Combler le fossé

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Le 1er juillet 1867, la Confédération canadienne réunissait quatre provinces à l’est du territoire pour former un nouveau pays unifié. Pour s’assurer de la participation des provinces de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick, il leur fut promis qu’un chemin de fer les relierait aux deux provinces centrales – le Québec et l’Ontario.


La province de Manitoba, à l’ouest de l’Ontario, rejoignit la Confédération en 1870. Puis la Colombie-Britannique sur la côte ouest se laissa persuader à rejoindre la Confédération en 1871, mais seulement avec la promesse qu’un chemin de fer transcontinental serait construit dans les dix années suivantes afin de relier l’Est et l’Ouest. Un effort de construction national était en cours d’un océan à l’autre.

Quatre ans après la création de la Confédération, le Canada, avec une population inférieure à 4 millions d’habitants, était déterminé à construire le plus long chemin de fer au monde au milieu d’un territoire « vide » – inconnu et relativement peu peuplé. Comme pour la plupart des projets audacieux, des voix discordantes s’élevèrent. Beaucoup considéraient que le projet était très imprudent. Quelques-uns parlèrent même d’une « imprudence folle ».

Dans les années 1870, des Canadiens de tous bords – politiques, journalistes, entrepreneurs, banquiers, géomètres et ouvriers – s’affrontaient à propos du chemin de fer. Ce rêve national allait-il se transformer en cauchemar ?

Un rêve national

Le début de la construction du chemin de fer fut marqué par des controverses qui s’amplifièrent au point de renverser, en 1873, le gouvernement conservateur du Premier ministre John A. Macdonald, qui promulgua des élections anticipées. Lorsque Macdonald revint au pouvoir en 1878, le projet était très en retard et il risquait de ne jamais voir le jour. Mais tout n’était pas perdu et un groupe d’hommes d’affaires  déterminés forma un syndicat pour achever ce rêve national.

« Le 21 octobre 1880, un groupe d’hommes d’affaires canadiens d’origine écossaise parvint à former un consortium capable de mener à bien le projet du chemin de fer transcontinental. La Canadian Pacific Railway Company est constituée le 16 février 1881, et George Stephen en est le premier président.

En 1881, l’ingénieur en chef et le surintendant général sont congédiés à la fin d'une année au cours de laquelle seulement 211 km de voies ont été posées. Le directeur et membre du syndicat James Jerome Hill suggéra que William Cornelius Van Horne soit en charge de l’achèvement des travaux.

Le Canadien Pacifique a été fondé en 1881 pour relier aux grands foyers de population du Canada les étendues de l’Ouest, relativement inhabitées et offrant des richesses encore inexploitées. Le dernier crampon a été enfoncé à Craigellachie, en Colombie Britannique le 7 novembre 1885, six ans avant l’échéance prévue » (“Notre histoire”, Canadien Pacifique, www.cpr.ca, 2015).

Finalement, les portions est et ouest du Canadien Pacifique furent reliées le 7 novembre 1885, lorsque le « dernier crampon » fut enfoncé par Donald A. Smith.

La décision d’aller de l’avant malgré une opposition constante et féroce finira par être une excellente chose pour le pays, une décision destinée à changer la vie des hommes, des femmes et des enfants au Canada, en modifiant la configuration de la nation. Cela permit de combler un fossé physique, de rapprocher les gens dans ce vaste pays et de vaincre les grandes barrières naturelles des étendues sauvages du Canada.

Mais d’autres barrières subsistent encore de nos jours.

Un rêve pour l’avenir

Dans ce monde, beaucoup de choses divisent les nations ou les peuples, et celles-ci sont bien plus grandes que des barrières géographiques des océans, des montagnes ou de grandes étendues de terre. Les religions, les différences culturelles, les manœuvres politiques et les agendas nationaux détournent souvent les humains et les nations de leur espoir d’unité.

Malgré tous ses aspects positifs, la construction d’un chemin de fer ne permet pas d’apporter la paix et l’unité entre les nations, ou à l’intérieur même d’une nation. Dans son désir d’unité et d’éviter les guerres, l’humanité a mis en place des organisations comme les Nations Unies, qui remplacèrent la Société des Nations, ayant pour but de maintenir l’unité et la paix entre les peuples. De nos jours, nous entendons aussi parler du souhait d’un « gouvernement mondial ».

Mais l’humanité – qui a déjà des difficultés à construire un chemin de fer à travers un continent – peut-elle espérer construire un gouvernement mondial qui unifierait toutes les nations ? L’Histoire a régulièrement montré l’inaptitude des hommes à y parvenir.

La parole de Dieu pourtant déclare que cela arrivera un jour, pas avec les idées et les méthodes d’êtres humains imparfaits, mais sous l’autorité directe de Jésus-Christ – à travers un « gouvernement mondial » que la Bible appelle le Royaume de Dieu. À Son retour, Jésus-Christ procurera l’unité et comblera le fossé entre les peuples et les nations.

De quelle manière ?

Ésaïe 11 :9 nous dit : « Il ne se fera ni tort ni dommage sur toute ma montagne sainte ; car la terre sera remplie de la connaissance de l’Éternel, comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent. » Lorsqu’elles sont correctement suivies et mises en pratique, les lois divines sont le moyen par lequel cette unité sera atteinte. C’est ainsi que les rêves et les espoirs de l’humanité seront accomplis : « Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule ; on l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. Donner à l’empire de l’accroissement, et une paix sans fin au trône de David et à son royaume, l’affermir et le soutenir par le droit et par la justice, dès maintenant et à toujours : voilà ce que fera le zèle de l’Éternel des armées » (Ésaïe 9 :5-6).

Dieu est déterminé à apporter la paix mondiale et l’unité entre les nations à Sa manière – qui est la meilleure, comme le monde le constatera. Ésaïe 19 :23-25 donne un aperçu de cette cohabitation et de cette unité, lorsque le fossé sera comblé pendant le règne du Roi des rois : « En ce même temps, il y aura une route d’Égypte en Assyrie : les Assyriens iront en Égypte, et les Égyptiens en Assyrie : et les Égyptiens avec les Assyriens serviront l’Éternel. En ce même temps, Israël sera, lui troisième, uni à l’Égypte et à l’Assyrie, et ces pays seront l’objet d’une bénédiction. L’Éternel des armées les bénira, en disant : Bénis soient l’Égypte, mon peuple, et l’Assyrie, œuvre de mes mains, et Israël, mon héritage ! »

À cette époque, les peuples de la Terre connaîtront bien plus qu’un « rêve national » exécuté par des moyens physiques. Lorsque Jésus-Christ reviendra établir Son gouvernement mondial, ils connaîtront finalement, de façon concrète, la paix et l’harmonie véritables – ainsi que la fin des luttes et de la compétition entre les nations.

C’est pourquoi le Christ nous enseigne à prier quotidiennement : « Que ton règne vienne. »

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