La marijuana bientôt légalisée ?

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À de nombreux égards, le Canada est souvent considéré comme un des meilleurs endroits du monde pour vivre. Les rapports citent les bonnes perspectives d’emploi, l’éducation, le système de santé et le mode de vie – tout cela au sein d’un pays immense et attrayant. Malgré ces avantages, une grande partie de la population cherche à s’évader en consommant des drogues. La substance illégale la plus courante étant le cannabis ou la marijuana.


 

Une préoccupation croissante ?

L’ampleur de la consommation de marijuana est alarmante. Un rapport publié en 2014 mentionne que « le nombre de jeunes (22%) et de jeunes adultes (26%) qui ont pris de la marijuana en 2013 était plus de deux fois et demie plus élevé que celui des 25 ans et plus (8%) » (“La marijuana et les jeunes”, Centre canadien de lutte contre les toxicomanies).

Même si beaucoup de gens considèrent à tort que la marijuana est inoffensive, le Partenariat pour un Canada sans drogue présente depuis des années au public des études scientifiques reconnues montrant les dangers, ainsi que les coûts sociaux-économiques, de cette drogue. Pourtant, malgré le soutien apporté à ces études par des experts sanitaires, la pression sociale dirige le programme politique vers la légalisation de cette substance dangereuse. Les forces politiques de gauche ont fusionné autour de cet objectif, en affirmant que la légalisation et la régulation de cette drogue permettraient de mieux la contrôler que si elle était prohibée.

Qui a raison ? Les préoccupations concernant le cannabis sont-elles infondées ? Puisque le cannabis est si répandu, beaucoup présument qu’il ne doit pas être bien dangereux pour la société. Après tout, les jeunes canadiens enregistrent le taux de prise de marijuana le plus élevé du monde développé, selon le Centre canadien de lutte contre les  toxicomanies (ibid.).

Certains justifient l’utilisation de la marijuana à des fins « thérapeutiques », bien que la plupart des spécialistes médicaux restent sceptiques. Notez ce que rapportait l’Association médicale canadienne en 2014 à propos de cette drogue :  

« L’AMC [considère qu’il] existe peu de données scientifiques sur son innocuité, son efficacité, ses bienfaits et les risques [que ce produit] entraîne […] L’AMC a préconisé des recherches plus poussées sur les avantages de la marijuana pour la santé, les risques qu’elle présente et ses utilisations comme traitement médical » (“La marijuana à des fins médicales”, AMC).

Dans une lettre expliquant la position du groupe et adressée à la ministre canadienne de la Santé, l’AMC a réaffirmé qu’il « existe toujours peu de données probantes sur l’efficacité de la marijuana sous forme d’herbe » (“Lettre à la ministre Aglukkaq”, 28 février 2013).

Début 2015, l’Edmonton Journal rapportait une recherche effectuée par le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies (CCLT) : « Les adolescents qui commencent à fumer tôt de la marijuana, et qui continuent, risquent fréquemment de diminuer leur niveau de QI […] “Le nombre croissant de preuves sur les effets de la prise de cannabis pendant l’adolescence est préoccupant”, déclare Amy Porath-Waller, chercheuse en chef du CCLT à ce sujet. “Je pense que nous devrions être très préoccupés […] Il faut s’arrêter un instant et considérer le fait qu’ils représentent l’avenir de notre pays. Nous voulons assurément former nos jeunes pour qu’ils deviennent des membres actifs de la société sur le marché du travail et cela constitue assurément une raison pour le Canada de s’inquiéter de la prise de cannabis parmi les jeunes.” Elle ajoute qu’il est tout aussi inquiétant de voir que la plupart des jeunes canadiens perçoivent le cannabis comme une chose bénigne, sans effets sur leur capacité à conduire ou leurs performances à l’école » (“Teen pot use can lower IQ”, 15 avril 2015).

“Pas de fumée sans feu”

Selon le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies, il existe des preuves cliniques faisant le lien entre la prise de marijuana et les défaillances cognitives, ainsi que les risques accrus de psychose – un risque qui augmente avec une prise en bas âge et avec une forte consommation. Le document met aussi en garde : « L’expérience des États-Unis indique qu’une plus faible réglementation (p. ex. modalités flexibles concernant la vente au détail et la production à des fins personnelles ou à titre de personne désignée) est susceptible d’entraîner une augmentation du pourcentage de marijuana détournée » (“Usage de la marijuana à des fins médicales”, juillet 2015, page 8).

Le Partenariat pour un Canada sans drogue (PCSD) a soulevé d’autres problèmes médicaux. Par exemple, les fumeurs de marijuana présentent les mêmes symptômes que les fumeurs de tabac. On note une incidence anormale des rhumes de poitrine, une augmentation de la toux et de la production de mucosité. Selon un rapport du PCSD, « quel que soit le niveau de THC, les fumeurs de marijuana inhalent une quantité de goudron et de monoxyde de carbone de trois à cinq fois supérieure que les fumeurs de tabac » (“Marijuana”, 2015).

Certains médecins avancent aussi que la température de combustion plus élevée peut provoquer une raréfaction des cils vibratiles dans les poumons, pouvant conduire à des maladies comme l’emphysème. Il est intéressant de noter que depuis des années la Société canadienne du cancer a fait pression contre le tabac et elle a remporté un grand soutien public – mais ces mêmes personnes qui s’opposent avec raison au tabac ne semblent pas se soucier du fait que la marijuana contienne une substance encore plus destructive pour les poumons.

Nous avons vu que des associations médicales s’opposent à l’usage de la « marijuana à des fins médicales » car il n’existe pas de solides preuves cliniques montrant l’efficacité de cette drogue. Les dosages requis pour des maladies spécifiques ne sont pas étudiés car la concentration de l’ingrédient actif THC varie d’une plante à l’autre (rendant les dosages impossibles à déterminer) et cette substance présente des effets secondaires indésirables, dont l’addiction. Pour ceux qui insistent sur les bénéfices thérapeutiques du THC, les pharmaciens répondent que des médicaments, dont le dosage est contrôlé, existent déjà : le dronabinol (Marinol®) et le nabilone (Cesamet®). Les pharmacies peuvent déjà délivrer ces deux produits. Pourquoi donc un tel engouement pour la marijuana thérapeutique ? Cela viendrait-il du fait que les médicaments approuvés et contrôlés cliniquement permettent certes au THC d’agir sur l’organisme, mais sans procurer de « sensations » à l’utilisateur ?

Une raison plus profonde

Les dirigeants politiques devraient être guidés par le désir d’apporter des choses positives à leurs concitoyens, mais ceux qui cèdent aux partisans d’un plaisir hédoniste – ou qui ont parfois des intérêts commerciaux en mettant ces produits sur les étagères des dépanneurs (épiceries de quartier), avec des emballages attrayants – sont peut-être plus intéressés par leur propre bien-être que par celui de la nation.

La consommation de marijuana est illégale au Canada pour une bonne raison : elle est dangereuse pour ses utilisateurs et pour la nation. Comme les autres drogues du même type (et celles beaucoup plus dangereuses), le cannabis prive les consommateurs de leur potentiel, en laissant derrière eux des rêves brisés et des vies détruites.

C’est une tragédie lorsque des gens, jeunes ou âgés, considèrent le fait « d’avoir des sensations » comme leur premier plaisir dans la vie. Ces personnes vivent sans connaître le but de leur existence. Un esprit humain sobre est un trésor brillamment conçu par un grand Créateur – qui a prévu d’offrir à l’humanité un avenir formidable et un potentiel inespéré sur le plan humain. Aucune substance connue ne peut donner ne serait-ce que le début du merveilleux sentiment d’épanouissement accordé par Dieu à ceux qui apprennent à vivre selon Ses voies.