Une clé importante qui explique l’échec

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Les livres et les conférences sur le thème du succès sont devenus des choses habituelles. Il vous suffit de vous rendre dans une grande librairie, et vous y trouverez une section entière consacrée aux livres concernant le « succès ». Des orateurs, habiles à susciter la motivation chez les gens, sont devenus riches en colportant divers « secrets du succès ».


Il est évident que la plupart des gens aimeraient avoir plus de succès dans leur vie – et il y a un véritable marché à saisir pour ceux qui prétendent enseigner comment y arriver.

D’autre part, d’une façon générale, vous ne trouverez pas beaucoup de livres expliquant comment échouer. Il n’est pas nécessaire de faire de gros efforts, ni beaucoup d’études pour échouer dans la vie. Bien entendu, ceux qui estiment avoir échoué ne l’ont pas cherché, délibérément. Ils se sont tout simplement retrouvés dans cette situation, et la plupart d’entre eux ne comprennent pas comment ils en sont arrivés-là.

Or, de même qu’il existe des lois qui conduisent au succès, de même il y a des lois, ou des clés, qui mènent à un échec assuré !

Le succès spirituel demeure infiniment plus important que le succès physique. De même que la parole divine nous révèle les principes qui mènent au succès, de même elle nous révèle les clés de l’échec. L’un de ces principes pourrait être décrit comme « la plus importante clé de l’échec à long terme ». Ce grand principe suffit, à lui seul, pour garantir l’échec, même si vous pratiquez toutes les lois du succès – et en dépit de tout ce que vous pourriez faire d’autre !

Joab a-t-il réussi ?

Joab fut le plus célèbre et le plus éminent des grands hommes qui servirent le roi David. Il fut le général en chef des armées d’Israël, pendant plus de trente ans. Il possédait de très grandes qualités de dirigeant, et il fut un exemple de nombreuses leçons du succès – à tel point que, pendant de nombreuses années, il sembla personnifier le succès. Quelles que fussent les intrigues politiques de son époque, Joab se révéla très attaché à son métier. Il avait des objectifs bien définis, beaucoup d’énergie, de détermination et de ténacité. Il se prépara à atteindre la perfection à travers son éducation, et il afficha une grande ingéniosité. Il fit preuve de sagesse, et d’une perception rapide des gens et des situations. Le roi David écoutait généralement les propositions de Joab, et comptait beaucoup sur lui. Il était, en résumé, un homme sur qui l’on pouvait compter pour avoir des résultats.

Mais, la vie de Joab fut-elle un véritable succès – au sens propre du mot ? La fin de sa vie fut-elle couronnée de succès ? En allant plus loin, a-t-il été un exemple de succès spirituel ? Nous n’avons aucune indication que Joab ait participé à des pratiques païennes, ou qu’il n’ait jamais adoré un autre dieu que le Dieu d’Israël. Pourtant, nulle part dans les Écritures, Joab n’est mentionné en exemple comme une personne ayant joué un grand rôle. Nous savons que le roi David sera roi sur tout Israël, dans le Monde de Demain, mais il n’y a aucune indication que Joab – le principal lieutenant de David, lorsqu’il était roi sur l’ancien Israël – jouera un rôle important dans le Royaume à venir. Joab n’est ni cité dans Hébreux 11, ni mentionné dans les Écritures pour ses qualités.

Au contraire, nous découvrons que l’une des premières actions de Salomon, lorsqu’il devint roi, fut d’ordonner l’exécution de Joab (1 Rois 2). Bien que Joab appliquât dans sa vie de nombreuses lois du succès, ces nobles qualités furent ébranlées par un défaut fatal de son caractère. Ce défaut sera aussi une clé importante à notre échec personnel, si nous ne l’extirpons pas de notre vie.

Si Joab ne fut pas capable de parvenir à un succès véritable et durable, c’est parce que sa vie était gouvernée par l’obstination. Aucune vie dirigée par l’obstination ne peut être réellement couronnée de succès. Nous pouvons changer de nombreux aspects de nos pensées et de nos actions, mais le plus difficile est probablement de renoncer à notre obstination.

Les leçons tirées de la vie de Joab

Joab et ses frères, Abischaï et Asaël, étaient les neveux du roi David. Ils étaient les fils de la sœur de David, Tseruja. Tous les trois assistèrent loyalement David, à l’époque où il fuyait Saül et se réfugia dans le désert. Les frères aimaient et honoraient leur oncle, et ils risquaient volontairement leur vie pour lui. Alors qu’il était en exil, David exprima un jour sa nostalgie de sa patrie, et souhaita boire de l’eau de la citerne à Bethléhem. Abischaï et deux amis se concertèrent pour planifier une mission secrète (1 Chroniques 11 :16-20). Risquant leur vie, ils se faufilèrent entre les lignes ennemies à Bethléhem, et ramenèrent de l’eau à David ! Combien de fois rencontrons-nous une telle bravoure et un tel dévouement ?

Joab était encore plus éminent que son frère ; non seulement, il était le chef de ses frères, mais aussi celui de tous les gens de David (2 Samuel 2). Mais Joab était aussi un homme dur et vindicatif, comme nous pouvons le voir dans le meurtre d’Abner, le chef de l’armée de Saül. Abner avait autrefois tué le frère de Joab, Asaël, au cours d’une bataille. Lorsque Joab apprit qu’Abner était venu faire la paix avec le roi David, il devint méfiant, et l’assassinat sans que le roi le sache (2 Samuel 3 :26-27).

Pendant les sept premières années qui suivirent la mort de Saül, David gouverna seulement sur Juda. Ensuite, lorsqu’il devint roi sur les douze tribus, il décida de prendre la citadelle de Jérusalem aux Jébusiens, et d’en faire sa nouvelle capitale. Il promit que, celui qui parviendrait à entrer dans la citadelle, apparemment imprenable, et conduirait l’armée à la victoire, deviendrait le nouveau commandant de l’armée. Il est possible que Joab ait été rétrogradé, suite à l’assassinat d’Abner, mais cela ne dura pas longtemps, car il prouva, une fois encore, qu’il était apparemment indispensable. Il mena un assaut victorieux contre la citadelle des Jébusiens, et il parvint à y pénétrer en utilisant un passage souterrain (identifié aujourd’hui par de nombreux archéologues comme le Warren’s Shaft, ou puits de Warren), ce tunnel s’étendait de la source Guihon jusqu’à l’ancienne forteresse de Sion (2 Samuel 5 :7-8 ; 1 Chroniques 11 :4-6). Si nous lisons les exploits des conquêtes de David sur ses ennemis, nous voyons que Joab joua un rôle important comme commandant des armées.

David avait une telle confiance en la loyauté de Joab, qu’il lui écrivit personnellement lorsqu’il chercha à se débarrasser d’Urie le Héthien (après son adultère avec Bath-Schéba, la femme d’Urie, qui devint enceinte). Joab obéit aux instructions et plaça Urie au plus fort du combat où il mourut, et Joab envoya ensuite son rapport au roi.

Plus tard, Joab joua un grand rôle en essayant de réconcilier David avec Absalom, qui s’était enfui après avoir tué son frère Amnon. Nous lisons, dans 2 Samuel 14, qu’il essaya de ruser avec David pour obtenir son consentement au retour d’Absalom. Il était vraiment très perspicace, et n’hésitait pas à intervenir dans des situations où il était convaincu d’avoir la bonne solution au problème.

Lorsqu’Absalom déclencha une révolution pour détrôner son père, Joab resta fidèle et loyal au roi David. Avant que les armées s’affrontent, David s’était adressé à tous les chefs de son armée. Il leur avait personnellement demandé d’être bienveillants envers Absalom. Ensuite, alors que l’armée dirigée par Joab prenait l’avantage, un jeune soldat rapporta qu’Absalom s’était enchevêtré dans un chêne, alors qu’il essayait de s’enfuir sur son mulet. Joab demanda au soldat s’il avait tué Absalom. « Bien sûr que non, répondit le jeune homme, j’ai entendu le roi donnait des instructions pour que son fils reste vivant ». Pourtant, croyant que David se montrait trop « doux » à l’égard de l’agitateur, Joab alla exécuter lui-même Absalom. Dans son esprit, il « savait » qu’en agissant ainsi, sans tenir compte des instructions du roi, le problème serait résolu une fois pour toutes (2 Samuel 18 :10-14).

Le roi David fut accablé de douleur lorsqu’il apprit que son armée était victorieuse, mais qu’Absalom était mort. « Oh mon fils Absalom, criait-il, que ne suis-je mort à ta place ». David passa la journée à se lamenter sur cette perte personnelle, et le peuple qui était avec lui commença à s’agiter et à se décourager. Ce fut Joab qui parla alors au roi, qu’il devait laisser sa douleur personnelle de côté, et descendre remercier ses partisans pour ce qu’ils avaient fait pour lui. « Si tu ne fais pas cela, lui dit Joab, tu te retrouveras dans la pire situation que tu n’as jamais eue dans ta vie ». David reconnut que Joab avait raison, et suivit son conseil (2 Samuel 19 :1-8).

Lorsqu’il fallut rassembler toute la nation, David décida de placer Amasa, l’ancien chef des forces d’Absalom, à la tête de l’armée de Juda (2 Samuel 17 :25). Cependant, comme Amasa tardait à arriver au lieu fixé, David envoya son armée sous le commandement du frère de Joab, Abischaï. Lorsqu’Amasa rejoignit l’armée principale, Joab le prit à part et s’empressa de l’assassiner, puis il conduisit l’armée vers une victoire retentissante (2 Samuel 20). Dans l’esprit de Joab, il avait encore « gagné », car il était sorti victorieux de la bataille, et il avait retrouvé son ancien poste. Une fois de plus, il chercha à prouver qu’il était indispensable.

Lorsque Satan incita David à faire le dénombrement d’Israël (1 Chroniques 21 :1), Joab reçut la charge du recensement. Comme il était opposé à cette idée, il ne le fit pas correctement (verset 6). Bien que Joab avait une perception correcte de ce qu’il fallait ou ne fallait pas faire, il était obstiné et agissait à sa façon.

Finalement, vers la fin de l’époque du roi David, Joab prit une décision qui lui coûta la vie. Une fois de plus, son obstination et son entêtement prirent le dessus. Alors que le roi était sur son lit de mort, la question de la succession au trône se posa. David avait autrefois déclaré à ses amis proches que Salomon lui succèderait. Bien que la Bible ne nous donne pas l’âge exact de Salomon à cette époque, d’après tous les renseignements contenus dans la Bible, il est évident que Salomon était encore un adolescent d’une quinzaine d’années, probablement. Joab estima que le roi avait commis une erreur, et que Salomon était trop jeune et inexpérimenté pour tenir un tel poste. Il décida qu’Adonija – l’un des fils aînés de David – était l’homme de la situation, et il complota avec celui-ci pour le faire accéder au trône, avant que quiconque n’ait eu le temps de faire quoi que ce soit. Mais Dieu avait d’autres plans ; Il S’assura que la succession d’Adonija soit déjouée, et que Salomon montât sur le trône (1 Rois 1).

Cet événement marqua la fin de la carrière de Joab. L’une des premières actions de Salomon fut d’ordonner l’arrestation et l’exécution de Joab. Finalement, Joab paya de sa vie son entêtement et son obstination. Bien que Joab fût très capable et possédât un bon jugement, il était toujours résolu à agir à sa façon. Il s’en tira de nombreuses fois, car il avait du succès. Amis et ennemis voyaient en lui une personne indispensable au roi. Pourtant, son obstination fut la clé de son échec final et de sa mort humiliante. L’obstination conduit inévitablement à l’échec total !

L’origine de l’obstination

L’obstination résulte d’une volonté à protéger et à promouvoir l’ego. Il est « naturel » de s’occuper de soi-même, mais les lois divines nous enseignent d’aimer notre prochain comme nous-mêmes (Lévitique 19 :18). Le Christ réitéra à Ses disciples l’importance d’aimer notre prochain, en soulignant que c’est le deuxième commandement, le premier étant d’aimer Dieu de tout notre cœur (Matthieu 22 :36-40). L’obstination est une manifestation de l’orgueil, et constitue un barrage au véritable succès. Dieu ne peut pas, et ne permettra pas à quelqu’un qui se laisse conduire par l’obstination d’entrer dans Son Royaume. Peu importe la période de temps pendant laquelle vous pouvez être « correct », cela n’a aucune importance. Après tout, Joab était probablement correct la plupart du temps !

David, comme Joab, a été testé dans le domaine de l’obstination. Il fut oint comme roi lorsqu’il était encore adolescent, pourtant il a du attendre l’âge de trente ans pour être couronné roi sur Juda – et sept ans de plus pour devenir roi sur tout Israël. Pendant environ dix ans, David était en fuite et se cachait de Saül – qui voulait le tuer. Saül, de plus en plus paranoïaque, avait fini par se persuader que s’il parvenait à se débarrasser de David, ce serait la fin de tous ses problèmes. Pendant toutes ces années, David eut des occasions de tuer Saül, et ses serviteurs le pressèrent à agir ainsi. Mais il ne le fit point. Au lieu de prendre cette affaire en main, il fit confiance à Dieu pour l’élever au bon moment et de la bonne façon. Cette qualité de regarder vers Dieu, d’attendre et de faire confiance à Dieu, distingua David de son neveu Joab. Ce fut une différence de cœur qui fit la différence entre le succès ou l’échec final de ces deux hommes.

Ceux qui s’obstinent résistent ou refusent d’écouter et d’apprendre. Un jour où David fut très irrité par l’arrogance et l’insolence de Nabal, il décida de le frapper. Poussé par une colère passagère, il s’était préparé à tirer vengeance, lorsque la femme de Nabal, Abigaïl, arriva et lui fit remarquer, humblement, l’erreur qu’il était sur le point de commettre. David se fâcha-t-il contre elle, et résista-t-il à ses supplications ? Non ! Il reconnut qu’elle avait raison – et il s’excusa même. Puis, il témoigna à Dieu sa reconnaissance, car Il ne lui avait pas permis de commettre une grave erreur dans son emportement (1 Samuel 25). David avait l’humilité d’apprendre des autres ; il était bien disposé à accepter la correction. L’obstination ne résiste pas face à une telle réponse.

Néhémie 9 décrit comment, juste après la Fête des Tabernacles, le peuple de Juda s’assembla devant Dieu pour jeûner et renouveler leur alliance. En écoutant l’histoire de leur nation, il leur fut rappelé que, malgré les avertissements répétés de Dieu par Ses prophètes, ils « refusèrent d’obéir », ils « endurcirent leur cœur », et ils « se livrèrent à l’orgueil ». L’orgueil mène à l’obstination, et empêche d’accepter humblement la correction, de reconnaître ses erreurs et de changer. Est-ce notre cas ?

Dans Tite 1 :7, l’apôtre Paul donna des instructions au jeune ministre Tite, sur les qualités requises, lorsqu’il s’agissait d’établir des anciens sur une congrégation (le mot grec traduit par « évêque » signifie littéralement « surveillant »). Paul explique que celui qui est nommé à un tel poste de direction ne doit « pas être arrogant [ou obstiné] ». Plus tard, lorsque l’apôtre Pierre écrivit sa dernière Épître, il attira l’attention sur les jugements que Dieu réservera aux hommes pieux et aux impies. Il mentionna que les injustes sont « audacieux et arrogants [ou présomptueux et obstinés] » (2 Pierre 2 :9-10). L’obstination est un défaut mortel. C’est ce qui amena Joab à la mort physique. Si nous ne l’identifions pas – et si nous ne nous en détournons pas – il mènera à notre mort spirituelle !

Celui qui rejeta l’obstination à la perfection fut Jésus-Christ. La nuit de Sa dernière Pâque, alors qu’Il souffrait dans le jardin, juste avant Son arrestation, Jésus Se détourna totalement de l’obstination. Il pria : « Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » (Matthieu 26 :39). Jésus n’est pas venu sur la terre pour faire Sa volonté, mais celle du Père (Jean 6 :38). Il n’a jamais cherché Sa propre volonté, mais la volonté de Celui qui L’avait envoyé (Jean 5 :30).

Suivons-nous l’exemple de Jésus, ou celui de Joab ? Peu importe le nombre de lois du succès que nous pourrions mettre en pratique, si nous sommes obstinés, nous échouerons au final. Nous devons marcher avec foi, et laisser de côté la voie qui nous semble droite. Nous devons croire que Dieu sait ce qu’Il fait, et qu’Il accomplira Son but – même si nous ne voyons pas comment les circonstances peuvent se terminer. Si nous faisons confiance à l’Éternel de tout notre cœur, et si nous ne nous appuyons pas sur notre propre compréhension, Il amènera le succès final dans notre vie !

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