Une coopération inouïe

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Dans l’incroyable catalogue des créatures vivantes qui peuplent la Terre, il existe d’innombrables exemples de complexité démontrant combien certaines formes de vie et leur cycle peuvent être compliqués.


 

Les fleurs, qui sont les organes reproducteurs des plantes florissantes (angiospermes) en sont un bon exemple. Nous pouvons facilement nous émerveiller de la délicatesse d’une fleur de cerisier, de rose ou de lys. Mais il existe un type de fleur particulièrement captivant, à la fois dans sa conception et dans la façon dont elle enrôle un assistant, qui ne se doute de rien, afin d’assurer la survie de son espèce.

 

Des cuvettes et des abeilles

Les coryanthes speciosa et les stanhopea grandiflora sont deux genres « d’orchidées à cuvette » originaires des régions tropicales du Mexique, d’Amérique centrale et du Sud, ainsi que de Trinité-et-Tobago. Les membres de cette famille produisent une fleur magnifique et unique dans le règne végétal. Elles possèdent aussi un mode de reproduction qui implique les services d’une espèce spécifique « d’abeille à orchidées ». Il existe environ 250 espèces d’abeilles à orchidées, qui font partie des plus ostentatoires du genre avec leur apparence similaire à un bijou. Les mâles d’abeilles solitaires de la famille des euglossines, dont euglossa meriana et euglossa cordata, possèdent la taille, la forme et le poids exacts pour aider les orchidées à cuvette (cf. Creation Magazine, Geoff Chapman, septembre 1996 ; Pollinisation et productions végétales, INRA, pages 123-124).

Les mâles de cette sous-espèce d’abeilles ne visitent qu’une seule sous-espèce d’orchidée à cuvette, prévenant ainsi toute pollinisation croisée de cette fleur délicate. Chaque sous-espèce d’orchidée à cuvette sécrète un parfum huileux et odorant produit dans le capuchon supérieur de la fleur. Chaque variété d’orchidée à cuvette produit une odeur unique afin d’attirer seulement sa propre espèce d’abeille. Grâce à ce processus très spécialisé, la pollinisation croisée est impossible par nature. Le parfum que les mâles cherchent à collecter attirera uniquement des femelles de son espèce, en maintenant ainsi l’intégrité du système pour la plante comme pour le pollinisateur. Les abeilles mâles remplissent des poches spéciales sur leurs pattes postérieures avec le parfum qu’ils utiliseront pour attirer des femelles et ils feront tous les sacrifices pour posséder la meilleure odeur.

 

Le piège est en place !

La partie supérieure de la fleur, où est produit le parfum huileux, possède une surface lubrifiée, rendue encore plus glissante par le parfum lui-même. Lorsque les abeilles vont collecter leur trésor, elles glissent généralement et tombent dans la partie inférieure de la fleur – la « cuvette » qui donne le nom vernaculaire de cette orchidée. Au-dessus de la cuvette se trouve une glande qui exsude un liquide au moyen d’une sorte de robinet, maintenant ainsi la cuvette partiellement remplie. L’espèce d’abeille associée à cette orchidée possède exactement la taille et le poids requis pour le processus remarquable qui se déroule lorsque l’insecte visite cette fleur fascinante. Une fois que l’abeille est tombée au fond de la cuvette, elle périrait dans le liquide s’il n’y avait une sorte d’échancrure au bord de la cuvette, présentant juste la taille et la forme adéquates pour permettre à l’abeille de ressortir du liquide.

Hélas, notre abeille resterait cependant prisonnière de la fleur s’il n’existait pas une issue de secours juste derrière l’échancrure. Cette voie de sortie en forme de tube est juste assez large pour que l’abeille s’y engouffre et s’apprête à recouvrer la liberté. Mais au moment de sortir, le tube se contracte afin de maintenir l’abeille en place. La contraction du tube provoque la sécrétion d’une petite quantité de colle qui se fixe sur le dos de l’abeille, mais seulement sur une zone très petite afin de ne pas entraver sa capacité à voler. Lorsque la fleur est dans sa « phase mâle », ses deux pollinies (sacs de pollens) orangées se fixent sur la colle. Il faut environ 45 minutes à une heure pour que la colle sèche. Ensuite, le tube se relâche enfin et l’abeille est libre de s’envoler, en transportant désormais les deux pollinies produites par la fleur.

 

Ce n’est pas terminé…

Notre abeille mâle a toujours en tête d’attirer des femelles et cette aventure traumatisante ne l’empêche pas d’aller visiter d’autres orchidées à cuvette de la même espèce afin d’amasser davantage « d’eau de Cologne » ! Hélas pour lui, il tombe à nouveau dans le même type de cuvette en voulant récupérer le précieux parfum. Il ressort avec ténacité du liquide en utilisant la même échancrure et en empruntant le même tunnel familier. Cependant, si la fleur est dans sa « phase femelle », le tunnel ne contient plus de pollinies, mais plutôt une structure en forme de crochet qui va décrocher les sacs de pollens du dos de l’abeille et les ouvrir, afin de polliniser le pistil (l’organe reproducteur femelle) de la fleur et lancer la production de graines d’orchidées qui assureront la postérité de cette plante incroyable.

 

Une sélection naturelle insuffisante

Il est intéressant de noter que Charles Darwin lui-même reconnaissait qu’il n’y avait aucune indication dans les fossiles trouvés d’une « évolution » des fleurs, comme il l’écrivit en 1881 dans une lettre adressée au botaniste Joseph Hooker. Darwin n’a jamais proposé d’explication montrant comment un processus de « sélection naturelle » était suffisant pour créer une relation symbiotique complexe (c.-à-d. mutuellement bénéfique) comme dans l’exemple que nous avons vu. En fait, le mécanisme de pollinisation de l’orchidée à cuvette semble même contraire aux normes de la théorie de Darwin. En effet, selon cette théorie, les processus compliquant la survie et plus enclins à échouer sont supposés être éliminés au moyen de la sélection naturelle. Cependant, dans le cas des orchidées à cuvette, un mécanisme complexe impliquant le partenariat d’une seule sous-espèce d’abeille – rendant les chances de survie encore plus infimes – fonctionne depuis des millénaires. Sans compter le besoin d’un développement simultané des caractéristiques hautement spécialisées de la fleur et du pollinisateur qui rend mathématiquement improbable un processus aléatoire qui ne serait dirigé par aucune forme d’intelligence, selon l’évolution darwinienne.

Ce processus unique empêche aussi la pollinisation croisée avec d’autres espèces d’orchidées afin de préserver un capital génétique inchangé d’une génération à l’autre. Les orchidées à cuvette fleurissent encore de nos jours en provoquant la joie et l’admiration de ceux qui les étudient. Cette relation symbiotique complexe entre une espèce d’abeille et une fleur remarquable ne peut être que le résultat d’une conception délibérée. Tout esprit impartial est forcé de le reconnaître.

L’inclinaison des hommes à renier que le monde et la vie qu’il contient sont le produit d’un grand Concepteur n’est pas nouvelle. Jadis, un grand érudit juif connu sous le nom de Paul écrivit sa frustration au sujet de ceux qui trouvent toutes sortes d’excuses pour essayer de nier les évidences :

« Car ce qu’on peut connaître de Dieu est manifeste pour eux, Dieu le leur ayant fait connaître. En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil nu, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. Ils sont donc inexcusables » (Romains 1 :19-20).

Peu d’exemples illustrent aussi bien le génie créatif de ce grand Concepteur que les petites orchidées à cuvette et les tenaces abeilles à orchidées.

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