La tragique ascension du Cervin

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Le Cervin, sommet le plus dangereux des Alpes, sera resté longtemps invaincu avant d’être finalement conquis pour la première fois le 14 juillet 1865, il y a 150 ans.


 

Ce succès représentera pourtant l’une des pages les plus sombres de l’histoire de l’alpinisme. Quatre des sept hommes triomphalement parvenus au sommet feront, lors de la descente, une chute mortelle de 1200 mètres. Parmi eux se trouvait l’un des hommes les plus riches d’Angleterre à l’époque victorienne, Lord Francis William Bouverie Douglas, âgé de 19 ans.

Un drame au retentissement mondial

Du jour au lendemain, une petite commune suisse du canton du Valais va acquérir une notoriété mondiale. La tragédie lança le développement touristique de Praborgne, plus connue sous le nom allemand de Zermatt. Ce développement touristique sera étroitement lié à l’une des montagnes les plus célèbres au monde et au drame de 1865.

Edward Whymper

Même si les hommes ont décroché à la descente, la catastrophe s’est jouée en réalité avant l’arrivée au sommet. Comme nous allons le voir, la chute était quasiment prévisible et le désir de l’un des alpinistes d’arriver le premier au sommet rendit la glissade mortelle.

Tout commença avec l’obstination d’un Anglais de 25 ans, Edward Whymper, fils d’un graveur londonien. Ce jeune homme rempli d’ambition rêvait d’ascension, au sens propre comme au figuré, en montagne mais aussi dans la société. En 1865, son rêve va devenir réalité. Il vaincra le Cervin et en fera une conquête personnelle – un succès néanmoins entaché de quatre morts, dont il devra se justifier toute sa vie. Il imputera la chute à l’inexpérience de Douglas Hadow, fils d’un riche armateur londonien qui glissa et entraîna trois de ses compagnons de cordée lors de la descente. Pendant longtemps, le récit d’Edward Whymper s’imposera comme la seule et unique version des faits.

Une ambition personnelle

L’origine du drame n’est pas liée à l’inexpérience de Douglas Hadow, athlète et bon alpiniste. La racine de la catastrophe est plutôt à rechercher dans l’ambition démesurée d’Edward Whymper.

Dans sa quête d’être le premier à atteindre le sommet du Cervin, il s’entoura d’une équipe qui devait lui permettre de réaliser son projet et de satisfaire son orgueil. Il s’agit de la première raison du drame. Pour Whymper, ses compagnons de cordée n’étaient que des instruments qui l’aideraient à atteindre le sommet. Cependant, la Bible nous enjoint de nous comporter avec amour les uns envers les autres, comme une famille aimante (1 Jean 3 :1-3 ; 2 :9-11 ; 4 :20 ; Matthieu 12 :50 ; Galates 4 :6-7).

Whymper ne voyait pas en ses compagnons des frères ou des sœurs, il voyait en chacun d’eux des possibilités de satisfaire ses ambitions personnelles. Il constitua une équipe qui allait arriver au sommet, mais le prix à payer fut énorme : quatre morts et des vies gâchées pour les survivants.

Équipe ou famille ?

Dans la Bible, nous ne lisons jamais le mot « équipe ». Il ne fait pas partie du vocabulaire biblique. Dieu ne l’utilise pas, mais Il emploie un autre terme à plus de 300 reprises : le mot « famille ». Il peut arriver que l’on confonde les termes « famille » et « équipe » – pourtant, ils ne sont pas interchangeables. Leur sens est totalement différent. Il est bon de travailler en équipe, mais la Bible nous demande beaucoup plus ; elle nous demande de nous aimer, en tant que frères et sœurs, membres d’une même famille. Une équipe, c’est un groupe de personnes réunies pour faire un travail. Il n’y a pas, a priori, de liens d’amour dans une équipe. Les gens sont là pour faire un travail, ils sont payés pour le faire et il ne leur est pas demandé d’aimer leur prochain. Dans une famille, il y a également un travail à réaliser, mais il doit s’accomplir dans les liens de l’amour. S’il y a un élément faible dans une équipe, on l’enlève, on le déplace et on le remplace. S’il y a un élément faible dans une famille, on l’aime, on le soutient et on lui vient en aide.

Impatient d’arriver le premier au sommet du Cervin, Whymper forma son équipe dans la précipitation. Cela l’empêcha de vérifier les aptitudes de chacun, laissant même partir le révérend Charles Hudson en chaussures de ville ! Alors que l’ascension n’avait pas encore débuté, le drame était quasiment inéluctable. Il n’y avait pas d’esprit d’équipe et encore moins d’esprit de famille. Chacun voulait faire cette ascension pour sa propre gloire. Lorsque le travail d’équipe n’est pas guidé par l’esprit de famille, les résultats atteints ne reflètent pas les valeurs qui donnent un sens à l’existence humaine.

Égoïsme ou esprit de groupe

La deuxième raison du drame se trouve dans le comportement peu glorieux d’Edward Whymper, à quelques mètres du sommet. Ne voulant pas partager sa victoire, Whymper se désencorda pour arriver le premier. En jouant cavalier seul, il rompit l’unité du groupe. Plus grave, pour aller encore plus vite, il coupa la corde qui les retenait tous, privant ainsi les autres alpinistes de la seule corde en mesure de supporter le poids de sept hommes. À la descente, ils durent utiliser leur corde de secours, beaucoup moins solide. La conséquence fut fatale.

La Bible est porteuse d’un message d’espoir

La troisième raison n’est pas imputable aux membres de la cordée. Il s’agit de la temporalité de la vie. Le fait d’exister, le fait de vivre, impose une réalité que l’on préfère ne pas voir et ignorer : la mort. Personne, vraiment personne, ne peut savoir quand celle-ci frappera. La Bible ne fixe pas d’âge pour la mort, elle mentionne simplement que la durée normale de la vie humaine est généralement de 70-80 ans. Certains ont une vie beaucoup plus courte, d’autres plus longue. La Bible nous dit que la vie de l’homme est semblable à un souffle, que ses jours sont comme l’ombre qui passe (Psaume 144 :4 ; Jacques 4 :14). Dieu a permis que la vie de quatre hommes prenne fin dans un précipice ce 14 juillet 1865. Une fin provisoire, car la Bible est porteuse d’un message d’espoir : la résurrection (Apocalypse 20 :5, 12 ; Ézéchiel 37 :12-13).

Douglas Hadow, Michel Croz, Charles Hudson et Lord Douglas, les quatre premiers morts du Cervin, reviendront à la vie, tout comme Edward Whymper, Peter Taugwalder père et fils. Les quelques 600 alpinistes qui ont perdu la vie depuis 1865 sur le Cervin reviendront aussi à la vie. Ils auront tous la possibilité de connaître la vérité biblique. Ils reverront leurs proches et toute larme sera essuyée (Apocalypse 21 :4). Lors de cette époque glorieuse, l’humanité entière apprendra que nous sommes tous une famille. Les paroles du poème de von Schiller, repris par Beethoven dans sa neuvième symphonie, ne seront plus une impossible utopie, mais un rêve devenu réalité : «Tous les hommes deviennent frères là où tes douces ailes reposent… Frères, au-dessus du pavillon des étoiles doit résider un père bien-aimé ! »

Ce formidable message d’espoir nous est révélé dans la Bible. Puissions-nous le comprendre et l’apprécier !

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