Face à face

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L’utilisation sans cesse croissante des réseaux sociaux et des appareils électroniques continue d’éveiller des craintes, non seulement sur le temps passé à communiquer avec les autres, mais aussi sur la façon de communiquer et la manière dont ces formes de communication peuvent réduire la qualité de nos relations.

 

Il y a quelques années, l’archevêque catholique de Westminster, Vincent Nichols, partagea ses craintes dans une interview à propos des changements sociaux qui « menacent de saper les communautés ». Nichols déclara que « les relations sont déjà affaiblies par le déclin des rencontres en face à face et des discussions téléphoniques ». Il exprima ses craintes « qu’une utilisation excessive ou presque exclusive des textos et des emails signifie qu’en tant que société, nous perdions une partie de notre habileté à bâtir la communication personnelle nécessaire pour vivre ensemble et construire une communauté. Nous perdons des capacités sociales, l’interaction humaine, comment décrypter l’humeur d’une personne et le langage corporel, comment être patient jusqu’au moment idéal pour faire une remarque. L’utilisation excessive et exclusive de l’information électronique déshumanise ce qui est une part extrêmement importante de la vie en communauté et du vivre ensemble » (Sunday Telegraph, 1er août 2009).

Le commentaire de cet archevêque a provoqué la réponse rageuse d’un éditorialiste du Telegraph, qui a généré une avalanche de commentaires en ligne des lecteurs. Malheureusement, les discussions intelligentes autour de ce problème ont vite été balayées par une série de commentaires contre la religion elle-même.

Pour aider ou pour nuire ?

Pouvons-nous tirer quelque chose d’utile des suggestions de cet archevêque ? Le débat sur les avantages et les inconvénients des réseaux sociaux, des textos, des tweets et des likes pourrait vite s’éterniser. Mais cela nous aide-t-il ou nous nuit-il en tant que communicateurs, individus et membres de la communauté humaine ?

Fin avril 2016, beaucoup de gens ont été choqués par la vidéo en podcast des « tweets méchants » de Just Not Sports. Des millions de gens ont vu cette vidéo où des supporters masculins lisaient en face des journalistes de sport Sarah Spain et Julie DiCaro de véritables commentaires les concernant. Les hommes à qui l’on avait demandé de lire ces tweets ne connaissaient pas le contenu de qu’ils allaient lire avant le début de l’enregistrement. De toute évidence, ils étaient mal à l’aise de lire des commentaires scabreux et odieux.

Le co-présentateur de Just Not Sports, Brad Burke, explique : « Ce que nous avons vu était une réaction viscérale nous rappelant que c’est une chose d’écrire ces mots en face d’un écran, mais c’est autre chose de les dire à voix haute en face de la personne. » La vidéo se termine avec ce commentaire : « Nous ne le leur aurions pas dit en face. Alors ne l’écrivons pas. » Autrement dit, se retrouver face à face change la façon dont nous communiquons – dont nous interagissons avec les autres, pas comme des machines, mais comme des êtres humains vivants qui respirent.

Lorsque ma fille passa 15 mois à 15.000 km de la maison, Skype nous a permis de nous voir et de nous parler gratuitement. C’était un lien très utile pour nous permettre de rester aussi proches que possible dans ces circonstances. Beaucoup de gens utilisent Facebook et Twitter pour  rester en contact, partager des idées et s’encourager les uns les autres. Lorsque j’ai travaillé aux Philippines, les textos étaient un mode de contact essentiel pour ceux qui avaient besoin d’un outil de communication économique, à cause de leurs faibles revenus.

D’un autre côté, cette technologie a créé, sans que nous nous en rendions compte, des habitudes qui ne sont pas bénéfiques. Il y a quelques années, un de mes amis se rendait à une réunion de travail et il s’arrêta pour prendre un café. Une fois dans la cafétéria, il aperçut un collègue devant son ordinateur portable qui parlait en ligne avec un ami. Lorsqu’il lui demanda où se trouvait actuellement cet ami, il montra du doigt quelqu’un à l’autre bout de la cafétéria ! Lorsque mon ami lui demanda pourquoi il ne se levait pas et n’allait pas simplement lui parler en direct, il reçut un visage d’étonnement ! Imaginez – parler face à face, au lieu de discuter en ligne ! Qui penserait à faire une telle chose ?!

De nos jours, bien que les jeunes disposent plus que jamais auparavant de moyens de communication, des études récentes ont montré qu’ils se sentent de plus en plus seuls. Est-ce votre cas ? Le fait de passer trop de temps en ligne ou à envoyer des textos, cumulé au manque d’interaction en face à face, aurait-il un lien avec ce problème ? Encore une fois, le débat pourrait s’éterniser car de nombreux facteurs entrent en ligne de compte. Chez les jeunes, y compris mes propres enfants, il semble qu’il n’y ait rien de plus important que les opportunités de passer du temps ensemble, face à face. Ainsi, quels que soient les arguments pour ou contre les réseaux sociaux, peut-être y a-t-il quelque chose de significatif et nécessaire dans l’interaction en face à face.

Le face à face est important

Seul Jésus-Christ a vu Dieu le Père face à face (Jean 1:18). Cependant, Moïse eut le privilège de parler avec la Parole pré-incarnée, le Logos, qui devint Jésus-Christ (Exode 33 :11). Abraham partagea aussi cette opportunité (Genèse 18 :1). L’apôtre Paul était impatient de voir Dieu face à face (2 Corinthiens 5 :8). Le prophète Ésaïe annonça comment les descendants d’Israël communiqueront face à face avec des enseignants divins (Ésaïe 30 :20). Dans le dernier livre de la Bible, l’Apocalypse, nous lisons qu’un aspect de notre destinée sera de voir la face de Dieu (Apocalypse 22 :4). Ces versets mettent l’accent sur l’importance de l’interaction en face à face – quelque chose de souhaitable et d’important qui demande de l’implication.

Que nous soyons des utilisateurs avides des réseaux sociaux, ou que cela ne nous intéresse pas du tout, nous ne devrions jamais perdre l’habileté à communiquer efficacement en face à face. Il est essentiel de maintenir un désir salutaire d’interagir face à face, ainsi que la capacité à communiquer de vive voix efficacement et avec confiance, au lieu de s’appuyer sur des moyens électroniques. Il y a tellement d’informations à saisir, non seulement en entendant la voix d’une autre personne, mais aussi en voyant leurs expressions faciales et leur langage corporel, en les regardant dans les yeux et en étant proches d’eux. Notre communication et nos relations en sortent grandies lorsque nous utilisons tous les outils que notre Créateur nous donne pour nous connecter plus efficacement les uns aux autres.

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