Une arrogance élevée ?

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Il y a 40 ans, le 26 juin 1976, la tour du CN fut inaugurée à Toronto. Pendant 31 ans, elle a détenu le titre de structure autoporteuse la plus haute du monde dans le Livre Guinness des records, lorsque le Burj Khalifa à Dubaï surpassa ses 533,33 m (1815,4 pieds) en septembre 2007.


 

Pendant plus de 30 ans, la tour du CN avait détenu ce record et cet édifice emblématique est devenu un symbole pour Toronto, mais aussi pour la nation canadienne. Au-delà des aspects pratiques de la tour, comme l’amélioration des communications et des signaux télévisés, elle fut également construite pour « faire connaître » Toronto. En investissant 57 millions de dollars canadiens, la compagnie de chemins de fer CN (Canadien National) voulait en faire un symbole montrant la grande réussite de l’industrie canadienne et permettant à la ville de se démarquer de ses voisines de l’autre côté de la frontière.

Reconnaissable dans le monde entier, la tour du CN est considérée comme une grande réussite de génie civil et elle fut déclarée une des sept merveilles du monde moderne (CNTower.ca). Construite principalement à partir de 40.500 m³ de béton, coulés de façon continue pendant presque un an par une équipe de 1537 ouvriers, elle contient aussi 998 km (620 miles) d’acier post-​tension et une armature en acier de 4535 tonnes métriques (5000 tonnes impériales).

L’année où la tour fut battue par le Burj Khalifa, des ingénieurs ont installé un système d’éclairage à LED sur toute sa hauteur, y compris l’antenne. Chaque nuit, la tour s’illumine pour rendre hommage aux couleurs canadiennes. Pendant l’année, son éclairage change pour marquer les événements de la ville, des causes caritatives, les saisons et certains jours fériés. Un programme spécial honore aussi les soldats canadiens morts au combat et rapatriés (ibid.).

Une fierté élevée ?

La tour étant considérée comme un symbole de fierté par les habitants de Toronto et les Canadiens, beaucoup de gens pensent qu’il est approprié d’éclairer chaque année ce symbole national aux couleurs de l’arc-en-ciel pour célébrer la semaine de la fierté gaie à Toronto.

La tour du CN n’est pas la seule dans ce cas. D’autres édifices en Amérique du Nord s’illuminent aux couleurs de l’arc-en-ciel pour célébrer la fierté homosexuelle. De la Maison-Blanche à l’Empire State Building, en passant par le château de Cendrillon à Walt Disney World, des emblèmes historiques et culturels sont utilisés pour afficher le soutien et la solidarité de la société occidentale aux idées LGBT. Cette année marque le franchissement d’une nouvelle étape avec la présence à Toronto du Premier ministre Justin Trudeau à la « marche des fiertés » de la ville, accompagné de réfugiés syriens homosexuels récemment accueillis au Canada, afin de célébrer « l’homosexualité des cultures du Moyen-Orient » (DailyXtra.com, 17 décembre 2015).

Les avancées architecturales de l’Occident – comme les merveilles du génie civil, dont la tour du CN – sont désormais dépassées par les grandes réalisations au Moyen-Orient. Encore plus haut que le Burj Khalifa, l’Arabie Saoudite prévoit d’atteindre au moins 1000 m (3281 pieds) avec la tour Jeddah, dans une course allant à la même allure que le déclin de la morale au Canada, qui s’efforçait jadis de rester proche des valeurs fondamentales bibliques. Quel déchirement pour les Canadiens croyant à la Bible de voir cet édifice national emblématique, construit pour faire connaître la ville et identifier une nation, être utilisé pour promouvoir un mode de vie s’opposant au Dieu qui a béni ce pays.

Une tour de la honte ?

Dans Genèse 11, la Bible parle d’une autre tour au Moyen-Orient. « Ils dirent encore : Allons ! bâtissons-​nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-​nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre » (verset 4). Dans le pays de Schinear (l’Irak actuel), le premier royaume mentionné dans la Bible construisit une ville et une tour afin de « se faire un nom ». Sous la direction de Nimrod, dont le nom peut être littéralement traduit par « se rebeller », ce royaume cherchait à créer une société contraire aux lois de Dieu, afin de remplacer Son autorité avec leur vaine tentative de construire une tour qui atteindrait les cieux. Dans le numéro d’octobre-​décembre 2003 de notre revue, M. Douglas Winnail avait écrit un article, intitulé « Europe : Une tour de Babel moderne », qui appelait à la réflexion, en établissant un parallèle entre Babel et l’Europe – un parallèle particulièrement d’actualité suite aux derniers événements sur le vieux continent.

La Bible rapporte l’issue de la construction de Babel pour notre intérêt. Dieu intervint et déclara : « Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même langue, et c’est là ce qu’ils ont entrepris ; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu’ils auraient projeté. Allons ! descendons, et là confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent plus la langue les uns des autres » (versets 6-7). Il existe des similarités frappantes entre ce peuple ayant un même but, dont les désirs s’opposaient à Dieu et dont la langue fut confondue, avec la corruption actuelle, l’orgueil, la vanité et l’absurdité du dialogue sociopolitique qui imprègnent le Canada et la société occidentale.

Alors que la ville de Toronto s’élève de plus en plus, avec de nombreux gratte-ciel et immeubles d’habitation, cela a logiquement perturbé les communications radio et télévisées. L’objectif initial de la tour du CN avait un aspect pratique en offrant une des meilleures qualités de réception de la télévision en Amérique du Nord. Cependant, le but principal de la tour a été corrompu. Désormais, elle sert principalement à promouvoir le « génie social », au lieu du génie civil comme c’était son objectif initial. Notre Créateur nous ordonne : « Crie à plein gosier, ne te retiens pas, élève ta voix comme une trompette, et annonce à mon peuple ses iniquités, à la maison de Jacob ses péchés ! » (Ésaïe 58 :1). Alors que la tour de Babel cherchait à atteindre les cieux, les péchés de notre nation et de l’humanité font de même. Au lieu de nous émerveiller simplement de ces édifices, nous devrions nous servir de la mauvaise utilisation de ces emblèmes pour en faire un avertissement national, « car ses péchés se sont accumulés jusqu’au ciel, et Dieu s’est souvenu de ses iniquités » (Apocalypse 18 :5).

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