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L’UE après le Brexit: mieux avec ou sans l’euro?

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Que pouvons-nous apprendre des Écritures au sujet des perspectives économiques et sociales de l’Union européenne après le Brexit ?

De nos jours, les apparences semblent indiquer que l’Union européenne (UE) est relativement stable. Mais tout n’est pas aussi rose en coulisses. Le poids de la dette dans la zone euro, comme dans beaucoup d’autres régions du monde, a empiré suite aux efforts destinés à contrer l’impact du Covid-19. La dette du gouvernement général de l’UE a augmenté très fortement – elle était de 84% du PIB en 2019 et elle devrait dépasser les 98% d’ici à la fin de l’année 2021.

Encore pire, les dettes individuelles des États membres s’accumulent sur les bilans financiers des banques. Par exemple, en février, le montant de la dette gouvernementale détenu par les banques italiennes s’élevait à 124% de leurs réserves utilisables, les rendant très vulnérables en cas de nouvelle tourmente. Certains analystes financiers avertissent que l’UE se dirige vers une nouvelle crise financière. Tout cela est lié à la viabilité de l’euro, la monnaie unique qui se trouve au cœur du projet européen.1

Le Brexit a mis fin à une “Union plus rapprochée”

Le Brexit a été un tournant décisif dans l’histoire de l’UE. Pendant 60 ans, l’Union a continuellement progressé en puissance, en envergure et en taille. Mais alors qu’elle accueillait de nouveaux membres, ces nations ont perdu de leur puissance et de leur souveraineté. Ce qui commença comme une organisation destinée à contenir et à contrôler l’Allemagne est devenu une organisation contrôlée par l’Allemagne, son plus grand État membre. Tout d’un coup, le Brexit a fait voler en éclats le principe fondateur d’une « Union plus rapprochée ». Cela envoya une onde de choc à travers toute l’UE, en alimentant le besoin d’introspection et de réflexion quant à la marche à suivre. L’UE est contrainte à se transformer – ou à périr.

Au cours de son Histoire, l’UE a été confrontée à de graves problèmes qui ont entravé son niveau d’efficacité et de réussite. Ce qui était initialement envisagé comme une fédération économique supranationale est devenu au fil des ans un super État mû par la politique. Son but était de devenir une sorte « d’États-Unis d’Europe » pour concurrencer les États-Unis d’Amérique. Mais en cours de route, la vision d’un de ses fondateurs, Robert Schuman, a été perdue. Il envisageait un plus grand niveau de démocratie dans le mode de fonctionnement de l’UE.

Le mécontentement et les tensions internes ont augmenté à mesure que l’UE s’est agrandie. Il n’est pas surprenant que ces facteurs aient influencé la décision du Royaume-Uni de partir. Toute discussion sur l’avenir de l’UE doit prendre en compte l’impact de la mondialisation et de la délocalisation des emplois, du manque de démocratie dans son fonctionnement, de l’immigration provenant de l’extérieur de l’UE et du mouvement des populations au sein de l’Union, de la corruption, de l’échec à contrôler adéquatement les dépenses de l’UE, ainsi que de l’état d’esprit bureaucratique « gaulois » qui règne dans toutes les activités de l’UE. C’est une liste bien fournie.

Une Union désunie

Tout cela conduit à une Union qui ne sert pas efficacement les besoins de sa population et qui éprouve de nombreuses tensions internes. Par exemple, au cours de ses 16 années de mandat, la chancelière allemande sortante, Angela Merkel, a influencé plus que quiconque le développement et le progrès de l’UE. Le célèbre journaliste allemand Wolfgang Münchau l’a violemment critiquée en affirmant que « le désordre créé par elle devient tellement apparent. Elle s’en va en laissant derrière elle une UE divisée qui n’est pas dirigée, mais qui pourrait désormais être impossible à diriger. »2

Dans son article, Münchau mentionne par exemple la « décision spontanée » de Merkel en 2015 de permettre à un million de réfugiés venus du Moyen-Orient d’entrer en Europe, ou encore, après la crise financière de 2008, sa décision de bloquer l’adoption des emprunts obligataires au niveau de l’Union (les “eurobonds”) destinés à mutualiser les dettes nationales entre tous les pays de l’UE. Sa décision dans le domaine migratoire a été prise sans concertation avec les partenaires de la coalition ni avec les autres États membres et cela causa des tensions et une controverse énorme au sein de toute l’Union. Et sans l’intervention de Mario Draghi de la Banque centrale européenne, sa décision de tuer la proposition des eurobonds aurait pu provoquer la chute de toute la zone euro. Münchau conclut l’article en regrettant que l’UE aurait pu être plus forte et plus unie, mais à la place « nous voyons de la pagaille », du tumulte et de la confusion.

La conférence sur l’avenir de l’Europe

Alors que l’avenir de l’UE s’annonce délicat, elle doit gérer bien plus que la perte du Royaume-Uni, qui représentait 15% de l’économie de l’Union, 20% de ses exportations et 12,5% de sa population. En juin, l’UE a lancé « une série de débats et de discussions qui permettront aux citoyens de l'Europe entière de partager leurs idées pour contribuer à façonner l'Europe de demain ».3 Le but de cette Conférence sur l’avenir de l’Europe, qui devrait s’étaler sur un an, est d’aboutir à une démocratie européenne plus fonctionnelle.

Son objectif est de donner aux citoyens un plus grand rôle dans l’élaboration des politiques et des ambitions de l’UE. La liste des thèmes abordés comprend le rôle de l’UE dans le monde, le renforcement du processus démocratique et l’amélioration de la résilience de l’Union en périodes de crise. La Conférence se veut inclusive, ouverte et transparente. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a promis : « Nous allons écouter […] Et ensuite, nous agirons. »4

Reste à voir si cela sera ou non une réussite. C’est effectivement une tâche monumentale que de réunir 27 pays disparates afin de créer une Union homogène qui soit véritablement efficace, démocratique, honnête et prospère. Certains diraient que c’est impossible.

Un défaut révélé au grand jour

Cela nous conduit à un sujet dont la Conférence ne discutera probablement pas, bien que cela saute aux yeux et qu’il semble s’agir du problème ayant le plus grand potentiel de faire échouer le projet européen dans sa forme actuelle : l’euro. L’Europe a-t-elle vraiment besoin d’une monnaie unique ou se porterait-elle mieux en son absence ?

Dans son livre Comment l’euro est mort, l’économiste Nickolai Hubble explique avec clarté qu’à son avis le plus grand défaut de l’UE est sa dépendance à la monnaie unique. Ce défaut implique une politique monétaire centralisée, un taux d’échange fixe pour tous les États membres et le risque d’une hémorragie massive des capitaux vers une autre monnaie jugée plus sûre si les choses tournaient mal. Il explique que la conjonction de ces trois facteurs crée un dilemme insoluble.

Pourquoi est-il important que tous les pays de l’UE, malgré leurs différences économiques, soient forcés de partager le même taux d’intérêt ? Car cela signifie que les États membres se voient retirer une importante soupape de sécurité pour contrôler leurs propres taux d’intérêt, lorsque les circonstances rendent un tel changement nécessaire. C’est particulièrement vrai lorsqu’un pays en difficulté bénéficierait d’un taux d’intérêt plus bas, tandis qu’un autre pays tirerait profit d’un taux d’intérêt plus haut pour ralentir la spéculation, l’inflation ou l’endettement excessif. Les besoins du Nord de l’Europe sont différents de ceux du Sud, eux-mêmes différents de ceux de l’Est. Dans la pratique, la politique de la « solution unique » ne fonctionne pas, car c’est une cause continuelle de tensions et de crises au sein de l’UE.

C’est pourquoi toutes les unions financières semblables à l’euro finissent par se déliter. La stratégie politique entre en conflit avec la réalité économique et, au final, la dernière finit par l’emporter face à la fuite des capitaux. Hubble conclut succinctement que « Les unions monétaires n’échouent pas à cause des économies. Elles échouent car les économies conduisent la politique à les abandonner. »5 Par exemple, le Royaume-Uni l’a appris à ses dépens lorsqu’il a brièvement fait partie du mécanisme de change européen. Afin de maintenir le contrôle sur sa devise et sa politique monétaire, le pays décida de ne pas faire partie de l’euro.

Selon Hubble, c’est pourquoi la zone euro va probablement échouer. Il cita ensuite cette déclaration de Ralf Dahrendorf, ancien directeur de la London School of Economics : « L’union monétaire est une grande erreur, un but risqué, irresponsable et erroné qui ne va pas unifier l’Europe, mais la diviser. »6 De la même manière, François Heisbourg, ancien président de l’Institut international des études stratégiques, a écrit : « Le rêve est devenu un cauchemar. Nous devons affronter la réalité que l’UE elle-même est désormais menacée par l’euro. Les efforts actuels pour le sauver mettent l’Union encore plus en péril. »7

L’Italie sur la brèche

L’Italie est la huitième économie mondiale. Mais elle est embourbée dans les dettes et elle n’a aucun espoir de les combler tant qu’elle reste au sein de la zone euro. Le pays est « maintenu artificiellement en vie » par la Banque centrale européenne, qui a contourné les règles et qui a développé un projet astucieux permettant à l’Italie de se maintenir à flot. Mais cela ne pourra pas durer indéfiniment et de nombreux prêts contractés par le pays arrivent à échéance en 2021. La grande question est de savoir comment l’Italie va réussir à se sortir de cette situation difficile. Le 11 mai 2016, Ambrose Evans-Pritchard a intitulé un de ses articles parus dans le Telegraph : « L’Italie doit choisir entre l’euro et sa propre survie économique. »

Roger Bootle, président de Capital Economics et journaliste économiste renommé, a écrit que « l’euro a été un désastre dès le début. Il montre la prise de décision de l’UE à son pire, sous l’impulsion des politiques nationales, du marchandage, des considérations liées au prestige national et des visions enfantines de l’avenir de l’unité européenne – en se souciant peu de la réalité économique. Un des problèmes les plus importants […] concerne les implications de la survie ou de l’éclatement de l’euro sur la croissance future de l’UE. La fin de l’euro pourrait-elle apporter le salut de l’UE ? Dans le cas contraire, quoi d’autre pourrait l’apporter ? »8

Un repositionnement des nations

Alors que les 27 pays de l’UE essaient d’appréhender des défis existentiels, il serait prudent de se souvenir du contexte biblique dans lequel ils s’inscrivent. La prophétie biblique donne des informations importantes sur le projet européen.

Le livre de l’Apocalypse décrit une puissance éphémère, qui s’élèvera juste avant le retour de Jésus-Christ pour gouverner les nations de ce monde. Elle est représentée comme un assemblage de dix nations, dirigé par un puissant leader en lien étroit avec un grand personnage religieux (Apocalypse 17). Elle régnera pour une brève période de temps et elle combattra même le Christ à Son retour (verset 14).

Il est important de noter que le contexte géographique de cette puissance se trouve dans la zone historique de l’Empire romain, bien que sa brève influence spirituelle et commerciale sera bien plus large, avant son trépas (Apocalypse 18 :2-3, 9-11). L’arène se trouve en Europe. En se basant sur les Écritures, le Monde de Demain comprend qu’une puissance composée de dix nations s’élèvera en Europe et cherchera à dominer et à contrôler le monde entier. L’UE actuelle n’est pas cette entité prophétisée, mais elle pourrait bien en être le précurseur.

Cette situation est fascinante à observer alors que les structures actuelles montrent d’importants signes de faiblesse. Il semble improbable que l’UE abandonne volontairement l’euro, mais la réalité économique pourrait en décider autrement. Sans le carcan de l’euro dans sa forme actuelle, l’Europe pourrait bien prospérer comme jamais auparavant. Il est important de garder cela à l’esprit lorsque nous observons comment l’Europe et l’Italie en particulier vont traverser ces crises existentielles.

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1 “Europe Is Heading Toward a New Financial Crisis”, Bloomberg.com, 12 avril 2021
2 “Angela’s ashes : Merkel is leaving the EU in chaos”, SpectatorWorld.com, 1er juillet 2021
3 “Avenir de l’Europe : mobiliser les citoyens pour construire une Europe plus résiliente”, Commission européenne, 10 mars 2021
4Commission européenne, op. cit.
5How the Euro Dies, Nickolai Hubble, 2018, page 79
6 Hubble, op. cit., page 30
7The Trouble With Europe, Roger Bootle, 2015, page 231
8 Bootle, op. cit., pages 168-169

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