Le tunnel sous la Manche

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Il y a trente ans, le 29 juillet 1987, le président français François Mitterrand et le Premier ministre britannique Margaret Thatcher signaient un accord historique afin de construire un tunnel ferroviaire sous la Manche. Son but était d’accélérer les déplacements entre la France et l’Angleterre. Quel sera désormais l’avenir de ce tunnel ? Pourrait-il être un symbole de la coopération à venir entre toutes les nations ?


 

Une entente plus  cordiale

Au cours des siècles, les relations franco-britanniques ont souvent été entachées de guerres et d’amertume. Mais depuis la bataille de Waterloo, en 1815, qui mit fin à la domination de la France en Europe, les relations entre les deux nations se sont considérablement améliorées. Un peu moins d’un siècle plus tard, le 8 avril 1904, l’Entente cordiale était signée. Cette série d’accords franco-britanniques mettait fin à de vieux antagonismes en clarifiant certains points difficiles et controversés.

L’Entente cordiale marqua le début d’une coopération entre la France et le Royaume-Uni qui se poursuivit pendant les Deux Guerres mondiales et qui dure encore de nos jours. La guerre laissa place à la paix, ouvrant ainsi la voie à la coopération. Avec une amitié renforcée de part et d’autre, il devenait possible de commencer à accomplir quelque chose de magnifique, à condition que la relation franco-britannique soit exempte des craintes concernant la sécurité nationale, les différences culturelles et les crises économiques.

 

Un rêve ambitieux

Le rêve de supprimer la frontière liquide naturelle qui sépare la Grande-Bretagne du continent européen ne date pas d’hier. En 1785, le Français Jean-Pierre Blanchard et l’Américain John Jeffries traversèrent la Manche par les airs dans une montgolfière. Mais en 1802, « Albert Mathieu-Favier, ingénieur des Mines français émet l’idée d'un tunnel qui relierait l’Angleterre au continent. Son projet consiste en deux tunnels creusés l’un au-dessus de l’autre dans les fonds marins » (“Histoire du tunnel sous la Manche”, Eurotunnel.com). Cependant, son projet était trop ambitieux pour être mis en œuvre au 19ème siècle. C’est un autre Français, Aimé Thomé de Gamond, qui est considéré comme le vrai « père » du tunnel sous la Manche. Il proposa d’utiliser des tubes préfabriqués qui reposeraient sur les fonds marins, au lieu de s’embêter à creuser le sous-sol.

En 1875, le rêve s’approchait un peu plus de la réalité avec l’invention du tunnelier. Ces premières machines étaient capables de forer à la vitesse de 1,5 m par heure. À titre de comparaison, les tunneliers de 240 m de long utilisés pour percer le tunnel sous la Manche pouvaient avancer à une vitesse de 4,5 m par heure.

Le percement commença en 1881 dans les environs de Calais, côté français, et de Douvres, sur la côte anglaise. En raison de craintes liées à la sûreté nationale, le projet fut avorté alors que seulement 1,5 km avait été creusé de chaque côté. Les tunneliers reprirent le travail bien plus tard, en 1974, en morcelant la craie emprisonnée entre un fond rocheux et la pression de l’eau au-dessus. Le projet fut à nouveau arrêté à cause du manque de financement provoqué par la crise économique au Royaume-Uni.

 

Le rêve devient réalité

C’est finalement en 1987 que François Mitterrand et Margaret Thatcher signèrent l’accord historique qui conduira à la mise en service du tunnel, entièrement financé par des fonds privés. Le projet final comprend trois tunnels. Les deux principaux, d’un diamètre de 7,6 m, assurent le passage des trains (passagers et marchandises) dans chacune des directions. Un tunnel central, plus petit, assure le passage des véhicules de maintenance dans les deux sens et il peut servir de sortie de secours en cas d’évacuation. Un consortium franco-britannique organisa la construction du tunnel long de 50 km (dont 37 km sous la mer, ce qui en fait le tunnel ayant la section sous-marine la plus longue au monde), qui s’étala sur sept ans et mobilisa plusieurs milliers d’ouvriers. Le coût total du projet s’éleva à 12,5 milliards d’euros, plus du double du budget initial. Le tunnel entra finalement en service le 6 mai 1994. Avec une vitesse de 160 km/h dans le tunnel, Londres est désormais à 3 heures de train de Paris.

 

Un symbole d’espoir, éprouvé par le feu

Le tunnel sous la Manche a été désigné comme faisant partie des « sept merveilles du monde moderne » en 1996. Le 18 novembre de la même année, le tunnel connut son pire incendie. Ce symbole de coopération nationale et de réalisation conjointe franco-britannique fut gravement menacé – tout comme l’Entente cordiale fut éprouvée par « l’incendie » humanitaire de la crise des migrants en 2016.

Le tunnel est considéré comme un moyen d’accéder à une vie meilleure pour beaucoup de gens fuyant des pays en guerre en Afrique et au Moyen-Orient. L’entrée du tunnel à Calais est devenue un point chaud de la crise des migrants en Europe.

Le paysage politique a été redessiné avec le vote en faveur du Brexit le 23 juin 2016. Au grand dam d’une majorité d’Européens, 51,9% des électeurs britanniques ont alors décidé de quitter l’Union européenne. Après coup, beaucoup d’électeurs ont regretté leur choix – un peu comme en découvrant ultérieurement le véritable coût de fonctionnement d’un objet que nous aurions acheté sur un coup de tête. De nombreux Britanniques se demandent maintenant ce que l’avenir leur réserve, tandis que d’autres voudraient bien remonter dans le temps.

Mais cela ne devrait pas avoir lieu, puisque « l’acte de divorce » (l’article 50 du traité de Lisbonne) a été activé par le Premier ministre britannique Theresa May le 29 mars 2017, déclenchant ainsi un compte à rebours de deux ans pour négocier les nouvelles relations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni indépendant. Les relations entre l’Europe et le Royaume-Uni ont considérablement évolué depuis l’époque où des gens rêvaient de relier cette nation insulaire au continent !

 

Une coopération nationale à venir !

La coopération entre deux nations qui se firent jadis la guerre, la France et l’Angleterre, ainsi que leur prouesse technologique commune montrent de quelle manière les nations pourront coopérer après le retour de Jésus-Christ. L’humanité ne connaît pas le chemin de la paix (Ésaïe 59 :8), mais à l’avenir, « une nation ne tirera plus l’épée contre une autre, et l’on n’apprendra plus la guerre » (Ésaïe 2 :4).

Bien que les nations ne connaissent pas le chemin de la paix, nous voyons de temps en temps des ébauches de paix et de coopération. Le tunnel sous la Manche en est un exemple. Après le retour de Jésus-Christ sur cette Terre, les réalisations communes – entre des nations qui seront en paix les unes avec les autres – deviendront une réalité heureuse pour tout le monde.

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