumelles.

Parmi ceux qui virent l’avion percuter la tour, certains comparèrent leur choc à ce qu’ils avaient ressenti au moment de l’assassinat de Kennedy. Cependant, il y avait une différence majeure. L’assassinat de Kennedy, le 22 novembre 1963, n’eut que peu de témoins directs : la foule massée au bord de la route au passage de son cortège. La plupart apprirent la nouvelle à la radio annonçant que des coups de feu avaient été tirés contre le président Kennedy, puis à l’annonce de son décès une heure plus tard. Mais grâce à l’instantanéité et à la portée de la télévision en direct, le 11 septembre 2001, des millions de personnes à travers les États-Unis et dans le monde entier ont ressenti ensemble, en un instant brutal, que leur monde ne serait plus jamais le même.

Aujourd’hui, lorsque beaucoup se remémorent l’assassinat de Kennedy, ils se souviennent du célèbre film d’Abraham Zapruder montrant les conséquences horribles d’une balle ayant atteint la tête du président. Mais il fallut attendre de nombreuses années après l’assassinat pour que le public puisse voir le film de Zapruder. Pour beaucoup de ceux qui pleurèrent la mort de Kennedy le 22 novembre, leur souvenir personnel le plus marquant s’était forgé deux jours plus tard, lorsque Jack Ruby abattit le présumé assassin Lee Harvey Oswald lors d’une retransmission télévisée en direct suivie dans tout le pays. Il est alors devenu évident que les réponses à de nombreuses questions importantes disparaissaient avec Oswald.

Certes, les Américains ont éprouvé un sentiment partagé de catastrophe après l’assassinat, mais d’autres présidents avaient déjà été tués auparavant. Lorsque Ruby assassina Oswald en direct à la télévision, des millions de personnes furent immédiatement bouleversées par un événement sans précédent. Nous pouvons en effet établir un parallèle avec les événements du 11 septembre. Ce fut une catastrophe lorsque le premier avion percuta le World Trade Center, mais l’univers des téléspectateurs a vraiment basculé lorsque le deuxième avion percuta l’autre tour.

Une nation divisée et mise à l’épreuve

Lorsque le président George W. Bush promulgua la loi antiterroriste USA PATRIOT, le 26 octobre 2001, accordant au gouvernement fédéral des pouvoirs accrus pour mener une surveillance secrète des citoyens américains, l’armée avait déjà commencé à déployer des troupes pour combattre les cellules terroristes basées en Afghanistan.

Plus de 7000 soldats allaient trouver la mort en Afghanistan et en Irak – et près de 50 000 autres allaient rentrer chez eux gravement blessés. Contrairement à la guerre du Vietnam, les milliers de soldats morts après le 11 septembre étaient des volontaires et leur mort n’a pas déclenché de manifestations aussi importantes que celles provoquées par la mort des conscrits du Vietnam. Pour l’Américain moyen, l’impact le plus marquant des attentats terroristes s’est fait sentir sous la forme de mesures de sécurité renforcées, notamment en matière de déplacements – une série de petits désagréments et non de nouveaux moments marquants.

Quels autres changements ont eu lieu entre 1963 et 2001 ? Lorsque Brown et Kulik publièrent en 1977 leurs conclusions sur les « souvenirs flash », l’assassinat de Kennedy était encore frais dans la mémoire de la plupart des Américains et la majorité des gens s’informaient par le biais des journaux quotidiens ou des trois chaînes de la télévision nationale. Aujourd’hui, moins d’un quart des Américains se souviennent de l’assassinat de Kennedy et près de la moitié sont trop jeunes pour se souvenir des attentats du 11 septembre. Notre paysage médiatique s’est à la fois élargi et fragmenté. L’actualité est disponible 24h/24 grâce à la multitude de chaînes de télévision, ainsi que la myriade de sites Internet, de podcasts, d’émissions de radio et de journaux.

Compte tenu de la fragmentation médiatique actuelle, un « souvenir flash » partagé par une petite fraction de la société peut passer inaperçu auprès du grand public. À l’avenir, partagerons-nous encore un tel « souvenir flash », qu’il soit négatif ou positif ? La réponse est affirmative !

En un clin d’œil

Vous avez peut-être déjà entendu parler de l’idée répandue d’un « enlèvement secret » des chrétiens. Comme certains « souvenirs flash » intenses peuvent ne pas être tout à fait exacts, car l’esprit humain agrémente souvent ces souvenirs de détails qui vont au-delà de l’expérience réelle, cette idée largement répandue concernant la fin des temps est erronée.

Si les chrétiens disparaissaient en un clin d’œil, cela attirerait assurément l’attention du monde entier : des pilotes abandonnant leurs avions qui s’écraseraient, des chirurgiens laissant leurs patients mourir sur la table d’opération, des parents laissant leurs enfants orphelins. Mais l’idée populaire d’un « enlèvement » ne correspond pas à ce que l’apôtre Paul déclara aux disciples du Christ à Corinthe : « Voici, je vous dis un mystère : nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés, en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette. La trompette sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons changés. Car il faut que ce corps corruptible revête l’incorruptibilité, et que ce corps mortel revête l’immortalité » (1 Corinthiens 15 :51-53).

Cet événement décrit par Paul constituera un moment décisif pour les disciples de Jésus-Christ, mais ce ne sera pas un moment de chaos. La dernière trompette prophétisée marquera un moment de triomphe joyeux après trois ans et demi d’accomplissement des prophéties de la fin des temps (la dernière année correspondant au “Jour du Seigneur” mentionnée dans Daniel 11 et Apocalypse 12). Au cours de cette période, les véritables disciples du Christ qui auront fui au lieu de refuge seront protégés, sur la Terre, des persécutions et des terreurs qui les entourent, avant de rencontrer leur Sauveur lors de Son retour. À l’instant où le Christ reviendra, « tout œil le verra » (Apocalypse 1 :7).

Quelle merveilleuse nouvelle nous attend ! L’époque approche où, en un instant glorieux, les disciples du Christ qui Lui sont restés fidèles au cours des siècles ressusciteront d’entre les morts. Ils réaliseront alors leur rêve de rencontrer le Christ à Son retour, juste avant d’être rejoints par Ses fidèles disciples encore en vie à ce moment-là. Ils seront transformés en un instant ; ils naîtront dans le Royaume de Dieu et seront prêts à servir le Christ qui établira ce Royaume sur notre planète. Ce sera un instant sans précédent. Nous lisons à ce sujet : « Lorsque ce corps corruptible aura revêtu l’incorruptibilité, et que ce corps mortel aura revêtu l’immortalité, alors s’accomplira la parole qui est écrite : La mort a été engloutie dans la victoire » (1 Corinthiens 15 :54). Que Dieu hâte ce jour mémorable !

1 Cognition, volume 5, n°1, 1977, pp. 73-99
2 The Guardian, 18 septembre 2001