Résoudre le fléau de la pauvreté

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Y a-t-il des solutions bibliques à ce problème mondial ?
Les chiffres sont bouleversants, et les gens qui vivent dans les pays nantis imaginent, difficilement, la souffrance humaine.


Aujourd’hui, en ce 21ème siècle, près de la moitié des 6 milliards d’individus connaissent la pauvreté. Plus d’un milliard de gens vivent avec moins de 1 dollar par jour. Près de deux milliards de gens gagnent péniblement leur existence avec un revenu inférieur à 2 dollars par jour (World Bank Policy Research Working Paper 3341, Chen & Ravallion, juin 2004).

« D’une certaine façon, les injustices et les disparités du tiers de l’humanité le plus riche, qui vit dans l’abondance (principalement dans l’hémisphère Nord), et les deux tiers des plus pauvres, qui luttent pour survivre (principalement dans l’hémisphère Sud), sont non seulement dérangeantes, mais sont de plus en plus inconciliables (Religion and the Ambiguities of Capitalism, Preston, page 150). Les 20% qui constituent les riches jouissent de 72% du produit intérieur brut du monde, circulent sur 78% des grands axes mondiaux, consomment 73% des produits forestiers mondiaux, et utilisent 50% de l’énergie mondiale (Global Disorder, Harvey, page 198). De plus, ce fossé tragique, entre les riches et les pauvres du monde, continue à s’élargir chaque année ! En 1960, les revenus des 20% des personnes les plus riches étaient trente fois plus importants que ceux des 20% des plus pauvres. En 1990, les revenus du cinquième des personnes les plus aisées étaient soixante-quatorze fois plus élevés que les 20% des plus pauvres (Earth Summit 2002, Dodds, pages 135-136). Les 20% des plus riches dépensent 85% des fonds monétaires mondiaux, tandis que les 20% les plus pauvres n’ont consommé que 1,3% des dépenses mondiales.

L’interprétation de ces extrêmes n’est pas qu’une simple question d’arithmétique. L’augmentation des écarts, entre le revenu et les perspectives, menace la stabilité future de la planète, et constitue un obstacle majeur à la paix mondiale. Il y a vingt-cinq ans, une commission présidentielle américaine lançait la mise en garde suivante : « La plus grande menace d’explosion, dans le monde actuel, résulte d’un désir toujours déçu des personnes pauvres qui espèrent atteindre un standard de vie décent » (Rich Christians in an Age of Hunger, Sider, page 29. C’est nous qui traduisons tout au long de cet article). Les divisions nord-sud – entre pays riches et pauvres – ont été appelées « l’une des divisions les plus dangereuses du monde actuel » (Ibid., page 31). Des analyses récentes ont montré que « l’impossibilité d’assouvir les besoins des citoyens les plus pauvres du monde […] produit maintenant une instabilité générale, qui prend la forme de terrorisme, de guerres et de maladies contagieuses […] un monde instable ne pourra qu’entretenir la pauvreté, et menacer la prospérité que la minorité riche a produit pour elle-même » (Vital Signs 2003, The Worldwatch Institute). Le président brésilien, Luiz da Silva, a appelé la pauvreté « l’arme de destruction massive la plus importante au monde ». Robert Hervey, auteur et membre du Parlement britannique, remarqua que « la pauvreté générale reste le fléau du genre humain » avec ses quatre conséquences, la migration de masse, la famine, les maladies et les dettes », constitue l’un des défis principaux à la paix dans le monde (Global Disorder, page 197). Ce n’est pas un hasard si les Nations unies ont placé l’éradication de l’extrême pauvreté en tant que priorité majeure sur la liste des objectifs de développement de ce millénaire (State of the World 2005, Worldwatch, pages 164-165).

Mais à quoi ressemble la condition d’extrême pauvreté ? Si vous vivez dans une partie riche du monde, pouvez-vous saisir la gravité et la réalité de cette situation tragique ? Savez-vous ce qui cause la pauvreté à l’échelle mondiale ? Pourquoi est-elle persistante ? Y a-t-il réellement des solutions ? La religion – spécialement la chrétienté – est-elle concernée par cette situation sociale tragique ? Pourquoi devriez-vous être concerné ?

Une vision importante

Depuis les années 1700, les réformateurs sociaux ont entrevu un monde où la pauvreté et les souffrances humaines seraient éliminées par « les progrès scientifiques et économiques [… le développement de] la connaissance, la raison, la paix [… et] la liberté, l’éducation profane obligatoire » (An End of Poverty ?, Jones, pages 1, 26, 203). Des penseurs éclairés croyaient que les progrès technologiques, la loi de la raison et une meilleure répartition des revenus élimineraient non seulement la pauvreté, mais aussi le fléau de la guerre. Ils édifièrent le culte de la raison humaine, regardant la religion (dont le christianisme) avec méfiance et même hostilité (Civilization Past & Present, 6th edition, Wallbank, page 507). L’économiste réputé, Dr. Jeffrey Sachs, un ardent défenseur des traditions, vit dans l’élimination de la pauvreté un grand défi pour notre époque, comme il le suggère dans son livre, The End of Poverty : Economic Possibilities of Our Time. Sachs, à l’instar de ses prédécesseurs philosophes, laisse une petite place à Dieu et à la religion dans son grand projet pour éliminer la pauvreté et les maladies à l’échelle mondiale ; il espérait ainsi introduire une nouvelle ère de paix (Ibid., pages 360, 364), bien que des siècles d’efforts humains n’ont pas résolu ces problèmes.

À la lumière des faits historiques, il n’est pas surprenant que certains réalisent, aujourd’hui, que la Bible contient des informations valables quant au problème de la pauvreté mondiale. La Bible révèle d’importants enseignements sur les causes de la pauvreté, et montre comment Dieu considère la condition des pauvres. Les Écritures aussi esquissent les responsabilités que Dieu place sur ceux qui convoitent un style de vie toujours plus aisé. Dieu donna aux rédacteurs de la Bible des principes importants pour l’élimination et la prévention de la pauvreté. Malheureusement, beaucoup de gens n’ont jamais entendu parlé du moyen par lequel ce fléau sera éliminé, dans un avenir proche. Beaucoup n’ont pas conscience que le Christ est en train de préparer des chrétiens à éliminer la malédiction de la pauvreté ; ce message enthousiasmant est clairement révélé dans les pages de la Bible ! Il constitue une partie importante des bonnes nouvelles annoncées par les anciens prophètes, il est une partie importante de l’Évangile prêché par Jésus-Christ, et il est la partie principale du message que l’Église de Dieu est en train de proclamer. C’est un message d’espérance, mais c’est aussi un avertissement que le monde a besoin d’entendre et de comprendre !

Les aspects de la pauvreté

L’élimination de la pauvreté doit commencer par une compréhension de ses causes profondes, et la mise en œuvre de solutions adéquates. La pauvreté peut être définie comme étant une impossibilité à satisfaire les besoins fondamentaux d’une vie en société. La pauvreté signifie famine, errance, maisons insalubres, absence de sanitaires, peu ou pas d’accès à l’eau potable, maladies sans possibilité d’accès aux soins (ou incapacité de les payer), chômage, illettrisme et manque d’éducation.

Que signifie, au juste, être pauvre ? Une personne riche devrait pouvoir constater sur place pour comprendre vraiment. Vous imagineriez-vous quitter votre maison pour entrer dans une cabane comprenant une ou deux chambres à coucher, faites de boue et de branchages ou bien de morceaux de cartons récupérés à partir de boîtes, d’emballages, de papier ou de plastique ? Avec un peu plus de chance, vous pourriez habiter dans un vieil immeuble surpeuplé et en ruine, sans fenêtre, sans porte, sans chauffage, sans eau courante, sans réfrigérateur et sans toilettes, juste quelques caisses en guise de meubles (aucun appareil électronique, comme une télévision, un ordinateur, une radio ou un réveil). Vous n’auriez que votre vieux costume et une ou deux chemises, deux jupes et une paire de chaussures. Pas de facteur pour distribuer le courrier, ni de pompier ni d’ambulance à appeler en cas d’urgence, ni même le téléphone. Les routes de votre village et les allées conduisant à votre cabane seraient presque impraticables par temps de pluie. L’école ou la clinique la plus proche serait située à plusieurs kilomètres, et puisque vous n’auriez pas de voiture ou de bicyclette, vous devriez marcher pour vous y rendre, à condition d’être encore en assez bonne santé.

Dans votre maison, vous auriez seulement quelques denrées alimentaires, en sachant que vous dépensez jusqu’à 70% de votre maigre revenu, chaque semaine, pour nourrir votre famille. Vous êtes souvent malade, fatigué et affamé ; vous avez également eu quelques-uns de vos enfants, qui sont morts par la suite d’infections qui auraient pu être traitées, si seulement vous aviez eu accès à quelques remèdes simples et bon marché, impossibles à trouver.

Vous êtes inquiet parce que vous ne pouvez pas envoyer tous vos enfants à l’école. Vous-même, vous n’avez pas les moyens de recevoir une éducation ou une formation, et vous n’avez pas d’argent pour commencer une affaire, qui pourrait vous sortir de la pauvreté. Il y a beaucoup de moyens financiers dans votre pays, mais ils sont aux mains de votre gouvernement corrompu.

Vous avez essayé de vous déplacer vers une ville pour chercher du travail, mais vous y avez trouvé beaucoup de personnes au chômage, des quartiers pauvres, surpeuplés, la drogue ainsi que le crime. Faire la navette vers un lieu de travail est inimaginable à cause du prix des transports et du mauvais état des routes, ainsi que de l’irrégularité des transports. Vous espérez quelque chose de mieux pour vous-même et pour votre famille, mais vous n’avez pas assez de ressources pour déménager ailleurs où l’on vit mieux. En fin de compte, votre vision de l’avenir est sans espoir.

Des millions de gens sont pris au piège du fléau de la pauvreté, dans lequel ils vivent jour après jour.

Les causes fondamentales

Les gouvernements et les organisations philanthropiques ont, durant des siècles, lutté pour éliminer le fléau de la pauvreté, mais sans grands résultats. Dans les années 60, les États-Unis lancèrent une « croisade contre la pauvreté », cela faisait partie du programme du président Lyndon Johnson, qui lança l’idée de créer « une grande société ». Mais aujourd’hui, quarante ans plus tard, les États-Unis ont encore 35 millions de citoyens vivant sous le seuil de pauvreté. Les programmes d’aides sociales offrent, temporairement, des secours aux plus pauvres et aux nécessiteux, mais cela encourage souvent une « mentalité d’assistés sociaux », qui tente les bénéficiaires à se tourner vers le gouvernement, pour subvenir à tous leurs besoins. Certains militants sociaux et religieux condamnent les dépenses militaires, et demandent à prendre en considération la situation des gens pauvres, ils apportent au moins quelques solutions pratiques, qui vont au-delà des simples bonnes paroles comme « aimez votre prochain » ou « soyez généreux » (The Observer, 26 décembre 2004).

En 2005, les dirigeants du Royaume-Uni lancèrent une campagne pour « faire de la pauvreté un souvenir historique ». Le temps dira s’ils y parviendront, mais l’expérience montre que, tout comme les tentatives précédentes, celle-là sera certainement vouée à l’échec.

La plupart des efforts humains en ce domaine ont échoué parce qu’ils ne s’attaquent pas aux racines profondes du problème. La redistribution des revenus _ en prenant l’argent des riches pour le donner aux pauvres _ ne résoudra pas le problème. Cette approche encourage la dépendance de la majorité pauvre qui ponctionnera toujours davantage la minorité aisée, lassée d’être sans cesse sollicitée (voir « The Creation of Wealth : À Christian’s Case for Capitalism, Griffiths, pages 12-13). Les budgets gouvernementaux successifs n’ont pas solutionné le problème, et les prélèvements intensifs sur les revenus (comme cela se fait dans l’Union européenne) empêchent l’économie de croître.

La libération des marchés est capable de produire de grandes richesses, mais un marché libre qui ne s’appuie pas sur des principes moraux stricts, encourage la cupidité impitoyable, et conduit à un « capitalisme prédateur » qui accentue le fossé entre riches et pauvres (Religion & Ambiguities of Capitalism, Preston, pages 145-146). Les lois gouvernementales, qui garantissent un salaire minimum, fournissent un accès équitable aux emplois, versent des allocations dans certains cas, donnent des tickets de nourriture en cas de pénurie, et qui ont une médecine sociale, contribuent à alléger certaines souffrances dues à la pauvreté, mais ne s’attaquent pas encore aux causes fondamentales du problème.

La Bible, par contre, a une approche différente en insistant sur ce qui motive fondamentalement les actions. Voici le commentaire intéressant du professeur Peter Bauer : « Sortir le monde de la pauvreté […] ne nécessite pas une formation de haut niveau. Cela demande un changement dans les attitudes » (Equality, the Third World and Economic Delusion, page 248). Les Écritures indiquent qu’un manque de prudence, une attitude irresponsable qui détruit le développement d’initiatives ou de projets d’avenir, peuvent conduire à la pauvreté (Proverbes 6 :6-11 ; 21 :13 ; 24 :30-34). Des décisions impulsives et inadéquates peuvent aussi mener à la pauvreté (Proverbe 21 :5). Certains passages des Écritures indiquent également qu’une certaine pauvreté est la conséquence d’un traitement injuste et oppressif des pauvres par les riches, et de la cupidité ou de l’indifférence des gouvernants, ou des responsables de l’économie, de la religion et des institutions. Les prophètes de Dieu ont mis en garde contre cette injustice économique ; les gens vivant dans le luxe et qui ignorent les besoins des pauvres peuvent provoquer la colère de Dieu (Jérémie 7 :5-7 ; Amos 4 :1-3 ; 5 :11-13 ; Malachie 3 :5). Beaucoup oublient que Dieu n’a pas seulement détruit la cité pécheresse de Sodome à cause de ses perversions sexuelles (Genèse 19 :4-7), mais aussi pour d’autres raisons importantes. Nous lisons : « Voici quel a été le crime de Sodome, ta sœur. Elle avait de l’orgueil, elle vivait dans l’abondance […] et elle ne soutenait pas la main du malheureux et de l’indigent » (Ézéchiel 16 :49).

La Bible et l’Histoire montrent que l’égoïsme, l’oppression économique et l’injustice devinrent prépondérants dans l’ancien Israël, lorsque les Israélites oublièrent Dieu, ignorèrent Ses instructions et Ses lois données à Moïse. Ses instructions comprenaient des règles spécifiques pour la protection du pauvre et du nécessiteux. Dieu dit à Moïse : « Si tu prêtes de l’argent à mon peuple, au pauvre qui est avec toi […] Tu n’exigeras de lui point d’intérêt. Si tu prends en gage le vêtement de ton prochain, tu le lui rendras avant le coucher du soleil » (Exode 22 :25-26). Il a dit aussi : « Si ton frère devient pauvre, et que sa main fléchisse près de toi, tu le soutiendras […] Tu ne tireras de lui ni intérêt ni usure […] Tu ne lui prêtera point ton argent à intérêt, et tu ne lui prêteras point tes vivres à usure » (Lévitique 25 :35-37). Dieu ajoute : « S’il y a chez toi quelque indigent d’entre tes frères […] tu n’endurciras point ton cœur et tu ne fermeras point ta main devant ton frère indigent. Mais tu lui ouvriras ta main, et tu lui prêteras de quoi pourvoir à ses besoins » (Deutéronome 15 :7-8). Ces instructions excluaient l’exploitation du pauvre et des serviteurs, et ordonnaient aux riches d’être généreux envers ceux qui étaient dans le besoin.

Il est intéressant de noter qu’au Moyen Age, des théologiens (se basant sur des idées empruntées au philosophe païen Aristote) débattirent intensément sur ces versets et conclurent, erronément, qu’il était mauvais de prendre un intérêt sur les prêts. En fait, le terme usure se réfère à une charge excessive d’intérêt (Preston, pages 135-142). «The Expositor’s Bible Commentary » fait ressortir ces versets comme suit : « L’intention de ces versets n’est pas d’interdire les prêts commerciaux mais la lourde charge des intérêts, afin de ne pas tirer profit de notre entourage, qui serait financièrement en difficulté » (voir commentaires sur Néhémie 5 :7 et Lévitique 25 :35-37). Le bon fonctionnement des systèmes économiques dépend beaucoup de ce principe.

Beaucoup d’enseignements bibliques, en faveur de la protection du pauvre, reflètent la bonté de Dieu. De nombreux passages bibliques montrent que Dieu prend soin de ceux qui sont faits à Son image, et qu’Il punira ceux qui oppriment, exploitent ou ignorent les besoins du pauvre. David écrivit : « L’Éternel est élevé au-dessus de toutes les nations […] De la poussière il retire le pauvre, du fumier il relève l’indigent […] Il jugera ton peuple avec justice, et tes malheureux avec équité […] Il fera droit au malheureux du peuple, il sauvera les enfants du pauvre, et il écrasera l’oppresseur » (Psaume 113 :4-7 ; 72 :1-4). Salomon répéta également cet avertissement : « Ne dépouille pas le pauvre, parce qu’il est pauvre, et n’opprime pas le malheureux à la porte ; car l’Éternel défendra leur cause, et il ôtera la vie à ceux qui les auront dépouillés » (Proverbes 22 :22-23). L’apôtre Paul a néanmoins mis l’accent sur l’importance de la responsabilité personnelle : « Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus » (2 Thessaloniciens 3 :10).

La Bible donne un avertissement spécial aux dirigeants parce qu’ils ont un impact important sur les gens qu’ils dirigent. « Un prince sans intelligence multiplie les actes d’oppression, mais celui qui est ennemi de la cupidité prolonge ses jours […] Quand le méchant domine, le peuple gémit […] Le juste connaît la cause des pauvres, mais le méchant ne comprend pas la science » (Proverbes 28 :16 ; 29 :2, 7). Des milliards de gens aujourd’hui, souffrent des effets douloureux de la pauvreté parce que leurs dirigeants ne pratiquent pas ces instructions fondamentales, faciles à comprendre, que Dieu enregistra il y a bien longtemps, dans la Bible.

Des principes puissants

Lorsque vous étudiez le problème de la pauvreté du point de vue biblique, vous en arrivez à faire de très intéressantes découvertes. Les lois de l’Ancien Testament ont été mises à l’écart par « le courant de pensée de la majorité », mais la chrétienté, actuellement, écarte les principes importants destinés à éviter certains problèmes majeurs du monde, y compris l’exploitation des travailleurs bon marché, l’écart disproportionné entre riches et pauvres, les problèmes de la malnutrition et le maintien d’économies chancelantes rendues fragiles à cause de leur surendettement.

Dans Sa sagesse, Dieu ordonna l’observance du septième jour de la semaine, le sabbat (Exode 16 :23-30). Le sabbat n’est pas seulement un jour de culte, il est aussi un jour de repos, même pour les laboureurs au plus fort de leurs travaux (Exode 20 :8-11). Le sabbat doit éviter l’exploitation des serviteurs et des ouvriers salariés. Personne ne devrait être obligé de travailler sept jours par semaine ; même les plus pauvres doivent bénéficier d’un jour de repos. Il était dans les intentions de Dieu que la nation modèle d’Israël soit bénie pour servir d’exemple au monde (Exode 31 :12-18).

Dieu a également institué une « année sabbatique », qui revient tous les sept ans (Exode 23 :10-13). Durant la septième année, les champs étaient laissés en jachère (une sorte de « sabbat de la terre » pour régénérer le sol). Pendant cette année-là, les pauvres pouvaient manger tout ce qui poussait sur ces champs (Lévitique 25 :2-7). Cette septième année était appelée une « année de relâche », parce que toutes les dettes étaient remises, et tous les esclaves étaient libérés avec suffisamment de ressources pour reprendre un nouveau départ, dans la vie (Deutéronome 15 :1-15). Si ce principe était suivi aujourd’hui, le poids de la dette créée par le fléau de la famine pourrait être retiré des épaules de milliards de gens, de par le monde, et leur donnerait un nouveau départ dans la vie, l’occasion de repartir à zéro !

Tous les cinquante ans, un « jubilé » était instauré (Lévitique 25 :8-17). Pendant l’année du jubilé, toutes les terres qui avaient été vendues devaient être restituées à leur propriétaire d’origine. Ce principe évitait le cumul des terres aux mains d’une minorité d’individus aisés (voir Ésaïe 5 :8). Aujourd’hui, hors de ce principe, des millions et des millions de gens vivent sans terre, ce qui les rend dépendants des caprices des propriétaires fonciers. Le professeur Ronald Sider comprit les conséquences positives du retour des terres à leurs propriétaires, durant l’année du jubilé : « Dans une société agraire, la terre est capitale. C’était le moyen principal de produire de la richesse […] au début [quand Dieu établit la nation d’Israël] le pays avait été divisé plus ou moins équitablement, suivant l’importance des tribus et des familles » (Nombres 26 :52-56). Apparemment, Dieu désirait que cette égalité de base continue. Pour cela, Il ordonna que les terres retournent à leurs propriétaires d’origine tous les cinquante ans. La propriété privée n’était pas abolie, mais les moyens de production de la richesse étaient rééquilibrés régulièrement » (Christians in an Age of Hunger, Sider, page 80). Sider poursuit : « Des handicaps physiques, la mort du soutien de famille ou un manque naturel d’habileté, de compétence, pouvaient conduire certaines personnes à devenir plus pauvres que les autres. Mais Dieu ne désirait pas que de tels désavantages augmentent sans cesse le fossé entre la richesse et la pauvreté. C’est pour cela qu’Il donna à Son peuple une loi qui rééquilibrait les possessions des terres tous les cinquante ans […] le concept biblique du jubilé souligne l’importance de mécanismes institutionnalisés et de structures qui encouragent la justice » (Ibid.).

En plus du principe du sabbat et du jubilé, les lois autorisaient à glaner les bords des champs qui n’avaient pas été moissonnés. Ils étaient laissés aux pauvres pour qu’ils puissent amasser de la nourriture ; ce n’était pas simplement une « distribution occasionnelle » (Lévitique 19 :9-10). Dieu institua aussi un système de dîmes pour pourvoir aux besoins spirituels et physiques. La première dîme (10% des revenus) était destinée aux prêtres et aux Lévites, les chefs spirituels, les enseignants et les administrateurs civils de la nation. Une seconde dîme était retenue par chaque chef de famille pour observer les Jours saints annuels (Deutéronome 14 :23-26). Une troisième dîme (10% versés à la troisième et sixième année d’un cycle de 7 années), était utilisée pour supporter les veuves, les orphelins et les pauvres (Deutéronome 14 :28-29). Avec ces dispositions, Dieu procura et organisa un système de soutien aux nécessiteux ; la plupart des gens versaient annuellement 20% des dîmes (puisque la seconde dîme était toujours réservée aux besoins personnels au cours des Jours saints). Comparez cela aux barèmes des taxations modernes. Voilà un changement qui serait le bienvenu pour la majorité des gens, qui payent beaucoup plus afin de subvenir aux grandes dépenses des gouvernements actuels.

Un avenir prometteur

Beaucoup de prétendus chrétiens croient que ces principes bibliques, à caractère sociaux et économiques, ne sont plus d’aucun intérêt. Ils croient que le but de la vie sera atteint après leur mort, lorsqu’ils planeront dans les cieux, loin des problèmes du monde. Mais la Bible enseigne quelque chose de tout à fait différent ! Jésus-Christ prêcha un Royaume de Dieu à venir (Marc 1 :14-15). Ce Royaume sera établi sur la terre pour mille ans, lorsque le Christ reviendra avec Ses saints pour gouverner toutes les nations (Apocalypse 1 :6 ; 5 :10 ; 11 :15-18 ; Daniel 2 :44-45 ; 7 :27).

En révélant que Sa mission était de prêcher l’Évangile aux pauvres pour guérir ceux qui ont le cœur brisé […] proclamer aux captifs la délivrance », Jésus citait le prophète Ésaïe (Luc 4 :18-19 ; Ésaïe 61 :1-2). Ésaïe a été surnommé « le prophète messianique », parce qu’un grand nombre de ses prophéties détaillées concernaient le Royaume de Dieu. Il écrivit « qu’il arrivera, dans la suite des temps », que le Messie reviendra établir un gouvernement mondial à Jérusalem et qu’Il commencera à enseigner à toute l’humanité un nouveau mode de vie, « car de Sion sortira la loi, et de Jérusalem la parole de l’Éternel. Il sera le juge des nations » (Ésaïe 2 :2-4).

À cette époque, les lois et les principes exposés dans cet article seront expliqués à toutes les nations. Ils deviendront la structure et le fondement d’un système économique, qui transformera le monde. Lorsqu’elles seront activées, ces instructions auront pour effet d’arrêter l’exploitation du pauvre. Le fossé entre les riches et les pauvres commencera à disparaître, et le fléau de la pauvreté sera éliminé. Les véritables chrétiens ont été appelés à préparer ce Monde de Demain (Ésaïe 30 :20-21), et à changer le cours de l’Histoire, lorsque Jésus-Christ reviendra sur la terre. Cette bonne nouvelle nous montre comment le fléau de la pauvreté sera éradiqué et annonce l’époque, au cours de laquelle l’opprimé sera finalement libéré. Cette bonne nouvelle est notre véritable espérance. Si vous vous préparez maintenant, vous prendrez part à ce futur qui relèguera la pauvreté au rang des fléaux du passé !

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