La fin des guerres ?

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Alors que le monde commémore le centenaire du début de la Première Guerre mondiale, quelles leçons pouvons-nous apprendre sur l’humanité et la nature humaine, suite à la « guerre qui mettra fin aux guerres » ? Le passé peut nous apprendre beaucoup de choses sur l’avenir.


L’été 1914 était exceptionnellement beau en Europe. Même si les nuages sombres, liés aux développements politiques et sociaux commençaient à engendrer une crise passagère, le citoyen lambda pouvait difficilement imaginer la tragédie qui allait consumer le continent entier. Une guerre industrialisée, qui allait tuer des millions de gens, était sur le point d’éclater.

Le conflit qui se profilait à l’horizon – parfois appelé la « guerre qui mettra fin aux guerres » – allait poser les fondations d’un siècle troublé et sanglant. La civilisation européenne allait être mise à genoux ; le totalitarisme – la continuation politique de la guerre par d’autres moyens – allait être de mise ; les empires et les monarchies allaient tomber.

De nouvelles nations allaient émerger, réalisant les anciennes aspirations de leurs habitants, et la carte du monde allait être radicalement redessinée. Le centre de gravité des puissances mondiales allait passer de « l’ancien » au « nouveau » monde. La croyance en Dieu allait diminuer de façon vertigineuse, alors que des hommes allaient infliger des traitements vils, brutaux et inhumains à leurs semblables.

Les guerres modernes menacent toute vie

Les guerres ont toujours fait partie de l’histoire humaine, mais elles prirent une tournure très différente au 20ème siècle, en menaçant pour la première fois l’humanité d’extinction. La paix a beau être un vœu pieux de l’humanité, elle nous échappe et notre capacité à nous entretuer augmente de façon exponentielle.

Pour quelles raisons ? Alors que le monde commémore le centenaire du début de la Première Guerre mondiale, c’est un moment approprié pour méditer sur l’extraordinaire capacité, apparemment innée, de l’humanité à s’entretuer. Quelles leçons les causes de la guerre et la nature humaine peuvent-elles nous apprendre ? Existe-t-il une raison cachée que nous ne voyons pas ? Est-il possible de se projeter à une époque où il n’y aura plus de guerres ? Heureusement, nous avons la garantie d’un avenir paisible – mais l’origine de cette réponse surprendra beaucoup de nos contemporains.

La poudrière européenne

À quoi ressemblait la vie en Europe en 1914 ? Le commerce prospérait dans une ère de mondialisation. La population augmentait rapidement et alimentait l’immigration de millions de gens vers les Amériques et l’Océanie. Dans de nombreux pays, les conditions de travail s’amélioraient sous l’impulsion du socialisme. L’interdépendance commerciale et l’internationalisme donnèrent naissance à une notion populaire considérant les guerres à grande échelle comme une chose du passé.

Beaucoup de gens profitaient d’une vie abondante, civilisée, cultivée et extraordinairement optimiste. Des avancées scientifiques et technologiques sans précédent annonçaient un avenir radieux.

Cependant, le continent entier était aussi marqué par le « nationalisme primaire » et une course à l’armement. Les trois grands empires européens, en Allemagne, en Autriche et en Russie, faisaient face à un mécontentement interne, et des groupes marginaux réclamaient plus de démocratie. Toutes les puissances européennes, dont la France et la Grande-Bretagne, avaient raison de se sentir menacées.

Les puissances continentales en Europe étaient concentrées sur leur quête éternelle de sécurité, grâce à la supériorité militaire. Des millions de soldats étaient entraînés et prêts à combattre pour leur pays, avec une puissance de feu sans précédent pour s’entretuer. Pour compliquer les choses, les moyens de communication rapides en étaient encore à leurs balbutiements et il était difficile pour les dirigeants nationaux de prendre des décisions, ou d’agir en connaissance de cause, en cas de crise.

Lors d’un conflit antérieur, le général américain Sherman avait prononcé sa célèbre phrase : « La guerre, c’est l’enfer ! » À l’été 1914, l’Europe et le monde allaient se rendre compte combien la guerre pouvait être infernale. Ces puissantes nations allaient s’engager dans un « dialogue de sourds [qui] va mener les États européens à la destruction de leur continent et de sa civilisation, comme dans une marche funèbre » (La Première Guerre mondiale, Keegan, éditions Perrin, page 35, traduction Noëlle Keruzoré).

Une étincelle décisive

Il fallait juste une étincelle décisive pour déclencher la conflagration. Celle-ci est arrivée lorsque le nationaliste serbe Gavrilo Princip a assassiné l’archiduc François-Ferdinand, neveu de l’empereur d’Autriche François-Joseph, pendant une visite à Sarajevo, en Bosnie, le 28 juin 1914.

Dans un premier temps, le calme semblait continuer à régner. La vie suivait son cours normal en Europe. Mais en coulisses, l’Autriche cherchait à s’allier avec la Bulgarie et la Turquie pour régler une fois pour toutes son « problème serbe ». Cependant, l’Autriche ne pouvait pas agir seule. Si elle l’avait fait, ce conflit local serait passé presque inaperçu.

Au contraire, l’Autriche – avec l’appui de l’Allemagne – envoya un message provocateur aux Serbes en leur demandant de répondre pour le 25 juillet. La Serbie, forte du soutien russe, refusa les conditions proposées et elle mobilisa sa petite armée en deux jours.

L’Europe se mobilise pour la guerre

Le sort en était jeté. Les événements devinrent incontrôlables. Entre le 28 juillet (déclaration de guerre des Austro-Hongrois contre la Serbie) et le 12 août (déclaration de guerre des Britanniques et des Français contre l’Autriche), toutes les grandes nations européennes se sont déclarées la guerre mutuellement.

Comme un jeu de dominos destructeur, la Russie commença à mobiliser ses forces contre l’Allemagne et l’Autriche ; puis l’Allemagne contre la Russie ; la France contre l’Allemagne ; l’Allemagne contre la France ; la Grande-Bretagne contre l’Allemagne ; et malgré sa neutralité, la Belgique se rangea du côté des Alliés.

Toute l’Europe était maintenant en guerre ! Mais ce n’est pas tout. Au total, 36 pays furent impliqués dans les hostilités, en mobilisant plus de 70 millions de militaires. Les forces alliées comprenaient les nations de l’AOF (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal) et de l’AEF (Centrafrique, Congo, Gabon, Tchad), les pays de l’Empire britannique dont le Canada, ainsi que le Japon, l’Italie, la Serbie, le Monténégro, la Roumanie, la Grèce, le Portugal et finalement les États-Unis. Les puissances centrales furent rejointes par l’Empire ottoman et la Bulgarie.

Tous ces affrontements eurent lieu plus ou moins en même temps, sur des théâtres de conflit bien différents. En Europe, l’Allemagne se battait contre la France et l’Angleterre sur le front occidental. Sur le front oriental, la Russie affrontait l’Allemagne et l’Autriche, en se battant à partir de leurs tranchées sur une ligne de front de 1500 km. Dans les Balkans, l’Allemagne, l’Autriche, la Bulgarie et les Turcs ottomans affrontaient la Russie, la Serbie, le Monténégro, la Roumanie, la Grèce et l’Italie. Sur le font italien, ces derniers faisaient face aux Austro-Hongrois.

Sur les mers, les Britanniques réussirent à bloquer les ports allemands et à neutraliser leur flotte. Au Moyen-Orient, la France et la Grande-Bretagne se battirent aux côté des Arabes pour protéger l’Égypte et le Canal de Suez, finissant même par libérer Jérusalem et la Palestine.

Les Alliés gagnèrent également la guerre contre l’Empire ottoman en Mésopotamie et dans le golfe Persique – malgré la défaite des Dardanelles, dans la péninsule de Gallipoli.

Jamais une guerre n’avait été aussi étendue ! Le monde entier était en guerre !

L’exécution du plan allemand

Bien que la guerre se soit répandue dans le monde entier, le carnage le plus macabre eut lieu sur le front occidental. Les événements avançaient très rapidement. Chaque armée possédait ses propres plans de guerre, soigneusement préparés, qui furent rapidement mis en application. De façon remarquable, des millions de soldats se mirent prestement en mouvement avec leur équipement et leur nourriture, transportés par voie ferrée et par 2,5 millions de chevaux.

La première offensive allemande devait écraser les Français en 40 jours, selon des estimations optimistes. Une fois cette tâche accomplie, les forces allemandes pensaient se concentrer sur le front oriental pour détruire l’armée russe.

Que s’est-il passé en réalité ? Les Français, rejoints par les Britanniques, ont entamé un retrait vers le sud, en direction de Paris. Leur plan était de lancer une contre-attaque massive pour repousser les Allemands et changer le cours de la guerre.

L’impasse et l’usure

Au lieu d’assister à la victoire écrasante d’un des deux camps, on se retrouva dans l’impasse. Les troupes allemandes mirent en place un système complexe de tranchées défensives sur une ligne de front de 950 km. Les forces alliées durent les affronter à partir de leurs propres tranchées et il s’en suivi une guerre des tranchées, inextricable et sanglante, qui durera 4 ans, sans qu’un des deux camps ne prenne un avantage décisif.

Les pertes de chaque côté dépassent l’entendement : 2 millions d’Allemands, 2 millions de Français et 1 million de Britanniques sont morts. Les tranchées devinrent tristement célèbres pour leurs conditions de vie inimaginables : la boue et la saleté, les barbelés, les mitrailleuses et les gaz toxiques. Il est choquant de noter qu’environ 50% des corps n’ont jamais été récupérés sur les champs de bataille !

Dans l’espoir de couper les approvisionnements américains vers l’Europe, l’Allemagne se lança dans la guerre sous-marine. La conséquence directe fut l’entrée en guerre des États-Unis, début 1917. Ils inondèrent rapidement la France en débarquant du matériel et 10.000 hommes par jour.

Plus la guerre avançait, plus les technologies de guerre progressaient, particulièrement pour les Alliés. Les chars firent leur première apparition. L’usage de l’aviation et des autres équipements militaires avancés donnaient un avantage décisif sur l’ennemi.

Le coût de la guerre

À bout de force et démoralisés, les Allemands furent obligés de signer un armistice ignominieux le 11 novembre 1918 – « à la onzième heure du onzième jour du onzième mois ».

On dénombrait alors presque 10 millions de soldats tués, plus de 20 millions de blessés et 8 millions de disparus. Cette guerre plongea des millions de familles dans le deuil et la douleur. En monnaie constante, le coût total de cette guerre s’éleva à 600 milliards d’euros.

Ce fut une tragédie sans précédent, dans laquelle une grande partie du monde s’est retrouvée piégée par le continent européen, lui-même pris dans la spirale infernale des massacres. Le monde a réagi, et continue de réagir, avec horreur à la vue de ce que l’homme peut infliger à ses semblables.

La “guerre qui mettra fin aux guerres” ?

En août 1914, l’écrivain britannique H.G. Wells se félicitait de l’implication de son pays dans ce qu’il appelait la « guerre qui mettra fin aux guerres ». Après les horreurs de la guerre, beaucoup de gens se tournèrent vers le pacifisme et l’internationalisme, en qualifiant les événements du 1914-1918 de « guerre qui mettra fin à toutes les guerres ».

Rétrospectivement, nous savons que 20 ans plus tard, une autre guerre mondiale ravagea l’Europe. Plus de 50 millions de gens furent directement tués par cette autre guerre, sans compter les millions d’autres qui moururent des conséquences de la violence.

Si nous observons l’histoire du siècle dernier, nous arrivons à une conclusion alarmante. Jusqu’à présent, à chaque fois que l’humanité a inventé une technologie pouvant être utilisée pour la guerre, elle a fini par l’utiliser. Le gaz moutarde de la Première Guerre mondiale et la bombe atomique de la Deuxième Guerre mondiale ont laissé place aux bombes nucléaires miniaturisées, aux drones, ainsi qu’aux armes chimiques et bactériologiques.

La dimension spirituelle

Dans ces discussions rétrospectives, pendant l’année du centenaire, un aspect est souvent négligé : la dimension spirituelle. Il est impossible de comprendre la guerre sans prendre en compte cette dimension, qui est fournie par la parole inspirée de Dieu – la Bible.

Les Écritures nous offrent une des compréhensions les plus fondamentales et les plus profondes à la fois : « D’où viennent parmi vous les dissensions et les querelles ? N’est-ce pas de vos passions, qui combattent dans vos membres ? Vous convoitez, et vous n’obtenez pas ; vous êtes meurtriers et jaloux, et vous ne pouvez être satisfaits ; vous luttez, et vous faites la guerre, et vous n’obtenez pas, parce que vous ne demandez pas. Vous demandez, et vous ne recevez point, parce que vous demandez mal, et dans la vue de satisfaire à vos plaisirs » (Jacques 4 :1-3, Ostervald).

Beaucoup de cyniques trouveront cela trop évident, ou trop simple, pour être vrai. Les guerres et les conflits viennent des désirs humains – les choses que nous voulons, au point de nous battre pour les obtenir. C’est vrai pour les individus, mais aussi pour les nations et les pays, qui sont, après tout, dirigés par des individus.

En 1914, l’Allemagne était ambitieuse, avide d’expansion et de domination. Elle voulait s’emparer de la première place mondiale. La France voulait être en sécurité face à la puissance montant de l’autre côté du Rhin et elle réclamait la restitution de l’Alsace-Lorraine, annexée par l’Allemagne pendant la guerre de 1870.

Les Russes – vaincus et humiliés pendant la guerre russo-japonaise en 1905 – voulaient retrouver leur puissance industrielle et militaire pour tenir tête à l’Allemagne et se défendre contre la menace qu’elle représentait sur ses frontières. L’Empire austro-hongrois voulait résoudre de façon permanente ses problèmes avec la Serbie violente et nationaliste, quand cette dernière voulait se libérer du contrôle austro-hongrois.

Comme les Écritures le décrivent, la scène était prête pour la guerre, à cause des désirs conflictuels des humains et des nations.

Une influence satanique

D’autres influences ont aussi existé au niveau spirituel. La Bible révèle clairement que la Terre est actuellement contrôlée par un être spirituel connu comme Satan, ou le diable (2 Corinthiens 4 :4). Cet archange déchu s’était jadis rebellé contre Dieu (la première guerre dont l’humanité ait entendu parler) et il avait entraîné un tiers des anges avec lui (Apocalypse 12 :4). La Bible appelle ces anges rebelles des « démons ».

Satan est le grand adversaire, l’accusateur (en grec diabolos) et le séducteur de l’humanité (verset 9). Il est le grand destructeur. La Bible le qualifie de meurtrier et de père du mensonge (Jean 8 :44). Il est l’ennemi de Dieu et de l’humanité.

Jusqu’à ce que Satan et ses démons soient mis à l’écart, ce monde ne connaîtra jamais la paix et la sérénité. Pourquoi ? Car la Bible nous avertit que les esprits démoniaques sont partout dans ce monde. Il est le « prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion » (Éphésiens 2 :2). Sa nature conduira toujours à la confusion, au chaos, à la violence et à la guerre qui est, par-dessus tout, la signature des agissements de Satan. Pour que l’humanité vive en paix, nous devons rejeter la nature violente de Satan – collectivement, en tant que nations, mais aussi individuellement, en tant qu’êtres humains possédant le libre arbitre.

La Bible nous dit qu’en ce moment même, Satan est furieux car il sait qu’il lui reste peu de temps (Apocalypse 12 :12). Lorsque Jésus-Christ reviendra établir le Royaume de Dieu sur la Terre entière, Satan sera mis à l’écart et neutralisé (Apocalypse 20 :1-3). Satan le sait bien – et cela le rend furieux !

Le Christ apportera finalement la paix !

Y aura-t-il une Troisième Guerre mondiale ? Malheureusement, les Écritures nous préviennent qu’il y aura un cataclysme encore plus grand. Une époque traumatisante de guerre intensive, de destruction et de mort est prophétisée pour bientôt, juste avant le retour de Jésus-Christ. La dévastation sera si grande, par rapport à toutes les guerres précédentes, que Jésus devra intervenir sur la planète Terre, pour sauver la vie d’une annihilation totale (Matthieu 24 :21-22).

Oui, de bonnes nouvelles suivront les mauvaises. Le Christ reviendra pour sauver l’humanité d’elle-même et des machinations de Satan. En revenant comme nouveau Roi dans le Royaume de Dieu sur cette Terre, Il écrasera toute tentative de Satan qui veut empêcher l’instauration de ce Royaume (Romains 16 :20).

Débutera alors une période prophétisée de paix qui durera mille ans, le « Millénium ». De nos jours, peu de gens sont appelés à la vérité et vivent le mode de vie conçu par Dieu pour l’humanité. Pendant le Millénium, chaque être humain vivra le mode de vie divin, en étant débarrassé de l’influence corrompue de Satan.

Ce ne sera pas encore la fin définitive des guerres, ni de l’implication de Satan dans celles-ci. L’Apocalypse révèle que Satan et ses démons seront relâchés pour un peu de temps, à la fin des mille ans de paix. L’humanité aura-t-elle appris les leçons de la guerre ? Étonnamment, non ! Des êtres humains rebelles se laisseront une fois encore influencer par Satan et le monde connaîtra, pour la toute dernière fois, la violence et la guerre (Apocalypse 20 :7-10). Ce sera le dernier assaut de Satan, après quoi il sera jeté dans l’étang de feu et il ne pourra plus jamais avoir d’emprise sur l’humanité.

L’époque du jugement du grand trône blanc arrivera juste après et tous ceux qui sont morts sans avoir eu l’occasion d’obtenir le salut recevront cette opportunité. À cet instant, la guerre deviendra réellement une chose du passé pour l’humanité. Le plan de Dieu avancera alors vers l’étape suivante, lorsque le siège central du trône divin établi sur tout l’Univers, descendra pour la première fois sur la planète Terre (Apocalypse 21 :1-4).

Oui, l’humanité verra finalement la fin des guerres. Mais il y aura beaucoup d’agitation entre aujourd’hui et ce jour merveilleux. Individuellement, vous pouvez cependant connaître la paix dans votre vie. Si Dieu vous appelle maintenant, tournez-vous vers Lui et prenez la décision de vivre Son mode de vie. Si vous souhaitez discuter personnellement sur la manière d’y arriver, écrivez au bureau régional le plus proche de votre domicile (liste en page 4). Nos représentants auront le plaisir de vous aider à trouver la paix qui surpasse toute intelligence (Philippiens 4 :7).

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