Les origines de l’identité sexuelle

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Depuis quand le genre a-t-il commencé à être dissocié du sexe ? En fin de compte, comment le conflit autour de ce problème sera-t-il résolu ?


En mai 2017, la Commission canadienne des droits de la personne a modifié la loi sur les droits de la personne afin d’ajouter « l’identité sexuelle » et « l’expression de l’identité sexuelle » à la liste des motifs de discrimination.

Cela a conduit à l’adoption de politiques provinciales destinées à protéger les individus de la discrimination à l’encontre de leur identité sexuelle. Par exemple, l’Ontario a publié une brochure intitulée « Identité sexuelle et expression de l’identité sexuelle » (ohrc.on.ca/fr), dans laquelle les termes suivants sont ainsi « clarifiés » :

« La notion d’identité sexuelle fait référence à l’expérience intime et personnelle de son genre, telle que vécue par chacun. Elle a trait au fait de se sentir femme, homme, les deux, aucun ou autrement, selon où l’on se positionne sur le continuum de l’identité sexuelle. L’identité sexuelle d’une personne peut correspondre ou non au sexe qui lui a été assigné à la naissance.

L’expression de l’identité sexuelle fait référence à la manière dont une personne exprime ouvertement son genre. Cela peut inclure ses comportements et son apparence, comme ses choix vestimentaires, sa coiffure, le port de maquillage, son langage corporel et sa voix. De plus, l’expression de l’identité sexuelle inclut couramment le choix d’un nom et d’un pronom pour se définir. »

Quelles sont les origines de l’identité sexuelle et où le concept de « genre » a-t-il commencé à s’éloigner de la définition des premiers dictionnaires ?

Si vous cherchez la définition de « genre » sur Internet, vous lirez par exemple : « La caractéristique physiologique elle-même, qui répartit l'espèce en mâles et femelles, n'est parfois pas déterminante, certaines personnes revendiquant une identité sexuée autre que celle que leur corps désigne » (Larousse.fr). Mais ce mot n’a pas toujours été compris de cette façon-là.

Le nom « genre » vient du latin « genus », signifiant un groupe ou une catégorie, et il a été utilisé pour classifier les individus au sein des espèces en tant que mâle, femelle ou neutre. Il se réfère principalement aux distinctions biologiques des espèces. Le « genre » a longtemps été utilisé de façon interchangeable avec le mot « sexe » pour classifier les différences entre les catégories mâle, femelle et neutre, en se basant sur les fonctions reproductives.

Cependant, dans les années 1950, le psychologue et sexologue John William Money commença à utiliser le mot « genre » dans ses publications pour décrire l’identité sexuelle ressentie – la façon dont les gens se revendiquent, par opposition aux différences génétiques. Son approche du « genre » ne devint populaire que bien plus tard, mais Dr Money est désormais considéré comme un pionnier dans la psychologie de la fluidité, de l’identité et de l’expression sexuelle. Il pensait que le genre d’un individu résultait d’une construction sociale, en étant déterminé par l’éducation et, par voie de conséquence, ce que la société qualifie de masculin ou féminin. Il prétendait que l’acquis l’emporte sur l’inné.

 

Une expérience sur l’acquis et l’inné

À l’été 1965, dans la ville de Winnipeg, une mère donna naissance à des jumeaux monozygotes (identiques). Dr Money utilisa ces deux enfants pour une expérience afin de démontrer la validité de sa théorie du genre.

Les garçons, Brian et Bruce Reimer, avaient des difficultés à uriner alors qu’ils étaient âgés de quelques mois seulement et des médecins recommandèrent qu’ils soient circoncis, sans expliquer quelle méthode allait être utilisée. L’opération fut réalisée avec un instrument à cautériser électrique qui ne fonctionna pas correctement et qui brûla une partie de l’appareil génital de Bruce.

Quelques mois plus tard, en regardant la télévision, les parents Reimer virent le charismatique Dr Money décrire son travail sur le transgendérisme. Après l’avoir contacté et décrit leur situation, il accepta de les aider. Il décida que Bruce devrait être élevé en tant que Brenda.

« Brenda » subit une chirurgie pour retirer le reste de ses organes reproducteurs. Avec la promesse de ne jamais l’informer qu’il était un garçon à la naissance, les Reimer l’élevèrent comme une fille. Les jumeaux devaient rencontrer Dr Money en privé une fois par an, afin qu’il puisse examiner et évaluer leur développement. Plus tard, les jumeaux décrivirent comment il les forçait, dès le plus jeune âge, à se déshabiller et à adopter des positions tantôt dominantes ou soumises devant lui, en rapportant qu’il les photographiait à ce moment-là.

Dans un documentaire produit par la BBC et intitulé « Horizon », leur mère, Janet Reimer, déclara : « Je pouvais voir que Brenda n’était pas heureuse en tant que fille. Elle était très rebelle. Elle était très masculine et je ne pouvais pas la convaincre à faire quoi que ce soit de féminin. Brenda n’avait presque pas d’amis en grandissant. Tout le monde se moquait d’elle, en la qualifiant de femme des cavernes. C’était une fille extrêmement seule. »

Pendant des années, Dr Money continua d’écrire au sujet de son expérience « réussie » avec les jumeaux Reimer, bien que Brenda fît ultérieurement la transition inverse pour redevenir un homme, prit le nom de David et finit par se marier. Malheureusement, au milieu de cette confusion et du traumatisme, David et son frère finirent par se suicider. Cette expérience tragique n’aurait jamais dû avoir lieu. La recherche de Dr Money n’était pas éthique et cela détruisit la vie de toute la famille Reimer.

 

La confusion actuelle

De nombreux psychologues et sexologues considèrent toujours que John Money fut un grand scientifique et sa théorie du genre est largement acceptée. En minimisant la détermination du genre par les chromosomes et les organes reproducteurs, la loi canadienne et la majorité des programmes scolaires du pays ont adopté le concept d’expression de l’identité sexuelle.

Jusqu’à récemment, peu de gens s’opposèrent publiquement à ces concepts ou à l’introduction de nouvelles lois pour éviter la discrimination. Un de ces opposants est le professeur Jordan Peterson de l’Université de Toronto, qui a reçu l’attention des médias. « Peterson a continué à déclarer publiquement qu’il n’utiliserait pas des pronoms non-genrés – particulièrement ceux qui ont été créés comme “yal” ou “iel” – qui selon lui “forcent l’utilisation d’une sorte de langage idéologique” » (TheStar.com, 15 janvier 2017).

Plus récemment, l’Ontario a élu Doug Ford au poste de Premier ministre de la province. Ford a fait campagne pour abroger le Programme d’éducation physique et de santé qui avait été introduit par le gouvernement libéral précédent. Deux mois après son élection, il ordonna aux écoles de l’Ontario de revenir au programme de 1998, datant d’avant l’introduction de l’approche plus moderne de l’identité sexuelle.

Lorsque les valeurs changent au gré des élections ou des récits, comme celui des jumeaux Reimer, cela montre que la société manque de sagesse et de connaissance lorsqu’il s’agit de juger avec justice et équité. Un ancien proverbe nous encourage à chercher la véritable source de vérité et de discernement : « Alors tu comprendras la crainte de l’Éternel, et tu trouveras la connaissance de Dieu. Car l’Éternel donne la sagesse ; de sa bouche sortent la connaissance et l’intelligence » (Proverbes 2 :5-6).

Si la société continue de s’enfoncer dans ses choix actuels, il est légitime de se demander comment descendre du train en marche. La bonne nouvelle est que les gouvernements de ce monde seront bientôt soumis au gouvernement d’un Créateur sage et puissant. Il transmettra la connaissance et la compréhension permettant de corriger les erreurs du passé et d’enseigner à l’humanité – y compris ceux qui souffrent de la confusion du genre – à mener une vie palpitante, productive et heureuse. Que cette époque vienne bientôt !

 

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