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Une autre épidémie: la pédophilie

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Notre monde est affecté par une épidémie de pédophilie et d’agressions sexuelles. Existe-t-il une solution pour mettre fin à ce fléau ?

Début 2020, une épidémie semble avoir commencé à toucher la France. Une épidémie présente depuis des décennies, dont nous entendions parler de temps à autre, mais qui retombait vite dans l’oubli après chacune de ses manifestations. Cette fois-ci, l’épidémie semble apparaître au grand jour et elle n’est toujours pas retombée dans l’oubli en 2021.

Un des déclencheurs de cette épidémie fut la publication en décembre 2019 du livre Le Consentement par Vanessa Springora, désormais directrice des éditions Julliard. Elle y racontait sa relation avec l’écrivain Gabriel Matzneff en 1986-1987. Problème : il avait 50 ans et elle en avait 14. Avec le recul, elle se rendit compte qu’elle n’avait pas la maturité de prendre une telle décision à son âge et qu’elle avait été subjuguée par cet homme. Pis encore, les adultes au sein de sa propre famille et de son entourage ont fermé les yeux sur cette relation.

Pédophilie, le mot est lâché. Loin de nier son attirance pour les mineurs, l’écrivain Gabriel Matzneff a publié de nombreux ouvrages faisant l’apologie de la pédophilie. Dès les années 1960, il « n’a jamais caché son goût pour les très jeunes filles et garçons. D’ailleurs, cette attirance constitue le thème central de ses livres, dont l’un est intitulé Les moins de seize ans. Il y défend son attrait pour les jeunes personnes âgées de 10 à 16 ans. »1 Il aura fallu attendre janvier 2020 pour que ses livres cessent finalement d’être publiés. L’écrivain est désormais visé par une enquête pour viols sur mineurs et il sera jugé en septembre 2021 pour apologie de crime devant une chambre du tribunal correctionnel de Paris.2

Dans le sillage du mouvement #MeToo (#MoiAussi) ou #BalanceTonPorc, la boîte de Pandore était ouverte pour l’épidémie de pédophilie et d’agressions sexuelles évoquée au début de cet article. Depuis plus d’un an, chaque semaine apporte son lot de révélations et de dénonciations. Le mouvement a pris une telle ampleur qu’un simple tweet suffit désormais à faire tomber une personnalité publique – journaliste, responsable politique, directeur d’école, cinéaste, acteur…

Un aspect frappant de l’affaire Matzneff est que, pendant toutes ces années, il était régulièrement invité dans les médias et sur les plateaux télévisés, en dépit de ses nombreux écrits sans équivoque. Il était même célébré. Il reçut des prix littéraires. Il était « l’ami des grands ». Rares sont les personnes qui eurent le courage de s’opposer à lui. Parmi elles, la journaliste et écrivaine canadienne Denise Bombardier. Invitée dans l’émission littéraire Apostrophe en 1990, elle fut choquée par les propos pédophiles de Matzneff et elle intervint avec véhémence pour les condamner.

« À l’époque, Denise Bombardier, qui ne pensait qu’au sort des enfants, a été violemment critiquée pour s’être opposée publiquement à Gabriel Matzneff […] Denise Bombardier explique que la pédophilie était acceptée, sous prétexte que la littérature passait avant tout et qu’on pouvait faire n’importe quoi [en son] nom […] Dans les années 1970 et 1980, le milieu intellectuel français valorisait le fait de ne rien interdire. Les relations sexuelles entre des personnes adultes et mineures étaient perçues comme acceptables. »3

Après la révélation au grand jour de l’affaire Matzneff, le journaliste Antoine Perraud fait partie des très rares personnalités publiques à avoir fait son mea culpa : « Avant de le blâmer dans Mediapart en 2017, je me suis abusé sur l’abuseur Gabriel Matzneff. Occultant le pire, j’ai défendu sa liberté en croyant défendre la liberté : j’ai couvert un prédateur se faisant passer pour proie. »4

Une tendance généralisée ?

Toutefois, une question se pose : s’agit-il d’une tendance limitée au milieu littéraire et aux « élites » ; ou s’agit-il d’une tendance largement répandue dans toutes les couches de la société ? Que disent les chiffres ? Voici les résultats éloquents révélés par l’enquête Virage sur les viols et agressions sexuelles en France :

« Une femme sur sept (14,5%) et un homme sur vingt-cinq (3,9%) déclarent avoir vécu au moins une forme d’agression sexuelle […] Ces taux se situent à un niveau intermédiaire de ceux estimés par l’enquête Enveff en 2000 (où 11% des femmes de 20 à 59 ans déclaraient des violences sexuelles au cours de la vie) et CSF en 2006 (20,6% des femmes et 6,8% des hommes de 18 à 69 ans) Les différences de formulation des questions et des tranches d’âges des populations interrogées peuvent expliquer ces écarts.

« Les violences sexuelles que subissent les femmes sont non seulement beaucoup plus fréquentes, mais elles se produisent dans tous les espaces de vie et tout au long de la vie. Parmi celles qui ont subi des viols et tentatives de viol, 40% les ont vécus dans l’enfance (avant 15 ans), 16% pendant l’adolescence et 44% après 18 ans.

« Les violences subies dans le cadre familial ou conjugal sont fréquemment répétées et peuvent se poursuivre pendant de longues périodes. En revanche, pour les hommes, les trois quarts des viols et tentatives de viol subis l’ont été avant 18 ans.

« Globalement, c’est au sein de l’espace privé, c’est-à-dire dans les relations avec la famille, les proches, les conjoints et ex-conjoints, y compris les petits amis, que se produisent l’essentiel des viols et des tentatives de viols. »5

Nous voyons ainsi que l’épidémie d’agressions sexuelles touche l’ensemble de notre société. Ces chiffres révèlent aussi une forte prévalence des viols et tentatives de viols contre des mineurs – 56% chez les femmes/filles et 76% chez les hommes/garçons. Ce sondage a été effectué en France, mais des études menées au Canada, en Belgique, en Suisse et ailleurs dans le monde révèlent des tendances similaires dans tous les contextes ethniques, culturels ou religieux (parfois pires – 99,3% des femmes ont été victimes de harcèlement sexuel en Égypte6).

Bien que les violences sexuelles soient condamnées publiquement par notre société, force est de constater que cet interdit est fréquemment transgressé.

La double peine

Les victimes d’agressions sexuelles sont souvent les grandes oubliées de cette épidémie. L’immense majorité des victimes sont traumatisées à vie. Qu’il s’agisse d’un viol, d’une tentative de viol, d’une agression, d’un inceste ou d’attouchements – et que ceux-ci aient été subis pendant l’enfance ou à l’âge adulte – les victimes subissent une « double peine » : au sentiment de honte s’ajoutent la crainte de rencontrer son agresseur, ainsi que des troubles psychologiques et sociaux (dont le stress post-traumatique).7 De plus l’agresseur poursuivra souvent sa vie « comme si de rien n’était », tandis que la victime continue de souffrir des conséquences de l’agression. 

Lorsque les agresseurs sont confrontés à leurs actes, beaucoup jouent la carte de la victime, car eux-mêmes ont souvent été abusés, ont fait l’objet de mauvais traitements ou ont subi des traumatismes pendant l’enfance ou à l’âge adulte (tels que d’avoir vécu dans un pays en guerre, subi une déportation ou été victimes de harcèlement). Cette souffrance est compréhensible, mais cela excuse-t-il leur comportement et diminue-t-il la gravité de leurs actes destructeurs au détriment de leur(s) victime(s) ?

Prévenir tout cela ?

Beaucoup se demandent s’il existerait un moyen de prévenir ces agressions sexuelles – aussi bien contre les adultes que les enfants. Mais au nom de la « liberté », beaucoup rejettent la source qui apporte les réponses à ce problème de société. En parlant de Matzneff, Antoine Perraud a eu le courage de reconnaître : « J’ai défendu sa liberté en croyant défendre la liberté. »

Qu’est-ce que la liberté ? Au fil des siècles, de nombreux auteurs ont paraphrasé une maxime très célèbre : « La liberté s’arrête où commence celle des autres. » Mais comment fixer ces limites ? Les agressions sexuelles sont une des grandes conséquences de ces limites à géométrie variable.

À part quelques anarchistes extrêmes, peu de gens nient le fait que des limites doivent être mises en place. En revanche, rares sont ceux à s’accorder sur leur définition.

Existe-t-il des limites simples qui réduiraient les agressions sexuelles en tout genre ? (Et qui les supprimeraient totalement si elles étaient mises en application par toute la population.) Imaginez un instant que les relations sexuelles soient sujettes à une règle extrêmement simple : qu’elles aient uniquement lieu entre un homme adulte et une femme adulte dans le cadre du mariage. Une règle complémentaire serait que le mari doive aimer sa femme comme lui-même et vice-versa. Trouvez-vous cela trop simple, voire simpliste ?

Pourtant, si aucune relation sexuelle n’avait lieu en dehors de ce cadre et qu’elles reflétaient un respect mutuel, nous assisterions à la disparation des agressions sexuelles, des viols et de la pédophilie.

Beaucoup de gens trouvent ces règles liberticides, car elles empiètent sur leur propre conception de la « liberté ». Mais nous sommes bien obligés de constater qu’elles fixent des limites claires protégeant non seulement la liberté des autres, mais aussi notre bien-être !

Ces règles font partie d’une loi plus générale. La connaissez-vous ? Elle s’appelle « la loi de la liberté ». Et nous sommes appelés à vivre selon cette loi : « Parlez et agissez comme devant être jugés par la loi de la liberté » (Jacques 2 :12, Ostervald). En lisant l’ensemble du chapitre 2 de l’épître de Jacques, vous découvrirez que cette loi de la liberté est basée sur les Dix Commandements.

Pour en apprendre davantage à ce sujet, commandez un exemplaire gratuit de notre brochure Les Dix Commandements ou lisez-la sur notre site Internet.

L’obéissance à cette loi est profitable à tous ceux qui la respectent et à leur entourage : « Celui qui aura plongé les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui aura persévéré, n’étant pas un auditeur oublieux, mais se mettant à l’œuvre, celui-là sera heureux dans son activité » (Jacques 1 :25).

1Affaire Matzneff : Denise Bombardier avait dénoncé l’écrivain controversé en 1990”, Radio Canada, 27 décembre 2019
2Gabriel Matzneff sera jugé en septembre 2021 pour apologie de crime”, Le Figaro, 12 février 2020
3Radio Canada, op. cit.
4Mes 40 ans d’aveuglement volontaire sur Gabriel Matzneff”, Antoine Perraud, Blogs Mediapart, 7 janvier 2020
5Viols et agressions sexuelles en France : premiers résultats de l’enquête Virage”, INED, Population & Sociétés, n°538, novembre 2016, pages 1-4
6Harcèlement sexuel, le mal égyptien”, France 24, 7 juin 2013
7Trousse Média sur les agressions sexuelles, “Conséquences”, Institut national de santé publique Québec, INSPQ.qc.ca, consulté le 26 février 2021

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