Les injures !

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Les injures sont le premier recours des gens qui ne savent pas s’exprimer. Pourtant, nous vivons au milieu d’une « épidémie » d’injures.


L’utilisation des grossièretés dans la conversation quotidienne est désormais présente dans les médias et c’est devenu la nouvelle norme. Dans le passé, il était exceptionnel d’entendre un président prononcer des mots « croustillants » en public. De nos jours, les dirigeants politiques utilisent dans leurs discours des mots grossiers qu’ils n’auraient jamais utilisés auparavant.

Les émissions télévisées et les films regorgent de termes scatologiques et de mots obscènes, comme si cela devait être notre langage quotidien. Les médias présentent cette façon de parler comme étant « cool », voire sophistiquée. C’est devenu la norme pour les interviews de fin de soirée et ceux qui utilisent ce langage sont souvent majoritaires sur les plateaux TV ou radio. La décence est en voie de disparition.

Pendant des siècles, quelques individus ici et là utilisaient des injures et les grossièretés dans leurs discours ou leurs conversations pour donner de la force à leur propos. Bien que tout le monde puisse choisir d’utiliser un langage grossier, les meilleurs orateurs le font rarement, sauf s’ils ont un moment de paresse. Ceux qui possèdent un bon vocabulaire et de la présence d’esprit évitent de le faire, car leurs aptitudes verbales leur permettent de dire ce qu’ils souhaitent avec justesse, sans utiliser d’injures.

Ceux qui entendent un langage grossier ne pensent pas tous que c’est « cool » – en fait, beaucoup n’aiment pas cela. Les gens écoutent parfois poliment, mais l’orateur ne sait pas ce qu’ils pensent. Ils peuvent se sentir mal à l’aise, mais rester silencieux, sans vouloir confronter l’orateur à ce sujet. Dans le même temps, la personne vulgaire baisse considérablement dans leur estime : propos grossiers, personne grossière. Après tout, qui a vraiment envie d’avoir les oreilles agressées par des injures impliquants le blasphème, les excréments et la fornication ?

 

Et du côté de l’auditeur ?

Certaines écrivaines ou rédactrices voient l’utilisation des grossièretés comme un outil de la puissance masculine et elles considèrent qu’il existe « deux poids, deux mesures » en la matière. Elles en concluent que toutes les femmes devraient prononcer autant de gros mots que certains hommes. Voici ce qu’a écrit une journaliste dans un célèbre journal féminin :

« Dire des gros mots est puissant […] Les injures captent l’attention et, dans certains cas, permettent de se faire respecter. Par exemple, des recherches montrent que le fait de dire des gros mots est vu comme un signe de sincérité, d’honnêteté et d’engagement. Mais – et c’est un grand mais – cela fonctionne à tous les coups uniquement si vous êtes un homme. Si vous êtes une femme ? Les gros mots sont une arme qui peut avoir l’effet inverse » (Elle, édition américaine, Ella Byrn, 21 mars 2018).

L’auteur ne semble pas se rendre compte qu’un langage grossier peut avoir le même effet inverse chez les hommes que chez les femmes. Cela peut être aussi offensant dans les deux cas, et les orateurs, hommes ou femmes, devraient non seulement prendre en considération leurs propres besoins, mais aussi les oreilles de leurs auditeurs.

Cette citation mérite que nous nous y attardions plus en détail. « Dire des gros mots est puissant… » C’est tout à fait vrai et des personnes les utilisent pour ajouter du poids à leurs phrases. C’est le cas depuis des siècles. Mais comme nous l’avons noté, cela offense de nombreux auditeurs et donne plutôt l’impression d’une faiblesse d’esprit. « Les injures captent l’attention… » Vrai, mais une attention négative. Prononcez des grossièretés et les gens vous remarqueront. Malheureusement, si vous avez besoin d’injures pour vous faire remarquer, beaucoup de gens penseront que cela est dû à votre incapacité d’attirer l’attention d’une autre manière. Est-il vrai que « dans certains cas, [les injures] permettent de se faire respecter » ? Cela peut être le cas dans un environnement belliqueux, où les employés, hommes ou femmes, sont habitués à ce genre de langage. De nos jours, cela peut aussi inclure les cercles des « élites ». Mais cela ne fait pas partie de la plupart des environnements professionnels et personne ne veut entendre cela. Ceux qui ont besoin de prononcer des grossièretés pour donner une impression « de sincérité, d’honnêteté et d’engagement » seront considérés, au mieux, comme ayant peu d’aptitudes à s’exprimer.

Certains psychologues soutiennent l’idée qu’un langage vulgaire est bénéfique psychologiquement pour l’orateur. C’est discutable, mais il est certain que cela n’est pas bénéfique pour l’auditeur qui est obligé d’endurer l’arrogance égoïste de l’orateur. Un langage odieux provoque une réaction de rejet.

Les injures peuvent sembler « puissantes » pour celui ou celle qui les prononce, mais l’émancipation d’une telle personne passe alors par l’intimidation d’une autre, et les gens utilisent souvent un langage obscène dans ce but précis. Ceux qui profèrent des injures cherchent généralement à contrôler les autres en pensant qu’ils utilisent un langage intimidant. Mais ceux qui les écoutent peuvent rejeter un tel contrôle.

De nos jours, certains défendent les personnes grossières, mais qui va défendre les oreilles maltraitées des auditeurs ? Il y a beaucoup de conseils à donner à ce sujet. Par exemple, vous pouvez répondre aux personnes grossières avec calme en leur disant ce que vous ressentez suite à leurs propos. Cela peut fonctionner lorsque l’orateur pensait à tort que son langage était acceptable dans l’entreprise où il se trouve. Quand ceux qui profèrent des injures refusent d’entendre des critiques et ne veulent pas changer, essayez simplement de les éviter. En vous détournant calmement d’eux, vous leur faites savoir qu’ils ont « poussé le bouchon trop loin » et que vous ne les écoutez plus.

 

Une observation sage et très ancienne

L’apôtre Jacques a écrit : « Voici, même les navires, qui sont si grands et que poussent des vents impétueux, sont dirigés par un très petit gouvernail, au gré du pilote. De même, la langue est un petit membre, et elle se vante de grandes choses. Voyez comme un petit feu peut embraser une grande forêt » (Jacques 3 :4-5). Jacques nous conseille de ne pas laisser notre langue diriger notre corps !

Il continua avec une observation qui devrait résonner aux oreilles de ceux qui subissent des obscénités, mais qui ne peuvent pas éviter totalement les personnes vulgaires : « De la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction. Il ne faut pas, mes frères, qu’il en soit ainsi. La source fait-elle jaillir par la même ouverture l’eau douce et l’eau amère ? Un figuier, mes frères, peut-il produire des olives, ou une vigne des figues ? De l’eau salée ne peut pas non plus produire de l’eau douce » (versets 10-12).

Jésus a déclaré : « L’homme bon tire de bonnes choses de son bon trésor, et l’homme méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor. Je vous le dis : au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu’ils auront proférée. Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné » (Matthieu 12 :35-37). Même si les personnes vulgaires ne se soucient pas des paroles de Jésus, peut-être que les opinions d’autres personnes auront un effet sur elles.

Votre flot de paroles produit-il de l’eau douce ou de l’eau amère pour ceux qui vous écoutent ? En se basant sur vos paroles, quelle opinion les gens auront-ils de votre cœur et de votre esprit ? Et quelle opinion Jésus aura-t-Il de vos paroles ?

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