Voulez-vous parier ?

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L’amour de l’argent peut pousser des personnes sensées à prendre des décisions irrationnelles et imprudentes.

En regardant des événements sportifs à la télévision ou en ligne, régulièrement ou occasionnellement, vous aurez probablement remarqué une augmentation spectaculaire des publicités pour les paris sportifs en ligne. Ces publicités se terminent souvent par une phrase disant de toujours parier d’une manière responsable. Pourquoi ce secteur connaît-il un tel essor ? S’il s’agit simplement d’un moyen de rendre la rencontre plus passionnante, qu’y a-t-il de mal à cela ?

Les paris sportifs ne datent pas d’hier. L’impact qu’ils peuvent avoir sur les sports eux-mêmes était déjà une source de préoccupation en 1919, lors du tristement célèbre scandale des Black Sox, au cours duquel huit joueurs des Ligues majeures de baseball ont été accusés d’avoir délibérément perdu la Série mondiale en collusion avec des parieurs sportifs. Depuis lors, les paris sportifs légaux étaient généralement cantonnés à quelques endroits, comme Las Vegas, même si beaucoup contournaient complètement les lois et participaient à des paris au marché noir.

En juin 2021, le Parlement canadien a adopté le projet de loi C-218 sur les paris sportifs sécuritaires et réglementés. Ce projet de loi fut plébiscité et seuls 15 des 338 députés votèrent contre. Cette loi instaura un cadre réglementaire au Canada pour les paris légaux, très similaire à celui mis en place aux États-Unis trois ans plus tôt lorsque la Cour suprême américaine invalida la loi sur la protection des sports professionnels et amateurs (PASPA) en mai 2018. De nos jours, dans de nombreux États et provinces, il est possible de parier sur tout, qu’il s’agisse de deviner qui va remporter une grande compétition ou qui va gagner le tirage au sort déterminant qui aura la possession du ballon en premier. Tout cela depuis le confort de son canapé, il suffit de disposer d’un téléphone portable.

Quelle ampleur ont pris les jeux d’argent légaux ? Au cours des quatre années suivant l’abrogation de la PASPA, les Américains ont misé 125 milliards de dollars US dans les paris sportifs. « Pour comprendre à quel point 125 milliards de dollars représentent une somme colossale, considérez ceci : c’est un peu plus que le montant dépensé l’année dernière [en 2021] dans l’ensemble du pays pour la nourriture, les fournitures et les soins vétérinaires destinés aux animaux de compagnie, et davantage que le revenu net des agriculteurs américains l’année dernière. »1

Ce secteur n’a cessé de croître. Dans son rapport annuel 2024-2025, iGaming Ontario (l’agence provinciale chargée des jeux d’argent) a indiqué que les 82,7 milliards de dollars de mises avaient généré 2,9 milliards de dollars de recettes pour la province cette année-là, soit une augmentation de 30% par rapport à l’année précédente. C’est un chiffre étonnamment élevé pour une province dont la population dépasse à peine les 16 millions d’habitants.

Ces chiffres devraient encore augmenter car le marché mondial des paris sportifs, évalué à 111,2 milliards de dollars en 2025, devrait atteindre 236 milliards de dollars en 2033, selon un rapport publié en juin 2026 par Grand View Research.

Un gain ou une perte pour les parieurs ?

Certains considèrent ces chiffres comme un grand succès. Ceux qui pariaient illégalement le font désormais légalement et paient des impôts sur ces gains – cela semble être une bonne nouvelle pour tout le monde ! Cet argument est également utilisé pour défendre les casinos et les loteries gérées par l’État.

Amanda Laprade, conseillère en matière de jeux d’argent, explique certains des problèmes en affirmant que « la dopamine que le cerveau reçoit quand une personne attend le résultat d’un pari, par exemple lorsqu’un joueur tire au but ou qu’un gardien effectue un arrêt, est tout aussi puissante que lorsque le résultat se produit réellement. C’est pourquoi cette activité crée une dépendance si forte. » Bien que beaucoup n’en aient pas conscience, « les personnes aux prises avec un problème de jeu présentent le risque de suicide le plus élevé que pour toutes les autres dépendances. »2

Un autre article publié en janvier 2026 indiquait que les paris sportifs sont « associés à des problèmes de jeu plus importants que les billets de loterie, les jeux instantanés et les tirages » ; ils sont également associés à une dépression et une anxiété plus marquées, ainsi qu’à des symptômes dépressifs, par rapport aux autres formes de jeu.3 Un des facteurs à l’origine de ce problème réside dans le fait que les participants estiment être plus à même de prédire l’issue d’un événement sportif que le résultat d’un jeu purement aléatoire (comme une machine à sous ou une table de craps) ; par conséquent, ils sont plus enclins à continuer à parier malgré les pertes déjà subies, ce qui aggrave l’ampleur et la gravité de leur dépendance.

Autrefois, regarder du sport consistait à encourager l’équipe locale mettant ses compétences à l’épreuve face à d’autres, réalisant des exploits dont nous, simples amateurs, ne pouvions que rêver. Malheureusement, chaque match entraîne désormais des pertes bien plus importantes que le simple fait d’obtenir un faible score.

Nous pourrions penser que la conjoncture économique difficile inciterait beaucoup de gens à examiner de près leurs dépenses et à réduire les achats non essentiels, comme les jeux d’argent. Or, la réalité est que ce sont souvent les personnes les plus pauvres qui tombent dans le piège. « Les faillites liées aux jeux d’argent [en Ontario] ont explosé de plus de 400% depuis le lancement des jeux d’argent privés en ligne. »4 Au premier trimestre 2026, le nombre de Canadiens ayant déposé une demande d’insolvabilité a atteint un niveau jamais vu depuis les répercussions de la crise financière de 2008. Selon le Bureau du surintendant des faillites, cela représente une hausse de 8,5% par rapport au premier trimestre 2025.

Cependant, les jeux d’argent ne sont ni la seule ni la principale source de la crise de l’endettement des particuliers au Canada.

Le jeu : une conséquence de la cupidité ?

La Bible fournit des principes financiers et moraux solides à travers lesquels nous pouvons examiner le jeu. L’apôtre Paul décrivit un problème tout autant d’actualité à notre époque qu’à la sienne : « Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux ; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments » (1 Timothée 6 :10). Ces paroles ont parfois été mal interprétées, conduisant beaucoup de gens à considérer l’argent comme la racine de tous les maux. Cela entraîna de graves malentendus, car certains ont supposé que l’argent soit à l’origine du mal dans le monde. Or, l’argent en soi n’est pas mauvais. Jésus-Christ Lui-même utilisait de l’argent et enjoignait parfois les autres à en faire de même. Bien que l’amour de l’argent conduise effectivement à de nombreux problèmes, il n’est qu’une source de mal parmi tant d’autres.

L’amour de l’argent peut pousser des personnes sensées à prendre des décisions irrationnelles et imprudentes. Comment expliquer autrement que certains dépensent leurs derniers dollars en billets de loterie, ou préfèrent parier sur une partie de hockey, plutôt que de payer leur loyer ?

Malheureusement, le rêve de s’enrichir en choisissant les bons numéros ou en devinant qui va marquer le premier but, plutôt qu’en travaillant dur et en prenant de bonnes décisions financières, s’avère être une tentation trop forte pour de nombreux Canadiens. Cependant, vous n’avez pas à vous laisser entraîner dans cette spirale destructrice. Notre hors-série La cupidité : une épidémie mondiale rassemble plusieurs articles consacrés à ce sujet, exposant de nombreux problèmes liés à la cupidité ainsi que les principes permettant de surmonter ce fléau. Vous pouvez en demander un exemplaire gratuit auprès du bureau régional le plus proche de votre domicile (adresses en page 4).

1 The Guardian, 13 mai 2022

2 Radio Canada, CBC.ca, 19 mai 2023

3 Addictive Behaviors, volume 172, janvier 2026

4 Money.ca, 6 mars 2026

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