Le Canada rejette ses fondements juridiques

Commenter cet article

Beaucoup ne sont pas d’accord avec la présence de principes bibliques dans les affaires publiques. Cependant, la Bible a été depuis longtemps une part essentielle des fondements de notre système juridique.


 

Les historiens ont souvent noté que le système législatif du monde anglophone est largement basé sur les lois bibliques. Après avoir répondu à la question : « La tradition est-elle importante ? » dans une de nos présentations, un internaute nous a récemment écrit en disant : « Je ne suis pas d’accord que la Bible est la source de “la plupart de nos lois” […] toutes les lois modernes qui nous définissent en tant que culture “occidentale” ont été édictées pendant les Lumières, la Réforme protestante, etc. »

De nos jours, beaucoup de gens tiennent le même raisonnement. Mais où se trouve la vérité ? Les lois de notre pays sont-elles ancrées dans les textes bibliques ?

 

Un précédent biblique

J’ai récemment reçu un article qui avait été rédigé en 1984 par un avocat, M. Keith Stoner. Il y mentionnait plusieurs événements historiques révélant la source de la plupart des lois fondamentales du monde anglophone.

En Angleterre, les Anglo-Saxons étaient unis sous Alfred le Grand de 871 à 899 apr. J.-C. Le roi Alfred incorpora plusieurs lois bibliques dans la législation anglaise. Cela est confirmé par l’encyclopédie Britannica : « Le nom qui domine au neuvième siècle est celui du roi Alfred le Grand. Il ajouta à ses lois une traduction libre des Dix Commandements et un condensé des textes d’Exode 21 à 23 » (“Littérature biblique”).

Pendant le règne d’Henri VIII (1509-1547), les lois matrimoniales en Angleterre furent affinées en utilisant la Bible. Henri et ses conseillers décrétèrent : « Toute personne peut se marier légalement, mais voici quels sont les interdits dans la loi de Dieu. » Ils citèrent Lévitique 18 comme source d’autorité définissant les relations interdites pour le mariage. La loi matrimoniale de l’époque citait aussi des passages de Lévitique 20 (“Le droit canonique du dossier de divorce d’Henri VIII”, Philip Campbell, Madonna University, 14 juin 2009). Les statuts décrétés par Henri VIII ont guidé notre loi matrimoniale jusqu’à une époque très récente, lorsque des pressions sociales ont forcé au changement.

Sir William Blackstone est l’auteur des Commentaires sur les lois anglaises, dont le premier tome fut publié en 1765. Il s’agit du premier texte paru en Angleterre qui définissait toutes les lois existantes dans le pays et qui documentait leur source. Voici ce que Blackstone écrivit dans l’introduction :

« Ainsi, quand l’Être suprême forma l’Univers et créa de rien la matière, il imprima à cette matière certains principes dont elle ne peut se départir […] Cette volonté est appelée la loi de la nature […] Elle est d’observation rigoureuse sur tout le globe [et] les lois humaines ne peuvent être valides, si elles lui sont contraires […] Les doctrines qui nous sont ainsi parvenues, nous les nommons lois révélées ou lois divines ; elles ne se trouvent que dans les saintes écritures […] Toutes les lois humaines reposent sur ces deux fondements, la loi de la nature et la loi révélée ; c’est dire que les loi [sic] humaines ne doivent jamais y être opposées » (15ème édition, Bossage libraire, pages 55-63, traduction Nicolas Maurice Chompré).

De 1750 à 1900, l’Empire britannique a diffusé et exporté avec lui les lois britanniques. Cet ensemble législatif, bien qu’appliqué de façon imparfaite, était destiné à procurer la paix et l’ordre au sein de la famille et de la nation. Nous ne devrions pas être surpris que le système juridique de l’Empire fût connu pour son équité. Même la Chine de l’époque moderne prit conseil auprès de juges et d’avocats britanniques et canadiens pour développer son système juridique.

Bien que les treize colonies américaines aient rejeté l’autorité de l’Angleterre qu’elles considéraient injuste, elles conservèrent le système juridique britannique. Même les précédents judiciaires des tribunaux britanniques furent conservés par le gouvernement des États-Unis en tant que jurisprudence. Les administrations des deux bords conservèrent la common law qui reconnaît formellement la loi de Dieu comme étant le fondement de la loi du pays.

L’affaire Rex v. Taylor en 1676 en est une excellente illustration. Dans ce cas, Matthew Hale, juge en chef d’Angleterre, avait jugé : « Le christianisme fait partie des lois de l’Angleterre, ainsi le fait de critiquer la religion chrétienne revient à parler de manière subversive de la loi » (Encyclopédie des lois de l’Angleterre, Wood Renton, volume 3, page 10).

Deux siècles plus tard aux États-Unis, William Strong, juge à la cour suprême de Pennsylvanie, déclara dans l’affaire Sparhawk v. Union Passenger Railway Company : « Le christianisme fait partie de la common law de cet État […] Il faisait partie de la common law de l’Angleterre avant que cet État ne soit fondé […] et c’est un acte criminel dans la common law d’écrire ou de parler de façon dédaigneuse ou malicieuse du christianisme » (Pennsylvania State Report, volume 54, 1868).

C’est clairement une erreur de considérer que les lois des pays anglophones ne soient pas inexorablement reliées à la Bible. L’Histoire montre que lorsque ces lois ont été appliquées, certes de manière imparfaite, elles ont généré une société que d’autres nations ont admiré et cherché à imiter. Mais dans notre société actuelle, beaucoup de dirigeants, de législateurs et de juges méprisent l’influence de la loi biblique et ils font tout ce qu’ils peuvent pour l’affaiblir, l’éradiquer et la diffamer.

 

Pouvons-nous gouverner sans les lois de Dieu ?

Prenons par exemple ce qui s’est produit dans la province canadienne de l’Alberta, lorsque le ministre de l’Éducation envoya une lettre en 2018 à plusieurs écoles religieuses indépendantes. Elles reçurent l’ordre de retirer certaines phrases de leur règlement, sinon elles perdraient leurs subventions, voire leur accréditation. Vous trouverez dans l’encadré quelques-unes des phrases « offensantes » que le gouvernement souhaite éliminer et la raison pour le faire.

Demander à ce que des déclarations reflétant des points de vue religieux soient enlevées des règlements d’écoles religieuses est une attaque directe et ouverte contre les principes fondamentaux de la liberté d’expression religieuse, de la liberté de parole et de la liberté d’association. Des gens ont perdu leur vie pour défendre ces libertés.

Il convient de prendre le temps d’examiner les facteurs ayant permis au monde anglophone d’atteindre ce qu’il a accompli et d’évaluer attentivement les conséquences liées à leur rejet.

Jadis, la Bible avait lancé un avertissement au sujet d’un rejet à venir de la vérité, de la justice et des principes de la loi biblique : « Aussi le jugement s'est retiré en arrière, et la justice se tient éloignée ; car la vérité trébuche sur la place publique, et la droiture ne peut entrer. Et la vérité fait défaut, et quiconque se retire du mal est dépouillé. L'Éternel l'a vu, et cela lui a déplu, qu'il n'y ait point de justice » (Ésaïe 59 :14-15, Ostervald).

S’éloigner de la loi biblique et divine conduira le Canada et les autres nations occidentales vers l’injustice, le chaos et l’anarchie. Espérons que le Canada réévaluera ses choix.

 

Phrases offensantes

Phrase : « Nous pensons que les hommes et les femmes ont été créés à l’image de Dieu, et ont donc une valeur intrinsèque transcendante. »
Infraction présumée : « Peu accueillant, insensible et/ou irrespectueux. »

Phrase : « Développer une attitude pieuse envers le mariage et la famille, ainsi que la compréhension et les compétences nécessaires pour établir un foyer honorant Dieu. »
Infraction présumée : « Peu accueillant, insensible et/ou irrespectueux. »

Phrase : « La vérité immuable et infaillible de la parole de Dieu… »
Infraction présumée : Ne respecte pas la diversité.

Phrase : « L’obéissance à la loi de Dieu est supérieure à la soumission à l’autorité humaine. »
Infraction présumée : Contraire à la Loi sur l’Instruction.

Phrase : Utilisation du mot « vérité » dans le règlement.
Infraction présumée : Ne respecte pas la diversité.

Sources : PourUneÉcoleLibre.com, 15 octobre 2018 ; TheBridgehead.ca, 28 septembre 2018 ; Calgary Herald, 3 octobre 2018.

AUTRES ARTICLES DANS CETTE REVUE

Voir +