Évolution et tolérance

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Le Canada se vante d’être un pays de tolérance et de diversité. Mais cette diversité accepte-t-elle ceux qui ne croient pas à la théorie de l’évolution ?


 

Voyez plutôt :

Rick Nicholls, député provincial de l’Ontario (MPP) s’est vu attaqué par les médias pour avoir révélé qu’il ne croyait pas à l’évolution. Suite aux moqueries et aux condamnations, un autre politicien a été scandalisé par les médias et par son parti politique. « Le député conservateur de longue date James Lunney, qui a régulièrement exprimé son scepticisme au sujet de la théorie de l’évolution, a quitté le caucus conservateur, en dénonçant une tentative délibérée de “supprimer une vision chrétienne du monde” parmi les responsables politiques » (The Globe and Mail, 31 mars 2015).

Il semble que le parti politique canadien le plus conservateur ne tolère plus ceux qui trouvent des failles dans la théorie de l’évolution. Les politiciens sont très doués pour aller dans le sens de l’opinion, alors imaginez la probabilité que l’évolution puisse être remise en cause au sein des partis politiques les plus libéraux ! Remettre en cause l’évolution n’est pas « politiquement correct ». La tolérance n’est plus de mise dès qu’il s’agit de la théorie de l’évolution.

Les journaux télévisés apportent une dimension que l’on ne retrouve pas à l’écrit. Il est facile de voir le mépris projeté par les journalistes contre les « pauvres âmes ignorantes » qui ne s’aligneraient pas sur la ligne politiquement correcte du parti. Ces journalistes auraient peu de chances de rester à l’antenne dans les émissions télévisées les plus regardées s’ils exprimaient la moindre sympathie envers une personne « suffisamment folle » pour remettre en question l’évolution en 2015 ! La diversité est la règle du jeu, sauf lorsqu’une opinion contraire remet en cause une croyance prise pour acquise au nom d’une théorie scientifique excessive qui ne tolère aucune opposition.

Cependant, il est intéressant de noter que les plus grands détracteurs de la théorie de l’évolution ne sont pas des religieux, mais des philosophes et des scientifiques hautement qualifiés. Michael Denton, qui a effectué une partie de son éducation à l’université de Toronto, se définit comme un agnostique, alors même qu’il est un des initiateurs du mouvement du dessein intelligent. De même, après avoir soutenu l’athéisme pendant 50 ans, Antony Flew écrivit un livre intitulé Il y a un Dieu : Comment l’athée le plus célèbre au monde a changé d’avis(1). Flew termine en déclarant que les nouvelles preuves apportées par la microbiologie ne peuvent conduire à une autre conclusion. Bien que son analyse scientifique le conduise à reconnaître qu’il y a une intelligence derrière la vie, Flew n’identifia pas cette intelligence avec le Dieu de la Bible. Il supposa qu’une intelligence impersonnelle soit à l’origine de la conception de l’univers.

À l’université de Guelph, à quelques heures de route du fief électoral de Rick Nicholls, à Chatham/Essex/Kent, le professeur Michael Ruse enseigna la philosophie pendant 35 ans. Ce fervent défenseur de l’évolution a pris sa retraite en Floride, mais il fut l’un des premiers à reconnaître à Nicholls le droit d’exprimer un avis contraire à propos de l’évolution. Ruse, qui se qualifie de « sceptique » plutôt que « d’agnostique », débat régulièrement avec des partisans du dessein intelligent et il a coécrit le livre Dessein intelligent(2) avec William Dembski qui soutient cette théorie.

Ruse a aussi écrit un essai intitulé « Pourquoi je pense que les nouveaux athées sont un fichu désastre(3) ». Il y mentionne plusieurs problèmes métaphysiques sous-jacents qui accompagnent la théorie de l’évolution, au grand dam des évolutionnistes les plus éminents qui ont été irrités par son ouvrage. Ruse écrit : « Si enseigner que “Dieu existe” est enseigner une religion – et c’est le cas – alors pourquoi enseigner que “Dieu n’existe pas” ne serait pas enseigner une religion ? Il est clair que cela revient aussi à enseigner une religion. » Bien que certains essaient d’imaginer une sorte « d’évolution théiste » qui ne serait soutenue par aucun livre d’aucune religion, le fait est que la « macroévolution » – l’évolution d’une espèce vers une autre espère – est par définition une théorie qui met Dieu de côté.

Plus la microbiologie nous informe sur la complexité de la vie, plus il faut avoir une foi solide pour croire dans la convergence non planifiée et aléatoire, par pure coïncidence, des nombreux événements complexes qui auraient dû se produire simultanément pour que la vie apparaisse. Et malgré toutes nos avancées technologiques et notre connaissance sur les éléments constitutifs de la vie, il est remarquable de noter que l’humanité n’a même pas réussi une seule fois à reproduire le processus consistant à créer la vie à partir d’une matière inerte.

Dans son livre à succès, Évolution : Une théorie en crise, Denton explique pourquoi tant de gens sont prêts à suivre le mouvement évolutionniste. Il écrit : « Journaux, débats académiques et discussions dans le public présupposent la vérité de la théorie darwinienne, ce qui tend, bien sûr, à renforcer sa crédibilité. Il ne peut en être autrement car, comme s’appliquent à le souligner les sociologues du savoir, c’est par la conversation – au sens le plus large du terme – que nos visions et nos conceptions de la réalité sont entretenues. La plausibilité d’une théorie ou d’une vision du monde quelconque dépend donc bien plus largement du soutien social qu’elle reçoit que de son contenu empirique ou de sa cohérence rationnelle. Ainsi […] la validité de la théorie darwinienne [a été élevée] au rang d’un axiome inexpugnable dont on ne saurait concevoir la fausseté » (éditions Flammarion, page 78, traduction Nicolas Balbo).

Ainsi, MM. Lunney et Nicholls sont-ils vraiment coupés de la réalité ? Leur questionnement sincère sur une théorie non prouvée les place-t-il dans le grand mouvement de diversité dont les Canadiens s’enorgueillissent ? Ont-ils reçu un traitement équitable dans les médias et parmi leurs collègues parlementaires ? D’après Lunney, la réponse serait négative :

Mes remarques ont été amplifiées par les médias, mélangées avec d’autres déclarations sans aucun lien mais qualifiées d’hérétiques, pour figurer à la une des médias nationaux en créant une tempête de critiques et de condamnations […] il est clair que tout politicien ou candidat possédant la foi fera face au même déferlement public lors des prochaines élections.

Dans une société normalement fière d’embrasser les différences, le rôle des médias et des partisans politiques qui incitent à la bigoterie morale et à l’intolérance devrait être remis en question. Une telle ignorance et [une telle] bigoterie au nom de la défense de la science sont aussi répugnantes que toute autre sorte de bigoterie. Cela est basé sur de fausses informations d’un autre siècle et c’est une violation flagrante d’une société multiculturelle, multiraciale et pluri religieuse qui s’efforce d’accepter les différences (The Globe and Mail, 31 mars 2015).

Quelle « réalité » compte vraiment ? Certainement pas celle qui accepte tacitement le politiquement correct. La Bible avertit que seuls les insensés prétendent qu’il n’y a pas de Dieu et que leurs œuvres sont corrompues (Psaumes 14 :1 ; 53 :2). Croyez-vous aux idées anti-Dieu et évolutionnistes de ceux dont « leur fin sera la perdition » (Philippiens 3 :18-19) ? Ou croyez-vous que Dieu le Père et Son Fils Jésus-Christ sont vraiment Ceux qui ont créé toutes choses (Ésaïe 42 :5 ; Jean 1 :3) ? Les preuves sont là ! Allez-vous les chercher ou les ignorer ? Le choix vous appartient.

(1) There Is a God: How the World's Most Notorious Atheist Changed His Mind (Flew)
(2) Intelligent Design (Ruse, Dembski)
(3) Why I Think the New Atheists Are a Bloody Disaster (Ruse)

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