Cannabis : y a-t-il une bonne raison d’en consommer ?

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Dans la deuxième partie de cet article, nous examinons les arguments présentés affirmant que la légalisation de cette drogue serait bénéfique pour les individus et pour la société.


Notre société occidentale est méconnaissable pour toute personne née il y a une cinquantaine d’années. De nos jours, les valeurs, les comportements et les divertissements sont à l’opposé de ce qui était acceptable au milieu du 20ème siècle. La légalisation croissante du cannabis pour un usage récréatif conduit à un éloignement encore plus grand des anciennes valeurs.

Dans le numéro précédent du Monde de Demain, nous avons noté deux raisons principales mises en avant pour la légalisation du cannabis (voir article “Cannabis : ce qu'on vous cache”). La première est que la société accepte de plus en plus que le cannabis soit une drogue douce et que sa légalisation ne devrait donc pas causer de tort. La seconde est que des ressources et des efforts importants sont déployés pour faire appliquer la loi contre l’usage des drogues, avec semble-t-il peu de résultats, et que le statut illégal du cannabis permet au crime organisé de faire des grands profits. Beaucoup de gens pensent que si le cannabis était légalisé, ces ressources pourraient être utilisées ailleurs, et les bénéfices de la vente de drogue n’iraient plus dans la poche des criminels, mais qu’ils pourraient servir à l’État.

Nous avons également vu qu’une immense partie du corps de la recherche médicale a prouvé que le cannabis était loin d’être inoffensif. Les résultats des études montrent que cette drogue provoque une perte de la motivation, particulièrement chez les jeunes, suite à la baisse de la dopamine dans le cerveau. Le cannabis contribue directement à des niveaux d’addiction plus élevés et des cas de dysfonctionnements cérébraux (baisse de la mémoire, de la concentration et du raisonnement, provoquant un déclin des résultats scolaires). Même les sites Internet des agences sanitaires gouvernementales contiennent de nombreux avertissements contre le cannabis. Santé Canada publie ainsi des recherches montrant un risque accru de psychose et de schizophrénie, ainsi que des dangers sérieux pour les fœtus des mères qui en consomment.

Cette drogue n’est pas inoffensive. Mais qu’en est-il du second argument avancé par ses partisans ?

 

La légalisation réduirait-elle le crime et la consommation ?

Un argument clé en faveur de la dépénalisation suppose que la légalisation de cette drogue détruirait une des principales sources de revenus du crime organisé. Légaliser le cannabis permettrait de diminuer fortement le contact entre les consommateurs et les réseaux criminels, réduisant ainsi le risque d’approcher des drogues plus dures.

Si le cannabis n’était plus illégal, cela engendrerait bien entendu une baisse des infractions (les comportements ne changeraient pas, ils deviendraient juste “légaux”), mais cela ne signifie pas que le marché des drogues illégales serait affecté de façon significative.

En dépit de l’assouplissement des lois concernant le cannabis et la possibilité de s’en procurer dans des commerces ayant pignon sur rue, la consommation des autres drogues n’a pas diminué. Malgré une plus grande disponibilité et un risque moindre de condamnation, la prise de drogues encore plus dangereuses a augmenté. De nombreuses études montrent que le cannabis est une « drogue passerelle » vers des substances plus dangereuses. Que le cannabis devienne légal ou non, le crime organisé profitera de l’augmentation de sa consommation.

Dr Robert Dupont, le premier directeur de l’Institut national sur la prise de drogues a fait la remarque suivante :

« Les gens qui prennent du cannabis consomment également davantage, pas moins, de drogues légales et illégales que ceux qui ne prennent pas de cannabis […] Légaliser le cannabis aura des effets négatifs durables sur les futures générations. Les drogues légales actuelles, l’alcool et le tabac, sont les deux principales causes de maladies et de mort qui pourraient être évitées dans le pays. Ajouter le cannabis, en tant que troisième drogue légale, augmentera le problème national de consommation de drogues, dont l’épidémie grandissante des opiacées » (“La marijuana est une drogue passerelle”, New York Times, 26 avril 2016).

La recherche et le bon sens montrent que la légalisation du cannabis ne diminuera pas, mais qu’elle renforcera le crime organisé et la consommation de drogue. Ceux qui cherchent à s’évader en absorbant du cannabis sont beaucoup plus susceptibles de chercher des sensations encore plus fortes avec d’autres substances.

Plus tôt dans ma carrière, j’ai travaillé en tant qu’administrateur au sein d’une institution scolaire de plus de 80.000 étudiants. Un des aspects de cet emploi que j’aimais le moins étaient de présider les auditions avant l’expulsion d’un étudiant. D’après mon expérience, la grande majorité des situations impliquaient la consommation de drogues, souvent de la méthamphétamine, de l’ecstasy ou du crack. Dans presque tous les cas, le jeune incriminé avait commencé avec du cannabis. Légal ou pas, c’est une « drogue passerelle » vers les drogues dures, avec tous les drames et les problèmes que cela engendre. Légaliser les drogues récréatives conduira à une société plus faible et plus violente, dont le seul « espoir » sera de réussir à s’évader artificiellement.

Dans certains États américains, la légalisation a engendré une hausse de 400% des interventions liées au cannabis dans les services d’urgences, comme le rapporte Dr G. S. Wang, du département de pédiatrie de l’université du Colorado (TorontoSun.com, 8 mai 2017).

Plusieurs études en Amérique du Nord ont montré que lorsque le cannabis est légalisé, ou sur le point de l’être, les gens pensent que le gouvernement affirme que le cannabis est une substance inoffensive. Cependant, les consommateurs sont rarement conscients de la puissance du cannabis actuel – la concentration de l’ingrédient hallucinogène (tétrahydrocannabinol ou THC) est cinq fois supérieure à ce qu’elle était dans les années 1960.

 

L’usage thérapeutique

Pendant la majeure partie du siècle dernier, le cannabis était une drogue illégale ou restreinte. Cela rendait difficile les recherches sur ses éventuelles propriétés médicales. Sous la pression du lobby pro-cannabis, plusieurs États américains et le Canada ont dépénalisé le cannabis pour des usages « médicaux » et ils ont autorisé sa culture pour une distribution dans le cadre médical. Dans certaines juridictions, un individu peut avoir le droit de cultiver un nombre limité de plants de cannabis s’il a le droit d’en consommer à titre « thérapeutique ».

Le corps médical appelle à la plus grande prudence au sujet de ce qu’il qualifie d’application prématurée de cannabis thérapeutique. Des médecins ont soulevé plusieurs inquiétudes concernant la prescription du cannabis à des fins médicales.

  1. Le manque d’études identifiant les conditions médicales répondant positivement à un ingrédient du cannabis. Très peu d’études scientifiques et de recherches reproductibles identifient une condition médicale spécifique qui pourrait être traitée avec du cannabis. Les anecdotes, les opinions personnelles et les ouï-dire ne sont pas suffisants pour établir des prescriptions médicales.
  2. Le manque d’études et d’essais cliniques définissant les dosages. Il y a encore beaucoup à faire pour identifier quels ingrédients du cannabis devraient être prescrits et quel devrait être le dosage correct de cet ingrédient, en fonction du poids, de l’âge, du sexe et de la gravité de la condition du patient.
  3. Le manque d’études sur l’interaction du cannabis avec les autres médicaments. Avant de prescrire une thérapie en toute sécurité, les médecins doivent disposer des informations nécessaires concernant les interactions possibles entre les médicaments. Dans le cas contraire, cela peut avoir des conséquences graves – voire mortelles.
  4. Le manque de régularité dans la concentration de l’ingrédient médicinal. Pour l’instant, les cultivateurs de cannabis ne sont soumis à aucune réglementation qui régirait des règles de pureté et de stabilité dans la concentration des ingrédients « médicinaux ». Les échantillons peuvent varier de façon significative en termes d’ingrédients actifs.

 

La précipitation actuelle dans la mise sur le marché du « cannabis thérapeutique » et sa disponibilité pour les utilisateurs est prématurée, voire irresponsable de la part des législateurs. L’Association médicale américaine (AMA) – opposée à la légalisation du cannabis pour des raisons médicales – insiste sur la nécessité de conduire des études pharmacologiques avant que l’État ne l’autorise comme médicament. D’autres substances doivent subir des tests rigoureux, mais la précipitation concernant le cannabis est qualifiée d’irresponsable par les scientifiques. Notez la clause suivante dans le programme de l’AMA :

« L’AMA recommande que le statut du cannabis, en tant que substance contrôlée de catégorie fédérale I, soit révisé avec l’objectif de faciliter la conduite de recherche et de développement clinique des médicaments à base de cannabinoïdes, et des mises en application alternatives. Cela ne devrait pas être vu comme une approbation des programmes étatiques sur le cannabis médical, la légalisation du cannabis, ou comme une preuve scientifique que l’usage thérapeutique du cannabis répond aux règles actuelles de prescription d’un produit médicamenteux » (CSA Rep. 6, A-01).

Dans une lettre adressée à la ministre canadienne de la Santé de l’époque, l’Association médicale canadienne (AMC) avait aussi déclaré qu’il « existe toujours peu de données probantes sur l’efficacité de la marijuana sous forme d’herbe… » (Lettre à la ministre Aglukkaq, 28 février 2013). Quelques mois plus tard, l’AMC publia la déclaration suivante :

« L’AMC [considère qu’il] existe peu de données scientifiques sur son innocuité, son efficacité, ses bienfaits et les risques [que ce produit] entraîne […] L’AMC a préconisé des recherches plus poussées sur les avantages de la marijuana pour la santé, les risques qu’elle présente et ses utilisations comme traitement médical » (“La marijuana à des fins médicales”).

Les associations de médecins résistent à l’utilisation du soi-disant « cannabis médical », car il existe très peu de preuves cliniques sur l’efficacité de cette drogue. Quelques résultats semblent indiquer qu’un des ingrédients, le cannabinol, pourrait potentiellement servir à traiter les crises d’épilepsie. Cependant, des études supplémentaires sont nécessaires pour définir les dosages appropriés, les effets secondaires et d’autres informations, avant que les médecins puissent déontologiquement en prescrire. Pour ceux qui insistent sur les bénéfices thérapeutiques du cannabis, ces médecins répondent que des médicaments, dont le dosage est précisément contrôlé, existent déjà : le dronabinol (Marinol®) et le nabilone (Cesamet®). Les médecins peuvent déjà prescrire ces deux produits, bien qu’ils manquent tous deux de recherches appropriées. Pourquoi un tel engouement pour la marijuana thérapeutique ? Cela viendrait-il du fait que les médicaments approuvés et contrôlés cliniquement permettent certes au THC d’agir sur l’organisme, mais sans procurer de « sensations fortes » à l’utilisateur ? Après la légalisation du cannabis, il est légitime de se demander pendant combien de temps le « cannabis thérapeutique » sera réclamé. L’aspect « médical » est peut-être davantage une excuse que la réalité.

 

Une raison plus profonde derrière toutes choses – y compris la vie !

En conclusion, voici quelques lignes extraites d’un éditorial paru dans le Journal de l’Association médicale canadienne. Suite à la loi C-45, destinée à légaliser le cannabis au Canada à partir du 1er juillet 2018, Dr Kelsall a écrit :

« En résumé, les jeunes ne devraient pas consommer de cannabis. C’est toxique pour leurs réseaux neuronaux corticaux, avec des changements à la fois fonctionnels et structurels observés dans le cerveau des jeunes qui consomment régulièrement du cannabis. Le Centre de toxicomanie et de santé mentale a déclaré sans équivoque que “le cannabis n’est pas une substance inoffensive et ses dommages causés à la santé augmentent avec la fréquence de consommation” » (“La législation sur le cannabis ne protège pas la jeunesse canadienne”, 29 mai 2017).

Les dirigeants politiques devraient être motivés par le bien-être des citoyens, mais ceux qui cèdent aux groupes hédonistes – ou à ceux qui ont des intérêts commerciaux, en vendant leurs produits dans des emballages attrayants – sont parfois plus intéressés par leurs propres intérêts que par ceux de la nation.

La consommation de cannabis a longtemps été illégale dans une grande partie du monde pour une bonne raison : comme la science le montre clairement, cette substance cause du tort à ses consommateurs et à leur pays. Le cannabis et les drogues similaires, parfois plus meurtrières, volent le potentiel des consommateurs, laissant derrière eux des vies et des rêves brisés. La perte de ce potentiel humain, à cause du cannabis et des autres substances affectant le cerveau, est énorme.

Jadis, un homme très éduqué et désormais célèbre citoyen romain – qui avait détenu un poste d’autorité très recherché par les dirigeants de  son époque – écrivit à un jeune ministre du culte en lui donnant des conseils sur la façon dont une personne, jeune ou âgée, peut obtenir une vie productive et gratifiante. Cet homme, l’apôtre Paul, a écrit à son jeune collègue grec du nom de Tite :

« Exhorte de même les jeunes gens à être modérés, te montrant toi-même à tous égards un modèle de bonnes œuvres, et donnant un enseignement pur, digne, une parole saine, irréprochable, afin que l’adversaire soit confus, n’ayant aucun mal à dire de nous » (Tite 2 :6-8).

C’est tout l’opposé d’être drogué, en plein « trip », ivre ou dans tout autre état indiquant une perte de contrôle de son esprit. La maîtrise de soi est une des caractéristiques essentielles pour le bonheur et la réussite. La sagesse inspirée de la Bible insiste sur les bénédictions découlant du fait de contrôler en permanence nos pensées : « Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi ; la loi n’est pas contre ces choses » (Galates 5 :22-23).

Si une personne est ivre ou dans un état second à cause d’une drogue altérant son esprit, il lui est impossible d’exercer la maîtrise de soi. Dans un tel état, il y a un risque élevé de commettre des actions ou de prononcer des paroles que l’individu pourrait regretter toute sa vie. Les addictions peuvent détruire une famille, une carrière, une réputation et un potentiel. Un esprit sobre offre une protection inestimable.

Alors que nous entrons dans la période la plus difficile et la plus dangereuse de l’Histoire mondiale – avec des nations qui rejettent Dieu et Sa parole – nous devons être sur nos gardes et rester sobres afin d’affronter cette époque difficile avec sagesse. Cela nous permettra de faire face au désastre que les changements sociétaux apporteront bientôt dans nos pays. Comprendre cette réalité et vivre avec modération, selon les instructions divines, seront une source de protection pendant l’époque à venir. Jésus-Christ Lui-même a prévenu que les excès de table, l’ivrognerie et les soucis de ce monde seraient une distraction vers la fin de cette ère (Luc 21 :34-36).

C’est une tragédie lorsque des personnes, jeunes ou âgées, cherchent à se faire plaisir en « s’évadant ». Notre esprit humain est un trésor, brillamment conçu par un grand Créateur qui planifie d’offrir à l’humanité un avenir formidable, avec un potentiel impossible à imaginer sur le plan humain. Aucune substance dans l’univers ne peut nous faire connaître, ne serait-ce qu’un peu, le formidable épanouissement que Dieu accorde à ceux qui prennent plaisir à Son mode de vie.

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