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Robert Schuman, le “vénérable”

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Le nom de ce père fondateur de la construction européenne a resurgi récemment dans les actualités, suite à une décision lourde de sens de l’Église catholique.

Robert Schuman (1886-1963) fut un homme d’État français qui dédia toute son existence à la vie politique. Il fut député de la Moselle pendant plus de 40 ans, de 1919 à 1962. Quelques années après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, il fut également ministre des Affaires étrangères et Président du Conseil des ministres sous le président Auriol.

Mais c’est surtout en raison de son engagement européen que son nom est passé à la postérité. Aux côtés d’autres personnalités politiques comme Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi, Paul-Henri Spaak et Jean Monnet, il fait partie des « pères de l’Europe ». Robert Schuman est également considéré comme « l’architecte de l’intégration européenne ». En collaboration avec Jean Monnet, « il élabora le plan Schuman, qu’il présenta le 9 mai 1950. Cette date est désormais considérée comme celle de la naissance de la construction européenne. »1 Il fut également président du Parlement européen de 1958 à 1960.

La vision européenne de Schuman

Schuman était membre du MRP (Mouvement républicain populaire), un parti centriste, chrétien démocrate et europhile. Lors de son passage au ministère des Affaires étrangères, il comprit la nécessité d’établir une organisation politique et économique au sein de l’Europe de l’Ouest pour prévenir de futures guerres sur le continent, mais aussi pour préparer l’avenir face aux États-Unis et à l’Union soviétique, alors que la Guerre froide commençait à avoir de sérieuses répercussions en Europe. 

Il est important de noter que la « chrétienté » (dans ce contexte, il s’agit du catholicisme et non du véritable christianisme biblique) était au cœur de l’idéologie de Schuman. Pour lui, l’Europe était une « communauté spirituelle et culturelle » qui avait deux fondements : la civilisation chrétienne et la démocratie (dont il pensait qu’elle était issue du christianisme).

Voyez comment l’historien Georges-Henri Soutou a résumé la pensée de Schuman et des pères de l’Europe :

« Pour Schuman en effet cette Europe était définie dans sa nature profonde par son histoire et sa civilisation, mais sa construction politique effective supposait une volonté commune respectant le cadre des valeurs démocratiques […] L’Europe reposait sur une unité de civilisation, une histoire partagée et désormais réconciliée, et sur des valeurs communes (dont la démocratie, la liberté et l’État de droit) […] On avait là une Europe clairement définie, qui reposait certes sur des valeurs universelles (ou qui se prétendent telles) comme la démocratie et les droits de l’homme mais qui affirmait clairement sa spécificité comme espace géographique, historique et de civilisation. »2

Le lien avec l’Empire romain

Tout au long de la construction européenne, il est intéressant de retrouver certains parallèles au fil des siècles, tels que le catholicisme (un syncrétisme de christianisme et de paganisme), les références à l’Empire romain, un projet axé sur le bien des peuples mais finissant dans la répression et la dictature, la mise en valeur d’une culture commune et le désir de former une fédération de nations.

Dans tout cela, il est frappant de voir le lien constant entre l’Empire romain et l’Union européenne. Dans un article intitulé « De l’Empire romain aux États-Unis d’Europe : le rêve européen en sept chapitres », il est intéressant de constater que le journal Luxemburger Wort cite Charlemagne, Charles Quint, Napoléon Ier et Hitler.3 Ceux qui étudient les prophéties bibliques auront noté que ces quatre dirigeants furent à la tête de résurgences de l’Empire romain. Beaucoup d’historiens et de journalistes ne croient pas à la Bible, mais force est de constater que leurs conclusions séculières correspondent remarquablement aux prophéties bibliques ! Pour en savoir davantage à ce sujet, lisez notre brochure La bête de l’Apocalypse qui détaille les résurgences passées et futures de l’Empire romain.

Ainsi, la construction européenne est profondément ancrée dans l’Empire romain. Elle met en avant une civilisation, une histoire et des valeurs communes. Bien que le monde occidental croie de moins en moins en Dieu, nous avons vu que le catholicisme est un autre élément de première importance dans la construction européenne. Cette tendance va-t-elle se poursuivre ou le catholicisme va-t-il disparaître de l’équation ?

“Saint” Robert Schuman ?

Le père Cédric Burgun, docteur en droit canonique, a déclaré que « Schuman a été un laïc qui a œuvré de toutes ses forces à sanctifier son époque et la société dans laquelle il a vécu […] Il a vu les deux guerres mondiales, a su être prophétique et a tenté de faire coïncider sa mission politique avec les paroles des évangiles : le pardon des ennemis. »4 L’Église catholique s’intéresserait-elle toujours autant à la construction politique de l’Europe ? Chercherait-elle à jouer une part active dans cette construction ?

Le samedi 19 juin 2021, un événement passé relativement inaperçu dans les médias nous apporte un élément de réponse : « Le pape François a approuvé samedi matin un décret de la Congrégation des causes des saints reconnaissant les “vertus héroïques” du Français Robert Schuman (1886-1963). Celui qui est souvent décrit comme l’un des pères de l’Europe est ainsi reconnu “vénérable”. »5 Selon la tradition catholique, cette reconnaissance est la première étape vers la béatification, puis la canonisation. (Pour connaître la différence entre la définition catholique et la véritable signification biblique d’un saint, lisez notre article L’ultime destinée des saints, paru dans notre revue de novembre-décembre 2014).

Une union politique et religieuse ?

La reconnaissance au statut de « vénérable » de Schuman, père fondateur de l’Europe, et sa possible canonisation, marque-t-elle une étape dans l’implication de l’Église catholique au sein de la construction européenne ? Et comment se matérialisera cette influence ? En observant les leçons de l’Histoire, nous pouvons apprendre beaucoup de choses sur l’avenir. De quelle manière l’Église catholique a-t-elle soutenu la construction de l’Empire européen ?

« Qu’est-ce qui a donc pu tenir Rome et ses peuples ensemble si longtemps [environ 1000 ans entre la République et la fin de l’Empire], et imposer ses valeurs jusqu’à nous les transmettre ? La religion [païenne, puis catholique] était avant tout affaire de rites plus que de croyances, d’où le formalisme qu’on retrouvera jusque dans le droit romain, qui est encore la base du nôtre […] L’Europe ne se relèvera que grâce à l’Église [catholique] qui, après plusieurs siècles seulement, prendra le relais. »6

Notez que la religion catholique est « avant tout affaire de rites plus que de croyances ». C’est une des raisons pour lesquelles cette religion parviendra à nouveau à s’imposer dans un monde si éloigné des doctrines bibliques et de la véritable loi divine. La reconnaissance de Robert Schuman par l’Église catholique marque un grand pas en avant dans la volonté de l’épiscopat romain de jouer un plus grand rôle sur la scène européenne. Les prophéties sont en marche et l’implication de l’Église catholique dans la construction européenne sera de plus en visible. Ne prenez pas notre parole pour acquise. Lisez nos brochures et nos articles à ce sujet. Vérifiez les passages bibliques cités. Vous commencerez alors à voir la prophétie biblique se réaliser sous vos yeux.

1Les pionniers de l’UE : Robert Schuman”, Commission européenne, Europa.eu, consulté le 4 octobre 2021
2 “L’identité de l’Europe du point de vue de l’historien”, Georges-Henri Soutou, Outre-Terre, vol. 7, n°2, 2004, pp. 36-37
3De l’Empire romain aux États-Unis d’Europe”, Luxemburger Wort, 23 mars 2017
4Robert Schuman, père de l’Europe, déclaré vénérable par le pape”, La Croix, 19 juin 2021
5Ibid.
6Qu’est-ce que l’Histoire ? Progrès ou déclin ?, Michel Meyer, PUF, 2013, pp. 64-65

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