Verdun : 1916-2016

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Le 21 février 1916, les premiers coups de canon allemands retentissaient dans la plaine de Verdun, en Lorraine. Personne ne savait encore que cette « bataille » allait marquer l’Histoire, à cause de sa durée, de son intensité, du nombre de morts et surtout de son inutilité, car en fin de compte, les deux camps restèrent à peu près sur leurs positions de départ.


 

Comment cette bataille a-t-elle pu s’éterniser, en causant plus de 2000 morts par jour pendant dix longs mois ?  Voyez ce qu’a écrit l’historien John Keegan concernant Verdun :

« Les plans mis au point sans tenir compte des intentions ennemies ont généralement toutes les chances d’échouer. C’est ce qui va se passer en 1916 […] Falkenhayn [chef d’état-major dans l’armée allemande], ayant conclu à tort que les Russes étaient défaits après la série de victoires allemandes […] met également au point une vaste expédition punitive contre les Français à Verdun » (La Première Guerre mondiale, éditions Perrin, page 343, traduction Noëlle Keruzoré).

L’objectif du général allemand était « de décourager la Grande-Bretagne sur laquelle repose la puissance industrielle et maritime de l’Alliance » (ibid., page 344). Pour cela il fallait bien attaquer quelque part, mais considérant les positions britanniques en Méditerranée sans intérêt et le front de l’Ouest trop solide, il en conclut que la France était l’objectif idéal pour affaiblir l’Alliance :

« La solution réside en une offensive limitée sur un point névralgique qui “obligerait les Français à engager tous les hommes à leur disposition. S’ils le font, les forces françaises seront saignées à blanc.”

Falkenhayn a déjà ce “point névralgique” en tête : il s’agit de la forteresse de Verdun… » (ibid., page 344).

Ainsi, la technique de l’armée allemande n’était pas tant de s’emparer du saillant de Verdun, mais surtout d’engager une guerre d’usure afin de « saigner à blanc » l’armée française. En fin stratège, le général allemand avait aussi prévu de provoquer l’orgueil des Français afin qu’ils engagent toutes leurs forces dans la bataille. Objectif réussi : le général français Castelnau « décide que les positions avancées doivent être tenues » et il « considère Verdun comme un test de la capacité de son pays à soutenir la défense du territoire national […] La décision qu’il prend ce jour-là est celle que Falkenhayn espérait sûrement » (ibid., page 348).

Mais le piège finira par se refermer sur les assaillants allemands, car Falkenhayn « n’a pas tenu compte de la ferveur montrée par les Français. Déjà le 27 février, les Allemands n’enregistrent plus “aucun succès nulle part” » à Verdun (ibid., page 349). Même dans les guerres et les atrocités, la parole divine s’avère toujours exacte : « Celui qui creuse une fosse [un piège] y tombe, et la pierre revient sur celui qui la roule » (Proverbes 26 :27).

Avant de tourner à l’avantage des Français, au prix de pertes considérables, cette guerre de positions s’éternisa en grande partie à cause du cynisme de certains généraux et de leur mépris pour la vie humaine. Voyez plutôt le règlement écrit pour l’occasion par Joffre, aidé de quelques officiers :

« “Pour vaincre, il faut rompre par la force le dispositif de combat de l’adversaire. Cette rupture exige des attaques poussées jusqu’au bout, sans arrière-pensées. Elle ne peut être obtenue qu’au prix de sacrifices sanglants…”

“Seul le mouvement en avant, poussé au corps à corps, est décisif et irrésistible […] au prix d’efforts prolongés et souvent renouvelés, d’une énorme dépense d’énergie physique et morale, et de sacrifices sanglants” » (“Quelques vérités dérangeantes sur 14-18”, France Inter, 11 novembre 2006).

À la lecture de ce règlement qui fait peu de cas de la vie humaine, l’expression de « chair à canon » prit tout son sens au cours de cet affrontement aussi inutile qu’inhumain dans les plaines de Verdun. L’histoire se répétera pendant la bataille de la Somme (juillet-novembre 1916) et celle du Chemin des Dames, dans l’Aisne (avril-octobre 1917).

Un bilan catastrophique

Entre février et décembre 1916, plus de 146.000 Français et 140.000 Allemands furent tués. On comptera aussi plus de 400.000 blessés dans les deux camps, dont beaucoup de « gueules cassées », ces soldats défigurés dont la vie sera souvent brisée jusqu’à leur mort.

Même lorsque les blessures n’étaient pas directement visibles, l’utilisation d’armes chimiques comme le gaz moutarde, le chlore ou le phosgène brûlèrent les poumons d’un grand nombre de soldats qui moururent après quelques années de souffrance.

D’autres ne furent pas blessés physiquement, mais la violence des combats et les scènes quotidiennes d’horreur provoquèrent chez eux des séquelles psychologiques irréversibles, pouvant aller jusqu’à la folie totale. La plupart du temps, les victimes durent supporter jusqu’à leur mort ce phénomène désormais connu sous le terme de trouble du stress post-traumatique (TSPT).

Pendant « 300 jours et 300 nuits de combats acharnés, effroyables », 26 millions d’obus furent tirés par les artilleries des deux camps – soit une moyenne de « 6 obus au m² » ! Enfin, on a dénombré « environ 300.000 soldats français et allemands portés disparus. L’ossuaire garde en son sein les restes des soldats morts sur le champ de bataille afin de préserver leur souvenir » (verdun-douaumont.com, décembre 2015).

Le chemin de la paix

À l’occasion du centenaire de la bataille de Verdun, avons-nous appris la leçon afin de créer un monde plus paisible ? Ou reproduisons-nous toujours les schémas du passé ?

Avec la hausse du terrorisme, les troubles au Moyen-Orient, les ambitions croissantes de la Chine et de la Russie, et bien d’autres facteurs, de nombreux analystes politiques et militaires estiment que le monde est désormais au bord d’une Troisième Guerre mondiale.

En citant le prophète Ésaïe, l’apôtre Paul écrivit que les hommes « ont les pieds légers pour répandre le sang ; la destruction et le malheur sont sur leur route ; ils ne connaissent pas le chemin de la paix » (Romains 3 :15-17). Pourquoi ? Car « la crainte de Dieu n’est pas devant leurs yeux » (verset 18).

La Bible révèle à plusieurs reprises que la « crainte de Dieu » (le fait de Lui obéir et de Le respecter) est la seule façon de procurer la paix. « Il y a beaucoup de paix pour ceux qui aiment ta loi, et il ne leur arrive aucun malheur » (Psaume 119 :165). Après le retour du Christ, le Prince de la paix (Ésaïe 9 :5), les hommes transformeront leurs armes en outils agricoles et pour la première fois dans l’histoire de l’humanité « une nation ne tirera plus l’épée contre une autre, et l’on n’apprendra plus la guerre » (Ésaïe 2 :4).

Mais avant cette époque de paix, « vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres : gardez-vous d’être troublés, car il faut que ces choses arrivent… » (Matthieu 24 :6).

Nous pouvons malgré tout avoir de l’espoir car le Christ est sur le point de revenir, même si beaucoup de moqueurs n’y croient pas (2 Pierre 3 :3-4). Il mettra fin à la Troisième Guerre mondiale qui se profile à l’horizon en empêchant l’humanité de s’exterminer elle-même, poussée par les mêmes passions qui ont déclenché la bataille de Verdun et toutes les autres guerres.

Le Christ établira alors un règne de paix, à l’échelle mondiale, qui n’aura pas de fin (Luc 1 :32-33 ; Ésaïe 9 :6). C’est la bonne nouvelle de l’Évangile et le seul espoir de survie de l’humanité.

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