La migration

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Chaque année, à la même époque, il est possible d’observer un des phénomènes les plus merveilleux et fascinants du monde animal : la migration.

 

Étymologiquement, le mot « migration » vient du latin migrare qui signifie, au sens large, passer d’un lieu à un autre. De tels déplacements ou mouvements sont très répandus dans tout le règne animal et les scientifiques savent que les anguilles, certains crabes, les saumons, les éléphants, les tortues, les caribous et les bisons d’Amérique du Nord, un grand nombre d’antilopes africaines – parmi beaucoup d’autres espèces – migrent sous une forme ou sous une autre. Nombreux sont les insectes qui migrent également, comme les locustes ou criquets pèlerins, voire les coccinelles qui effectuent des migrations sur des centaines de kilomètres vers le sud en automne pour remonter vers le nord au printemps. De même, certains papillons se déplacent régulièrement : le plus connu est sans doute le grand monarque d’Amérique du Nord qui, chaque année, part du Canada et du nord des États-Unis pour aller passer l’hiver en Floride et au Mexique, où il se reproduit. En une seule journée, cet insecte aux couleurs magnifiques peut parcourir 125 km sans s’arrêter !

Toutefois, les migrateurs les plus connus sont les oiseaux. On estime qu’environ un tiers de toutes les espèces d’oiseaux migrent. Or, malgré des années de recherches et d’expérimentation, les ornithologues sont encore contraints de parler du « mystère de la migration ». Ce phénomène constitue pourtant, à lui seul, un puissant témoignage à la gloire du Créateur de l’univers. Ainsi les animaux sont-ils une manifestation de Sa puissance et, pour peu que nous prenions la peine de les observer, ils nous parlent de Lui avec éloquence. Le Tout-Puissant a d’ailleurs inspiré Job à s’exprimer en ces termes : « Interroge les bêtes, elles t’instruiront, les oiseaux du ciel, ils te l’apprendront ; parle à la terre, elle t’instruira ; et les poissons de la mer te le raconteront. Qui ne reconnaît chez eux la preuve que la main de l’Éternel a fait toutes choses ? » (Job 12 :7-9). Pour que le phénomène des migrations ait pu se perpétuer, il a fallu que celui-ci soit inscrit dans la nature même de tous ces animaux dès le moment où ils furent créés, sans quoi ces créatures n’auraient tout simplement pas survécu. La logique et le simple bon sens nous le disent.

Les oies sauvages du Canada

Chaque année, à l’automne, les oies sauvages du Canada, qui ont passé l’été au nord du pays, entreprennent leur long voyage migratoire vers le sud. Je pense pouvoir compter sur les doigts d’une main les années où, pendant toute ma vie, je n’ai pu être témoin de leur passage. Dès ma tendre enfance dans la ferme paternelle, j’étais fasciné par ces groupes d’oiseaux qui, à l’époque des premières neiges d’automne, traversent rapidement le ciel en formation allongée. Dès l’instant où j’entendais leurs cris saccadés dans le lointain, je scrutais l’horizon ou je me précipitais dehors, le cœur battant, pour admirer ce spectacle grandiose. Aujourd’hui encore, cet événement suscite chaque fois en moi un nouvel émerveillement.

Les migrations d’oiseaux constituent vraiment un des phénomènes naturels les plus extraordinaires du monde animal. Des millions d’oiseaux prennent l’air et se dirigent vers leurs territoires d’hivernage, en empruntant des voies bien définies qui ne varient pas. Il existe de véritables couloirs aériens, des routes du ciel par lesquelles ils passent chaque année.

Comme la plupart des oiseaux migrateurs, la grande oie blanche du Canada occupe certains territoires bien déterminés selon l’époque de l’année. Pendant l’été, elle vit et se reproduit dans certaines îles de l’Arctique, plus particulièrement sur la partie nord de la Terre de Baffin, ainsi qu’à l’extrémité nord-ouest du Groenland. À l’approche de l’hiver arctique, lorsque le sol et les étangs d’eau douce commencent à geler, débute alors la grande migration vers le sud.

Les volées se forment et les grandes oies blanches entreprennent leur long voyage. En vol, cet oiseau puissant se déplace habituellement à environ 55 km/h, mais il peut atteindre une vitesse de pointe de 95 km/h et il peut parcourir jusqu’à 1000 km d’une seule traite.

Au début de septembre, les grandes oies blanches du Canada quittent les territoires arctiques, accompagnées de leurs petits, âgés d’à peine 6 à 8 semaines. « En grandes volées, les oies se dirigent vers l’estuaire du Saint-Laurent qu’elles atteignent probablement après plusieurs étapes. C’est un spectacle inoubliable que l’arrivée de ces troupes plus ou moins nombreuses qui descendent sur les rivages boueux du fleuve, le plus souvent en formation assez régulière affectant l’allure d’un V majuscule plus ou moins ouvert et en émettant en chœur leur chant caractéristique […] Dans le sanctuaire du Cap-Tourmente, on peut les voir en grand nombre sur les prairies où elles se reposent » (Faune du Québec, La grande oie blanche, Ministère du Tourisme de la Chasse et de la Pêche, page 5).

En les regardant de loin, avec comme toile de fond les Appalaches dans leur coloris d’automne, on a parfois l’impression qu’il s’agit de gros flocons de neige qui descendent pour se poser doucement et gracieusement sur un sol déjà blanchi par la présence de milliers d’autres oies. Là, elles se nourrissent, se reposent et reprennent ainsi des forces pour le reste du voyage. Elles offrent aux observateurs un spectacle unique et grandiose. C’est sur les battures du fleuve, sur la partie du rivage située entre la marée basse et la marée haute, qu’elles trouvent en abondance une nourriture riche. Elles fouillent le sol boueux pour en retirer le rhizome (tige souterraine) du scirpe d’Amérique, leur nourriture de prédilection. Plus tard, les grandes oies des neiges repartent vers leur habitat d’hiver aux États-Unis, sur les côtes du Maryland, du Delaware, de la Virginie et de la Caroline du Nord.

Qui dirige ces migrations ?

Les oiseaux migrateurs sont pour ainsi dire « programmés » afin de savoir quand partir, quelle route suivre et vers quelle destination aller. En fait, ils sont guidés par l’instinct que le Créateur leur a donné. C’est pourquoi le Dieu suprême, parlant Lui-même de la migration des oiseaux, déclare dans la Bible : « Même la cigogne connaît dans les cieux sa saison ; la tourterelle, l’hirondelle et la grue observent le temps de leur arrivée… » (Jérémie 8 :7). Parmi les plus grands migrateurs en Europe, on trouve justement les cigognes blanches qui gagnent l’Afrique, certaines via Gibraltar, d’autres via le Bosphore selon qu’elles viennent de l’ouest, du centre ou de l’est de l’Europe. Dans tous les cas, le trajet parcouru atteint les 12.000 km.

Les scientifiques parlent parfois de trois grands types de migrations : les migrations climatiques, les migrations alimentaires et les migrations gamétiques. Les deux premières servent à assurer la préservation de l’individu alors que la troisième a pour but la survie de l’espèce.

Chaque année, c’est vraiment une joie que d’entendre le chant des oies sauvages qui filent dans le ciel du Québec et s’en vont vers leur lieu. Comment ne pas s’émerveiller devant la complexe beauté des ouvrages du Créateur !

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