fbpx Être fort ou en sécurité? | Le Monde de Demain

Être fort ou en sécurité?

Commenter cet article

De nos jours, beaucoup cherchent la « sécurité » perçue et le confort de leurs enfants au détriment du fait de devenir forts. Est-il possible de concilier les deux ?

Je lisais récemment un livre intitulé 12 règles pour une vie : un antidote au chaos (éditions Michel Lafon), écrit par Jordan Peterson, psychologue clinicien à l’université de Toronto. Il y écrit au sujet des parents : « Souhaitent-ils que leurs enfants soient forts, ou qu’ils n’aient rien à craindre ? » Il sous-entend que le fait d’éduquer des enfants qui se sentent forts ou en sécurité sont deux notions incompatibles. C’est effectivement un équilibre difficile à atteindre. De nos jours, beaucoup cherchent la « sécurité » perçue et le confort de leurs enfants au détriment du fait de devenir forts.

Devenir fort grâce aux échecs

Dans les années 1990, mes frères et moi avions l’autorisation de nos parents d’aller explorer la forêt toute proche ou de nous rendre en vélo, quelques rues plus loin, chez nos camarades de classe de l’école élémentaire. Comble de l’horreur, nous n’avions pas de téléphone portable ! Nous revenions souvent de nos aventures avec des éraflures et des hématomes, mais mes parents ont toujours considéré que ces occupations étaient préférables et moins chères qu’une console de jeu Nintendo.

Ils nous inscrivirent aussi à des activités sportives, qui nous ont appris que ce monde est injuste et qu’il ne se préoccupe pas de nos sensibilités. Vous ne gagnez pas à chaque fois. D’autres équipes et d’autres individus sont meilleurs que vous. Cette leçon s’appliquait aussi à l’école et aux cours de musique : nos parents attendaient de notre part que nous travaillions dur pour fournir le meilleur de nous-mêmes, mais cela ne signifiait pas que mes frères et moi excellions dans tous les domaines.

De nos jours, la tendance est que tout le monde ait une récompense. Toutes les sensibilités des enfants « doivent » être prises avec des pincettes. Ce faisant, une leçon importante n’est pas enseignée : le plus souvent dans la vie, même nos plus grands efforts sont insuffisants. Au lieu d’essayer de protéger leurs enfants de tout, les parents devraient les préparer à la réalité de la vie et les aider à croître physiquement, émotionnellement, mentalement et spirituellement. Nos enfants apprendront davantage en perdant un match, en ayant une mauvaise note ou en s’égratignant dans les bois qu’en ne faisant pas l’expérience des conséquences naturelles et des obstacles à franchir.

En grandissant, ils auront besoin de cette sorte de force et de combativité, car leur candidature sera rejetée par certaines écoles, ils échoueront à des entretiens d’embauche et, lorsqu’ils voudront se marier, l’attrait qu’ils pourraient ressentir envers un conjoint potentiel ne sera pas toujours réciproque. La vie est remplie d’échecs, mais nous devons apprendre à les surmonter et à réessayer. Si nous empêchons nos enfants d’échouer dans les petits défis qu’ils rencontrent, ils ne seront pas assez forts pour affronter les grands défis de la vie adulte.

La sécurité face aux traumatismes inutiles

Cela ne signifie pas que nous devrions obliger nos enfants à affronter toutes les circonstances difficiles. Les parents doivent faire la différence entre les défis qui peuvent être bénéfiques au bien-être de leurs enfants et les véritables menaces qui peuvent leur causer du tort.

De nos jours, beaucoup se focalisent malheureusement sur le fait de ne pas heurter la sensibilité des enfants et de stimuler leur estime de soi, tout en ignorant certaines des plus grandes causes de traumatisme et de peine pendant l’enfance – notamment la hausse alarmante du taux de divorce et d’autres actions qui génèrent des conséquences que Dieu n’a jamais prévues pour les enfants. Ces situations néfastes et l’attaque généralisée contre la structure familiale biblique sont très peu reconnues parmi les sources de souffrance infantile, particulièrement dans les pays occidentaux. Pour certains, qu’un enfant perde un match de football semble être un plus grand problème que de perdre un parent !

Pour ceux qui respectent la Bible en tant que parole inspirée de Dieu, les effets traumatisants du divorce ne sont pas surprenants. Le Tout-Puissant déclara sans ambages qu’Il hait le divorce ; Il le compare même à un acte de violence (Malachie 2 :16). La Bible permet le divorce dans certains cas d’immoralité sexuelle, d’abandon, de violence conjugale ou de fraude. Tragiquement, ces péchés se sont répandus comme une épidémie dans la société, aussi bien chez ceux qui se considèrent être « chrétiens » que chez les autres. Mais notre société est allée bien au-delà de ces quelques critères. Elle permet, et elle encourage même, le divorce pour n’importe quelle raison ! Des célébrités, des politiciens, voire des figures religieuses ont divorcé pour des raisons triviales et beaucoup d’autres ont suivi leur exemple. Avec plusieurs décennies de recul concernant les effets du divorce sur les individus et la société, nous voyons plus clairement la justesse de la parole de Dieu et la raison pour laquelle Il hait cette pratique.

Des dizaines de millions d’enfants dans le monde vivent avec un seul de leurs parents. Ces situations sont parfois causées par des impondérables, mais la plupart du temps ces enfants sont victimes de la culture du divorce. Les études montrent clairement que la probabilité de nombreux impacts négatifs augmente dans un foyer monoparental – dont la pauvreté, l’obésité, la maltraitance, les grossesses précoces et les comportements criminels.

Les enfants ne devraient pas avoir à surmonter le traumatisme du divorce. C’est également vrai pour la maltraitance, l’abandon et d’autres situations tragiques que tant d’enfants subissent.

Être fort et en sécurité

Dieu attend des parents qu’ils apportent la sécurité à leurs enfants, ainsi que des occasions de devenir forts. Un aspect crucial de cette sécurité est de les protéger au maximum contre les expériences traumatisantes. Les parents devraient faire tout ce qu’ils peuvent pour éviter de divorcer et ne pas placer leurs enfants dans des situations où ils pourraient être maltraités ou abandonnés ! Cette sécurité fournie par de bonnes relations et un environnement sain donnera aux enfants la meilleure opportunité de croître et de s’épanouir à l’âge adulte.

Tragiquement, il est parfois impossible pour certains enfants de grandir en ayant leurs deux parents à la maison. Nous devrions remercier Dieu d’avoir un Sauveur vers qui tous les enfants peuvent se tourner pour obtenir de l’aide en cas de maltraitance, d’abandon et de tragédie au cours de leur jeunesse. Ceux qui s’appuient sur Dieu peuvent avoir accès à Son puissant Esprit pour les aider à surmonter les obstacles rencontrés (2 Corinthiens 10 :4). Néanmoins, les parents devraient commencer par faire leur possible afin d’éviter que leurs enfants se retrouvent dans ces situations !

Les parents sont également responsables de mettre leurs enfants au défi pour qu’ils deviennent plus forts physiquement, émotionnellement, mentalement et spirituellement. Aussi étrange que cela puisse paraître à notre époque, la meilleure façon d’aider les enfants à croître est de les laisser échouer – du moins, à ne pas gagner – dans des domaines sans gravité. Le sport fournit d’excellentes occasions pour nos enfants d’apprendre que parfois vous gagnez et parfois vous perdez. La combativité qui se développe lorsque vous perdez, que vous vous relevez et que vous réessayez, peut être appliquée à d’autres aspects de la vie. Elle aidera les enfants à devenir forts dans leur corps et leur esprit.

De la même manière, il sera plus aisé d’enseigner une leçon à partir d’une mauvaise note que d’un succès remporté sans aucune difficulté ! La force morale qui se développe dans les échecs scolaires est importante. Si une mauvaise note permet de remotiver un enfant et le pousser à bien apprendre ses cours, il aura augmenté sa force morale ! Cette leçon s’applique aussi à l’apprentissage d’un instrument de musique, du vélo ou tout autre défi (Proverbes 24 :16).

Les parents devraient aider leurs enfants à développer cette sorte de force ou de combativité.

Nos enfants devraient-ils être forts ou en sécurité ? La bonne réponse est : « Les deux » ! En tant que parents responsables d’élever la « postérité de Dieu » (Malachie 2 :15, Ostervald), nous devrions préserver nos enfants des circonstances traumatisantes dans la mesure du possible, mais nous devrions aussi nous assurer qu’ils affrontent de nombreux défis, sous notre surveillance, leur permettant de devenir des adultes forts et capables (Proverbes 22 :6). Comme les entraîneurs le savent, la croissance vient seulement de l’effort, le meilleur effort vient du travail d’équipe et l’équipe la plus efficace est celle qui travaille ensemble. C’est exactement ce que notre famille nous permet de mettre en pratique !

AUTRES ARTICLES DANS CETTE REVUE

Voir +