Religion : un gros mot au Canada

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« Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit… » Tel est le préambule de la Charte canadienne des droits et libertés, écrite il y a moins de 40 ans, en 1982. À l’époque, certains se demandaient s’il était nécessaire d’inclure Dieu dans un document constitutif. De nos jours, il est impensable d’imaginer la rédaction d’un tel préambule au Canada. Le déclin de la religion ne cesse de s’accentuer. Faisons un bref état des lieux de la foi dans une nation où la « religion » est devenue un gros mot.


En avril 2017, un des instituts de sondages les plus respectés au Canada, Angus Reid, a publié un rapport exhaustif sur l’état des croyances et des pratiques religieuses des Canadiens, y compris leur vision de la religion. Les résultats sont révélateurs. Alors que l’augmentation de l’athéisme et du déclin de la foi ne furent pas une surprise, le nombre d’individus se décrivant comme non-croyants fut légèrement inférieur à ceux impliqués dans une religion.

 

L’incertitude règne

L’étude intitulée « Un spectre de spiritualité : les Canadiens conservent la foi à différents degrés, mais peu la rejettent entièrement » a divisé la croyance religieuse en quatre catégories : non-croyants (19%), spirituellement incertains (30%), croyants en privé (30%) et impliqués religieusement (21%). À la question la plus basique en termes de religion, « Croyez-vous que Dieu ou une puissance supérieure existe ? », la majorité des sondés se décrivant comme spirituellement incertains (87%) et croyants en privé (57%) ont répondu avec des réponses imprécises telles que « Oui, je crois bien » ou « Non, je ne pense pas », au lieu de réponses fermes telles que « Oui, j’en suis certain » ou « Non, je n’y crois pas du tout ».

La hausse de l’incertitude a un impact immense sur les pratiques des Canadiens. Lorsqu’un individu n’est pas certain de l’existence d’un arbitre suprême de la vérité, il devient plus facile d’abandonner ses anciennes valeurs. Bien que le « christianisme » reste la première religion au Canada, vous serez peut-être surpris d’apprendre à quoi correspond la deuxième catégorie. La journaliste Laura Stone a écrit « qu’environ un quart de la population canadienne n’a pas d’affiliation religieuse » (GlobalNews.ca, 8 mai 2013). Ce décompte inclut à la fois ceux qui rejettent l’existence de Dieu et ceux qui choisissent de ne s’identifier à aucune religion. Le fait de se reconnaître dans une organisation religieuse signifie généralement partager un ensemble de valeurs avec d’autres personnes ayant la même croyance. La suppression de ce lien a encouragé de nombreux Canadiens à adopter ou à tolérer des pratiques qu’ils auraient jadis considérées comme immorales.

Concernant le déclin de l’affiliation religieuse, « la hausse des “sans-religion” au Canada a été accompagnée d’une baisse substantielle de l’engagement religieux… » (Pew Research Centre, 27 juin 2013). Cette baisse est particulièrement visible dans le déclin brutal de l’assistance aux services religieux autres que les mariages et les obsèques. La même étude montre qu’en 1986 – quatre ans seulement après avoir reconnu « la suprématie de Dieu » en tant que principe fondateur de la nation – 43% des Canadiens assistaient à un office religieux au moins une fois par mois. En 2017, ce chiffre était tombé à 20%. Même parmi ceux étant impliqués religieusement, seulement 69% assistent régulièrement à un service.

Avec un tel déclin de l’assistance, il n’est pas surprenant que la connaissance de la Bible s’évapore rapidement. « En général, la connaissance religieuse a énormément chuté chez les Canadiens. Il y a 20 ans, environ la moitié des Canadiens était capable de nommer l’apôtre qui avait renié trois fois Jésus et environ 60% connaissaient le titre du premier livre de l’Ancien Testament. [En 2015], ces pourcentages ont respectivement chuté à 31% et 42% » (Maclean’s, 26 mars 2015).

Quels enseignements tirer de ces chiffres ? Devrions-nous être encouragés par le fait qu’un Canadien sur cinq ait un engagement religieux ? Après l’examen des données, nous pourrions nous demander si le critère d’engagement religieux a été rabaissé. Deux tiers des Canadiens croient à l’existence de Dieu ou d’une puissance supérieure, mais cela se traduit-il dans les actes ? Cela se répercute-t-il dans leur quotidien ? L’effondrement de l’assistance religieuse et de la connaissance biblique la plus basique montrent que ce n’est pas le cas.

 

Religion – un nouveau gros mot

Êtes-vous à l’aise auprès de personnes pieuses ? Et auprès de ceux qui critiquent la religion ? Selon l’institut Angus Reid, 50% des sondés disent se sentir mal à l’aise auprès de personnes pieuses, y compris 33% de ceux qui sont « engagés religieusement », bien que « les Canadiens engagés religieusement tendent à se préoccuper davantage des autres, à être les plus heureux et les plus généreux » (National Post, 13 avril 2017). Assurément, quelque chose ne tourne pas rond lorsqu’un tiers des sondés « engagés religieusement » se sent mal à l’aise auprès de personnes pieuses. Il semble que les Canadiens préfèrent s’entourer de personnes critiquant la religion (seulement 42% sont mal à l’aise dans cette situation).

Est-il surprenant que seulement « un Canadien sur quatre (25%) ait répondu que le mot “religion” avait un sens positif, tandis qu’un sur trois (33%) a répondu qu’il avait une connotation négative ? » Interrogé au sujet de ce résultat, Angus Reid, le fondateur et président de l’institut éponyme, en a saisi toute la portée : « Le mot “religion” est un peu devenu un gros mot » (National Post, 13 avril 2017).

 

La religion est-elle vouée à l’échec ?

La religion est-elle vraiment négative ? Depuis l’aube de l’humanité, elle a joué un puissant rôle moteur. Cependant, les hommes ont trop souvent utilisé l’excuse de la religion pour promouvoir leurs propres aspirations, sans se soucier de l’ordre social, de la moralité et de la recherche de la vérité. Malheureusement, une telle corruption s’infiltra même dans une partie de l’Église fondée par Jésus-Christ au travers de Ses disciples, il y a 2000 ans.

Vous serez peut-être surpris d’apprendre que de nombreuses traditions acceptées par le christianisme traditionnel dans le monde ne se trouvent nulle part dans la Sainte Bible. Notre brochure gratuite, La restauration du christianisme originel, examine à quoi ressemblait vraiment la religion de l’Église chrétienne à ses débuts.

Cette brochure prouve que la direction de départ donnée par Jésus-Christ et les apôtres fut ensuite rejetée par de nombreux groupes religieux se qualifiant de chrétiens. Beaucoup d’historiens ont documenté ce phénomène. La conduite originelle des disciples de Jésus était encadrée par le décalogue (les Dix Commandements), comprenant notamment ces instructions : « Tu ne commettras point adultère ; tu ne tueras point ; tu ne déroberas point ; tu ne diras point de faux témoignage » (voir Romains 13 :9, Ostervald). Si ceux qui se qualifient de chrétiens vivaient selon ces idéaux, la religion ne serait peut-être plus considérée comme un gros mot.

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